| Studio: Nordcurrent Labs Genre : Tactique au tour par tour, infiltration, narration dystopique Langues disponibles : VF intégrale Plateforme : PC (Steam) Démo : Oui Rappel du test de la démo : cliquez ici. |
« Sous son œil ».
La Servante écarlate
Nous sommes en présence d’une escouade fanatique d’un ordre un peu étrange appelé « la Souveraineté » — sorte de République de Gilead version « russe » — qui se crashe en hélicoptère lors du survol d’une zone à la recherche d’un certain Svetlov. Le jeu nous met d’abord aux commandes de deux survivants. Pour ma part, j’y ai joué clavier/souris, avec déplacements en ZQSD.
Notre escouade va rapidement pénétrer dans une mine bourrée d’un cristal rouge appelé « Eden », minerai qui nous permettra plus tard d’équiper des cristaux conférant à la fois des bonus… et des malus. Quelques minutes plus tard, un horrible monstre mi-araignée, mi-je-ne-sais-pas-quoi digne de Starship Troopers va tuer un de nos soldats. Ce sera alors l’occasion d’incarner une autre escouade, qui se lance aussitôt à la recherche de la première.


LA DÉMO A-T-ELLE TENU SES PROMESSES ?
« …Jusqu’à la démo, trop courte, de Chains Of Freedom ! » Voilà comment je lançais l’intro de mon test de la démo. Trop courte…
« Si Nordcurrent Games, le studio derrière cette licence, parvient à corriger les deux gros défauts cités dans ce retour, alors je dis OUI. » Et voilà comment je concluais.
Les deux défauts en question ? Une lenteur abusive des déplacements hors combats, et une facilité générale même en difficulté max. Alors, qu’en est-il au final de cette version définitive ?
« L’écologie, ce n’est pas prendre une douche froide dans le noir une fois par semaine. »
Yannick Jadot
En ce qui me concerne, j’ai quand même pris une bonne douche froide. Ok, les développeurs ont ajouté une « marche rapide ». C’est indéniablement mieux. Parlons maintenant de la difficulté… qui alterne entre promenade de santé et missions juste impossibles. Et ce, sans aucune logique apparente.
Un exemple sans spoil : à un moment donné, nous sommes un groupe de 4. Le jeu nous force à nous séparer — pourquoi pas. Sauf que c’est pour débarquer dans une ville remplie d’une quinzaine de soldats stupidement ultra-armés… Un enfer cette mission, au point que j’ai fini par regarder un let’s play sur le net pour voir si c’était faisable. No comment.
À cela s’ajoutent des choix de design étonnants, comme ces « petits » détails qui fâchent qui n’étaient pas aussi remarquables sur la démo (ou alors j’ai pardonné un peu subjectivement, démo aidant).


« La casserole qu’on surveille ne déborde jamais ».
Proverbe Français
Sous ses airs de jeu tactique « moderne », Chains of Freedom accumule quelques casseroles indignes du genre, surtout vu la concurrence actuelle. (Attention au jeu Every Day We Fight qui arrive et qui va je pense faire mal).
Déjà : aucun recul possible sur la distance d’affichage. On a l’impression de jouer coller à son écran. Même sur mon 27 pouces, c’est archaïque. Un zoom, s’il vous plaît, messieurs les développeurs ! La visibilité est catastrophique, notamment dès qu’on veut anticiper un placement ou repérer une menace.
Ensuite, l’overwatch, cette fameuse vigilance défensive présente dans les XCOM et consorts… ici, c’est une compétence réservée à UN SEUL perso. Pourquoi ? Mystère. Il n’y a que quelques miettes de customisation, pas d’attachement aux personnages… Tout cela est bien maigre.
Comme dans Miasma Chronicles, on peut placer ses unités avant un combat. Sauf qu’ici, impossible de one-shot un ennemi en furtif. Autant dire : à quoi bon ? L’intérêt d’un tel système est de positionner ses soldats pour que, dès l’ouverture, mon sniper (qui est là pour ça) puisse littéralement exploser un gars pénible. Là, non. On place ses soldats… et puis le combat commence. Fade.
Dernier point assez problématique : l’absence totale d’attaque d’opportunité. Sérieusement, comment un jeu au tour par tour, en 2025, peut-il faire l’impasse sur une mécanique aussi fondamentale ? Tu quittes la zone d’un ennemi… il te regarde partir. Tranquille. Niveau immersion : zéro. Petit point plus personnel : le jeu est trop répétitif. À force de tourner en rond et de manquer d’idées neuves… je finis par tourner avec lui. Le jeu parle d’Eden… Je crois qu’il ne l’a jamais trouvé…


J’AI QUAND MÊME (BEAUCOUP) JOUE AU JEU…
Le jeu se déroule en phases : exploration en libre action, fouilles de conteneurs, d’armoires pour récupérer de l’équipement, mais aussi des ingrédients comme de la poudre à canon, des plantes… Puis une très courte page « scénario » avant de nous diriger vers les (trop !!!) nombreux combats qui parsèment l’aventure.
Le jeu propose d’ailleurs un système d’artisanat pour créer nos propres munitions et bandages… Une belle trouvaille dans ce style de jeu, simple, mais appréciable. L’occasion de faire un point sur l’équipement et les armes, et ma foi, il y a de quoi faire : fusils à pompe, AK47, couteaux, lance-roquettes…
Il faut ajouter ces fameux cristaux que l’on trouve un peu partout, et qui permettent de tester des combos parfois intéressants. Exemple : en cas de coup critique, un cristal peut soigner de 15 points de vie l’escouade entière… mais enlève deux points d’action au porteur du cristal. Sympa comme système, et stratégiquement intéressant.


Les combats sont au tour par tour, avec points d’action uniquement. Par exemple, notre perso aura 20 points, qu’importe si l’on se déplace, si l’on tire, ou si l’on se soigne… du moment qu’on ne tombe pas à zéro, à nous de dépenser judicieusement nos points. Le jeu inclut aussi des dégâts sur la durée : brûlure, hémorragie (armes blanches), poison, etc. Au niveau du bestiaire, nous croiserons des chasseurs, des villageois, des trafiquants, et bien sûr d’étranges mutants bourrés d’Eden.
Visuellement, le jeu est sublime (hélas, en vue trop rapprochée — cf. plus haut), tourne parfaitement bien, et côté son, c’est très efficace, sans fioriture.
Dans la démo, je parlais d’un « petit bémol personnel » : le côté fanatique religieux et politique du scénario, un peu lourdingue. En effet, je pestais sur le fait que quand on a entendu seize fois des phrases comme « Souverain, accorde-nous la rédemption », ça en devenait pénible.
Je suis un grand amoureux des dystopies, mais là, cela faisait vraiment trop et malvenu.


Bonne nouvelle : grâce à un twist scénaristique, la pilule passe à un moment donné. Ouf ! Au final, l’écriture est solide, l’histoire se suit avec plaisir, et quelques surprises bien placées apportent un vrai plus.
Des bugs ? Non, je n’en ai pas eu un seul. Re Ouf !
J’ai été sincèrement déçu. Oui, j’ai passé un moment correct, le jeu tourne bien sur la forme. Mais sur le fond, c’est une autre histoire. Il manque des mécaniques essentielles, si bien que le plaisir des combats s’estompe trop vite. Et vu leur fréquence, ça devient vite une purge. Chains of Freedom, tu es sympathique — en 1984, tu aurais fait sensation. Mais on est en 2025, et je ne vais pas user de novlangue : tu existes, c’est déjà ça. Briller ? Ce n’est clairement pas pour aujourd’hui.
+ Ambiance dystopique immersive
+ Infiltration tactique sommaire mais correcte
+ Narration sobre mais percutante
+ Gestion de groupe avec de vraies conséquences
– Pas d’« Overwatch» ni d’opportunité
– Pas assez de recul d’affichage
– Scénario qui souffle le chaud et le froid… Dommage
– Difficulté illogique, vraiment
– Le côté « propagande » des 40% du début
Pour les amateurs de récits sombres avec un soupçon de stratégie… mais avec une belle promo !
DAFALGAN


Merci Dafalgan pour ce test. Décidément, tu n’arrêtes plus. Un jeu par pour moi alors.