En Suède, dans les années 80, on s’ennuyait fortement. Alors Tomas Härenstam a conçu un jeu de rôle papier nommé Mutant. Depuis, on s’ennuie nettement moins en Suède. Par la suite, la licence s’est développée avec des titres assez connus et qui ont très bien fonctionné (toujours en papier), comme Mutant Chronicles en 1993. La dernière itération date de 2014, avec Mutant – Année Zéro. Ça tombe bien, c’est le même nom que le jeu dont je veux vous parler aujourd’hui. Les coïncidences, c’est parfois troublant, non ?
Pas besoin d’avoir compulsé les nombreux livres du JDR pour pouvoir jouer à Mutant Year Zero: Road to Eden, même si le lore paraît bizarre de prime abord. En gros, après une apocalypse (encore une !) le monde est fracassé et les mutants sont légion. Et ces mutants, associés avec certains humains encore valides, ont réussi à se protéger et à prospérer dans ce qui s’appelle très judicieusement « l’Arche ». Comme les mutants ressemblent à des animaux anthropomorphes, c’est raccord.
Vous imaginez bien que votre équipe ne compte pas rester au chaud pour l’hiver et va aller arpenter les marécages irradiés et les forêts insalubres. Le jeu reprend des mécaniques qui ont fait leurs preuves : celles des derniers opus de la saga X-com. On peut presque parler de plagiat, tant tout y est proche, mais très honnêtement ça passe crème. Et puis on ne fait pas que se battre : il faudra explorer pour récolter des matériaux, se planquer pour éviter le contact avec l’ennemi…
Il s’agit d’un bon RPG tactique, qui comporte tout de même certains soucis. Il est court, il est souvent sujet à des ralentissements (même sur PS4 ou XONE)… Mais personnellement, je m’en tamponne le coquillard avec force et détermination car son lore est riche, sa direction artistique magistrale et sa narration particulièrement bien menée. Il ne s’agit pas du meilleur RPG post-apocalyptique de la création, mais vous le ferez avec joie, j’en suis certain.
PS : Avis partagé avec l’aimable autorisation de Gérald Khayrhalt Mercey, rédacteur en chef de RPG Magazine.


