Le thème de ces débats est “pour ou contre”, et pas “pensez-vous que”. La prise de parti radicale est volontaire pour opposer deux visions totalement différentes sur un thème large. Le débat est là pour ouvrir le questionnement, pas pour répondre à une question précise.

La vie… la mort… deux forces opposées, mais surtout les deux faces d’une même pièce, l’une allant rarement sans l’autre. Nos vies de pauvres mortels sont toutes amenées un jour à atteindre cette finalité, mais de tous temps les gens n’ont-ils pas souhaité pouvoir repousser ou éviter cette fin qui nous guette tous ? Cette lutte incessante se reflète dans nos oeuvres vidéoludiques où elle prend des formes multiples.

Notre débat ici tournera donc sur ces éléments, via la question de la mort permanente, ou Permadeath qui concerne  nos personnages incarnés dans les jeux vidéos. En effet, la mort permanente, comme son nom l’indique, est une situation irrévocable qui éradiquera sans recours toute trace de votre personnage, allant de sa progression, ses objets et toutes les choses accomplies, jusqu’à votre sauvegarde dans les cas les plus poussés. Les autres styles de jeu permettront eux plus de permissivité, avec la possibilité de faire revenir à la vie votre avatar, en échange de monnaie, d’objets ou d’autres rituels divers pour reprendre de plus belle vos pérégrinations, ou tout simplement en chargeant une sauvegarde précédant un trépas.

Difficulté, choix narratif, envie de frisson ou de tranquillité ; les choix et utilisations varient mais permettent de proposer diverses expériences. Cette option étant de plus en plus présente, proposée parfois en option comme dans Diablo III ou Torchlight – selon les modes de difficulté – ou obligatoire comme dans la série Fire Emblem, exception faite du dernier. Quoi de plus pour titiller nos gobs afin de voir ce que vous en pensez ?

La mort, dût-elle être permanente, ne flottera au dessus d’aucun d’entre ceux qui daigneront donner leur avis !

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Pour ou contre 001

POUR : Jubei

Avant que le RPG vidéo ne voie le jour, les joueurs jouaient via des supports papiers, comme Donjons & Dragons, ou bien en solo avec des Livres Dont Vous Êtes Le Héros. RPG signifie Role Playing Game. On joue un avatar, qui possède sa propre vie, son destin, ses choix, ses compétences et son caractère. Même si on le ressent moins dans les RPG vidéos de nos jours, cela reste vrai. Et si un personnage possède une vie, il possède également une mort. La mort fait donc partie du perso. Et quoi de plus normal ?

A l’heure où il est de plus en plus difficile de mourir dans les jeux vidéo, poussant le « réalisme » à ressusciter éternellement, la « Permadeath », la mort permanente, vous oblige à prendre soin de votre vie et à prendre des décisions cruciales. Quitte à prendre un otage…

Il y a fort longtemps, gagner une vie, c’était l’assurance d’aller un peu plus loin dans un jeu, de prendre un peu plus de risques. C’était un peu de sécurité, moins de stress pour arriver au Boss. Mais parfois, c’était du grand n’importe quoi. On compensait une durée de vie extra courte par une difficulté aberrante.

Aujourd’hui, il est pratiquement devenu impossible de perdre. Les vies sont illimitées, la difficulté a été revue à la baisse, les checkpoints sont omniprésents. On atteint parfois le paroxysme de la facilité, où il est simplement impossible de mourir. Si vous ne parvenez pas à finir un jeu, c’est plus par manque de temps que par manque de volonté.

Certains pourront dire : « Passer 50 heures et mourir pour perdre tout mon matos, c’est nul. » A ceux-là, je dirais : Pourquoi faire du JdR alors ? Pen & paper ou bien vidéo, le but est le même, incarner un héros dans un monde dangereux où l’on doit survivre à différentes situations. Bien sûr ce type de système ne peut pas s’adapter à tous les jeux, mais des jeux qui, comme Shadowrun Return, proposent ce système comme option de difficulté, me semblent intéressants. Cela permet de jouer plus safe, en étant moins bourrin et en étant plus tactique.

Cela permet de rendre le jeu, à mon sens, plus réaliste et ajoute en difficulté, influençant ainsi grandement les choix que nous faisons durant l’aventure car on ne possède qu’une vie. Bien sûr, je pense que cela ne doit pas être imposé aux joueurs. Des jeux comme Shadowrun Return, Diablo 3, Path of Exile proposent la Permadeath et cela ne déplait pas aux joueurs. On retrouve alors la tension que l’on a autour d’un JdR papier. Pour moi, c’est un retour aux sources.


Pour ou contre 002

CONTRE : Eronman

Chers ami(e)s Gobelin(e)s, ceci est un plaidoyer contre la peine de permadeath !

Ce fléau inacceptable hérité du siècle dernier, qui hante encore nos RPG et toute leur famille par la terreur qu’il suscite doit disparaître !

J’aimerai d’ailleurs en introduction citer le célèbre professeur Mc LEOD qui disait : « Il est tout à fait inacceptable que la mort soit permanente, mais en même temps, je dis ça, j’suis immortel, alors… ».

Vous l’avez compris, d’ordinaire plutôt adepte des modes de jeu les plus « réalistes », j’avoue avoir un problème avec le concept de permadeath (ou mort permanente… c’est un doux euphémisme au passage). Pourquoi ? Eh bien simplement parce que dans l’existence, voire dans un JDR papier, lorsque l’on meurt, la vie continue autour… et si par chance on ressuscite ou que l’on se réincarne, c’est pour vivre autre chose, une véritable nouvelle vie dans d’autres aventures. Oui mais voilà… le jeu vidéo est ainsi fait que si l’on meurt pour repartir dans une nouvelle aventure, sauf exception d’un jeu extrêmement fourni et non linéaire, on se farcit la même chose que la ou les premières fois, et le temps s’est arrêté, comme pour attendre notre retour providentiel. Un peu comme dans « un jour sans fin », on essaye alors d’autres options, mais à la longue on devient fou.

Autre chose non négligeable, les jeux vidéo ne sont précisément pas la vraie vie, et je n’ai personnellement pas le temps nécessaire pour me taper cent heures de jeu sur un jeu pour ensuite mourir et recommencer. Dans ce cas là, j’abandonne purement le jeu et je n’y reviendrai probablement jamais, au risque de ne pas l’avoir terminé. En fait, je déteste les répétitions, en fait, je déteste les répétitions.

J’en vois venir certains avec leur « ouais, mais eronman t’es pas un vrai ». Mais si, j’en suis un, et je suis le premier à ne jamais revenir sur mes choix dans les RPG, à chercher à « coller » à mon personnage et à imaginer tout ce que la narration dit mais que l’on ne voit pas, c’est mon côté rôliste papier qui ressort.

Je suis donc tout à fait ouvert à expérimenter les modes de jeux les plus réalistes qui soient : ceux où tu meurs en un coup bien placé, ceux où la maladie peut être incurable et handicapante, ceux où les gens t’en veulent à mort pour avoir fait la cour à leur belle-sœur le jour de son mariage…

Par contre, la permadeath, j’en aurai une vraie dans quelques dizaines d’années, mais d’ici là je veux m’amuser ! Et puis des jeux masochistes, il y en a pleins d’autres, et des plus marrants en plus !

Chers ami(e)s Gobelin(e)s, abolissons la peine de permadeath !

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