vendredi, décembre 4, 2020

Dysmantle, aperçu + MAJ vidéo de présentation

Sorti en accès anticipé aujourd’hui, Dysmantle se présente comme un énième survival post-apocalypse dans lequel vous sortez de votre abri antiatomique et vous essayez de vous frayer un chemin dans une ville en ruine qui ne demande qu’à être reconquise. Ce type de synopsis commence à être très répandu dans bon nombre de jeux, alors qu’est ce que Dysmantle offre de plus que les autres ? Quelques éléments de réponses et quelques éléments de RPG ? On commence par la vidéo d’Emra Gaming, puis on termine par l’avis sur le jeu.

C’est un monde en 3D très coloré avec une vue isométrique qui vous accueille à la sortie de votre abri. Vous avez en tout et pour tout que votre pied de biche et votre sac à dos pour commencer votre périple et la première chose que vous allez constater c’est que tout ce qui vous entoure est destructible…. mais pas tout de suite. En effet, le moindre coup de votre arme va soit réduire en pièces détachées votre cible et vous looter du matériel, soit vous indiquer que l’objet est bien plus résistant que votre outil.
Vous croisez ensuite un feu de camp accompagné d’un coffre qui va vous servir de “base” de départ. En ce lieu, vous pourrez crafter des choses et améliorer vos outils pour plus de possibilités. Ainsi, en upgradant votre équipement de base, vous pourrez d’un côté casser plus d’objets, et de l’autre porter plus de choses dans votre sac à dos.

Le jeu est ainsi centré sur la progression de votre personnage et de ses capacités à avoir une incidence sur le monde qui l’entoure. Vous avez un équipement constitué de vos habits, de votre arme de contact et à distance, d’un équipement pour la tête et l’armure ainsi que de différents consommables que vous pourrez relier à vos raccourcis clavier. J’ai subrepticement essayer le jeu à la manette, et c’est tout autant opérationnel.

On aura aussi un fil conducteur à suivre qui servira de missions en quelque sorte. Cela dévoile une histoire qui vous demande de fuir de cette île maudite, en progressant dessus et en même temps faire évoluer vos capacités. Car si le jeu se dit “monde ouvert”, vous commencez la partie dans une petite zone fermée qui va demander un certain nombre d’actions pour accéder à une autre partie du monde et ainsi ouvrir au fur et à mesure de votre aventure, les différentes zones du jeu pour tout à la fin, un monde ouvert. Et comme il faut un certain niveau à votre équipement pour briser certains objets, il est évident que vous reviendrez dans les zones déjà visitées pour poursuivre votre rôle de recycleur pour obtenir les matériaux adéquats. Ce sera donc une aventure constituée d’aller-retours incessants.

Vos actions vous permettent d’engranger de l’expérience qui vous permettra de faire évoluer votre personnage avec le déblocage de plans de craft, mais aussi de compétences. L’originalité du jeu veut que, comme tout est destructible à 99%, vous agirez sur votre environnement et du coup on a une vraie impression d’impacter le monde.

Ce début de partie est intéressant dans le sens où on vous autorise petit à petit, au fil de votre progression de plus en plus d’actions. A un moment on vous apprend que vous pouvez courir, à un autre faire des roulades pour esquiver. Bien entendu, ces actions sont possibles bien avant, mais elles sont proposées naturellement à des moments opportuns de tel sorte que l’on a une impression d’apprentissage tout le temps. Tout comme vous n’aurez pas d’arme à feu ou de canne à pêche, ou encore la dernière recette à la mode dès le début. Cette accessibilité viendra au fur et à mesure des zones et de nouveaux matériaux s’ouvriront à vous pour crafter de nouveaux objets. Franchement, plus on avance, plus le gameplay devient riche.

Bien sûr, ce monde est occupé par un bestiaire des plus agressif. Les mutants humanoïdes (pour ne pas dire zombis) de différents types sont présents un peu partout dans cette ville. Certains sont immobiles, d’autres effectuent des rondes. Les premiers que vous croiserez attaquent au corps à cops, et rapidement d’autres de loin. Et puis il y a les boss… Pour combattre ces créatures, vous aurez vos armes qui seront upgradables mais aussi la furtivité. En effet, il est possible d’attaquer vos ennemis par derrière pour un maximum de dégâts, sachant qu’ils ont une jauge d’alerte au dessus de leur tête qui s’active si vous faites du bruit dans leurs environs. Ils passent alors en mode chasse et vont vous traquer. Il s’agira alors de fuir en allant vous cacher dans un bâtiment. Un vrai jeu de cache-cache.

Cette ville sous forme de zone s’ouvre au fur et à mesure de votre exploration et votre terrain de jeu s’agrandit comme je l’ai déjà dit et les possibilités s’accentuent avec cette liberté. La chasse, la culture, la pêche s’ouvrent alors à vous pour plus de loot et de craft. Si vous rajoutez à cela des objets interactifs dans lesquels vous allez pouvoir chercher, lire, cuisiner, l’interactivité est à son comble. Un vrai RPG survival tel 7 Days to die mais en vue isométrique. Et comme ce dernier, il n’y a pas de dialogue. C’est une aventure solo sans aucun PNJ (quoique 7 days to die propose maintenant des commerçants avec des quêtes FEDEX).

La caméra tournant autour de votre personnage, vous ne serez jamais bloqué par un décors vous cachant la vue. Même si les textes sont en anglais, la compréhension est très aisée, car le jeu est très intuitif. L’audio tout à fait correct rend l’immersion encore plus grande. Mais surtout, faites attention à l’eau, vous pouvez vous jeter dedans et comme vous ne savez pas nager, ce sera la noyade assurée.

Dans Dysmantle, la gestion de la faim n’existe pas et la cuisine servira à avoir des buffs ou des améliorations. Tout au long de votre aventure, vous allez trouver des feux de camp qui seront la base de votre progression. En effet, ce sont eux qui vous permettent de crafter, de vider votre sac à dos trop plein et de récupérer vos points de vie si vous êtes blessé ou encore de réapparaître en ce lieu, lorsque vous êtes mort. Pas de game over dans ce jeu qui se montre plus comme un jeu de réflexion par moment.
En effet, le retour au feu de camp ressuscite tous les ennemis à l’endroit où vous les avez laissés, et contrairement à l’environnement qui lui reste comme vous l’avez laissé, vous obligeront à réfléchir à des stratégies d’exploration. Ainsi, vous avez tué tout un tas d’ennemis pour accéder à un lieu inconnu, mais une dernière créature vous tue, vous devrez refaire ce passage à partir de votre dernier feu de camp, et peut-être allez-vous agir autrement car ils seront tous revenus. Et dîtes-vous que fasse à un boss cela peut devenir rapidement problématique. On se croirait alors face à un Die and Retry.

L’avantage de l’univers ouvert, de la furtivité et des armes qui évoluent c’est que forcément avec le temps vous trouverez les moyens de passer les obstacles. Mais j’ai envie de vous dire, il n’y a pas de challenge. La mort n’est pas punitive et tout juste vous renvoie au dernier “point de contrôle” en ayant perdu le contenu de votre sac. J’en aurais aimé un peu plus ; le jeu s’adressera donc au grand public en fin de compte.

On regrettera aussi les aller-retours continuels entre votre caisse du feu de camp pour vider votre sac à dos, mais comme on peut courir tout le temps, cela n’est pas une gène en soi. En effet, vous courrez tout le temps en tournant autour des mutants et les combats se montrent trop faciles et du coup pas forcément intéressants. Espérons que les développeurs mettent une barre d’endurance car pour le moment, avec un peu d’habileté, le jeu devient trop simple.

De plus, la résurrection par le feu de camp est un point négatif, surtout avec des créatures qui réapparaissent (à part les boss) toujours au même endroit. Donc refaire plusieurs fois les mêmes combats au même endroits, n’est pas plaisant.

Avec quelques éléments de RPG, Dysmantle est donc un jeu de survie sans en être un, car il ne gère pas les besoins du personnage et il est difficile de le situer actuellement. Par contre, une chose est sûre : il offre un gameplay intéressant qui le démarque des autres jeux de craft post apocalypse et même si le game over n’existe pas, il y a moyen de s’évader un nombre d’heures assez conséquentes dans cet univers destructible et offrant moult activités possibles. On verra bien comment il va évoluer durant sa période d’accès anticipé qui devrait durer entre 3 et 6 mois, c’est dire s’il est déjà bien abouti actuellement.

Killpower
Joueur depuis très longtemps. Testeur et rédacteur depuis 1999 de RPG, même les pires. Relecteur de nombreux RPG traduits bénévolement.

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