Dark Souls premier du nom avait eu une sortie assez comique en y réfléchissant. Non pas que le jeu fut drôle (quoi que certaines situations prêtent à sourire, ce de façon plus ou moins jaune et plus ou moins démente selon le nombre de fois où vous êtes mort, mais ça …) mais surtout par rapport au ton des critiques selon la plateforme. Malgré le fait que le jeu fut le même, la version console reçut les ovations tandis que la version PC se faisait, à plutôt juste titre, huer pour son coté décalcomanie de la version d’origine sans beaucoup d’améliorations voire quelques régressions. Du coup on appréhendait quelque peu la version PC du 2. Elle avait certes pour elle un temps de retard et donc potentiellement de peaufinage mais quand même … Du coup Dark Souls II sur PC, bien ou bien ?
Je le précise d’emblée, ce test a plus pour vocation de tester le portage PC du jeu que le jeu lui-même. J’irais sans aucun doute de mon petit commentaire mais pour un traitement complet et pertinent c’est chez Batman et son test du jeu sur console qu’il faut se tourner.
Mortel comme l’Ärsenik
Les jeux Souls ne sont pas connus pour leur beauté technique, il est toujours bon de le rappeler. Et ici, comme ses frangins Dark Souls 2 ne déroge pas à la règle. Comparé à pas mal d’autres jeux sortis à peu près en même temps on a un peu l’impression d’avoir affaire au vilain petit canard. Bon, on est les premiers à le savoir quand on est fan d’Arcanum : le visuel ne fait pas tout. Et la chose se confirme ici. Surprise agréable néanmoins, la version PC est, après comparaison, plus fine et tourne nettement à 60 fps, tout beau comme il faut. Rapport au framerate bridé et parfois capricieux du premier opus c’est une agréable surprise.
De la même façon, sans être de l’Id Tech dernière génération on constate une bien meilleure jonction entre les textures et un niveau de détail un peu supérieur. A nouveau n’espérez pas Crysis, Rage ou Far Cry 3 mais il y a un sentiment de progrès. Notamment au niveau des animations, si le gameplay est le même, le personnage lui-même semble plus souple et moins articulé avec des vérins hydrauliques. Un net plus pour l’immersion par rapport au mannequin en bois du premier (vous savez, ces trucs qu’on voit dans la pub Cédar et les ateliers d’illustrateurs). Niveau interface, les développeurs ont opté pour un système d’inventaire en cases, maniable à la manette et à la souris. Rapport à l’usine à gaz du premier c’est un bon en avant.
Un autre point positif et qui va en ravir plus d’un : les temps de chargement sur PC sont nettement réduits par rapport à la version console. Pour peu que votre bécane soit un tant soit peu vigoureuse bien entendu mais, des échos que j’ai eu parmi les joueurs PC, l’optimisation est plutôt bien faite. Ayant une bête plutôt musclée je ne peux vraiment juger de celle-ci. Chez moi le jeu tourne bien et au max, ce qui indique au moins que l’optimisation a été mieux faite que celle de GTA IV, mais est-ce qu’on peut faire de pire que GTA IV ? Les jeux russes et développés dans un garage ne comptent pas, je le dis de suite pour éviter les p’tits malins. Pour en revenir à nos temps de chargement, j’ai compté entre 3 et 5 secondes sur ordinateur contre 9 à 15 secondes sur PS3. Un avantage considérable pour vos nerfs déjà mis à rude épreuve quand on sait que l’usage des téléporteurs est extrêmement fréquent dans cet opus, ne serait-ce que pour aller monter de niveau.
Dans les mollaires mange mon bouquet de phalanges
Niveau gameplay on sait tous qu’un jeu Souls ça se pratique à la manette. Gâchettes, sticks et autres boutons qu’on martyrise au rythme d’affrontements tendus, nerveux et prodigieusement anxiogènes quand on se rend compte qu’on est en manque de fioles d’Estus. Et bien entendu les quintaux de morts qui font que vous la fracassez en deux et à coups de dents. Mais est-ce qu’on peut mâcher un clavier ? Eh bien oui et non. Comparé au premier on a un net progrès. Pour vous donner une idée, j’ai jetté un œil aux contrôles et me suis lancé avec ça en tête contre un boss.
Malgré quelques tâtonnements et coquilles pour des contrôles que je n’ai vu qu’après, je suis arrivé jusqu’à peu près la moitié de sa vie avant que mon inexpérience complète me conduise au sort standard du joueur de Dark Souls. Un fait qui n’aurait même pas été possible une seconde dans le premier opus. Le mappage des touches est également possible, un confort des plus agréables. Néanmoins à moins d’avoir une souris avec au moins 6 boutons vous aurez du mal à jouer vraiment agréablement et intuitivement dans la mesure où la configuration de base des contrôles vous oblige à utiliser la touche Ctrl pour faire certaines actions telles que le contre ou l’estocade. Moyennement intuitif et peu confortable.
Le souci majeur et plus difficilement pardonnable reste le fait que toutes les indications qui apparaissent à l’écran, pour ouvrir des coffres ou parler à des PNJ par exemple sont indiquées avec des touches de manette Xbox, gros point noir pour cette version PC. Personnellement, la force de l’habitude l’a remporté et après cet essai je suis retourné sur ma manette, le premier opus m’ayant ancré un certain nombre de réflexes nécessaires à la survie, et applicables uniquement au pad. Autrement dit : Dark Souls 2 au clavier, oui mais à vos risques et périls.
L’espoir fait vivre mais ceux qui vivent d’espoir meurent de faim
Pour le reste, le jeu est le même. Du Dark Souls pur sucre. Ardu, exigeant, parfois à en hurler de rage. Dark Souls quoi … Ayant eu plus de temps (mon compteur Steam affiche 93 heures de jeu) que le compère Batman pour réaliser ce test je me permets ici de faire quelques observations sur des changements peu perceptibles mais présents. Sur le plan du gameplay, le sieur masqué évoquait un équilibrage fait sur le jeu, j’approuve des deux mains et des deux pieds cette remarque. Dark Souls 2 est à la fois plus simple d’accès et bien plus rugueux à long terme. Ce par un système d’usure modifié pour faire de l’état des armes une ressource qui vous rendra des plus nerveux à chaque ennemi affronté chaque coup raté qui gaspillerait la précieuse barre de durabilité.
L’état des armes était une mécanique assez secondaire et qu’on avait tendance à oublier dans le premier, ici, je vous l’assure, ce ne sera pas le cas. Pareil pour le respawn qui s’arrête à la longue, une mécanique qui facilite la progression mais qui donne une valeur bien plus forte aux âmes dans la mesure où tout coûte une jambe et que les âmes perdues par une mort malencontreuse risquent de ne jamais revenir. Une façon vicieuse mais délectable de rendre chaque décision impliquant une transaction encore plus horrible à prendre qu’elle ne l’était dans le premier. On peut également citer un système d’humanité nettement moins balourd que dans le premier et qui n’oblige pas à sans cesse retourner au feu pour reprendre son apparence humaine, d’où nettement plus d’interactions avec d’autres joueurs si vous êtes en mode online.
Niveau écriture, on aimera ou pas mais le jeu se montre plus tendre que son ainé. Si les lieux abandonnés et autres nécropoles sont encore au rendez-vous, il est agréablement surprenant de croiser quelques personnages assez positifs qui ne meurent pas nécessairement à la fin de leur quête comme dans le premier. On peut citer notamment la fort charmante Rosabeth, un des rares personnages qui vous accueillera toujours avec un grand sourire et une voix enjouée. Un changement de ton sur certaines situations qui plaira ou déplaira, moi j’ai bien aimé.
Dark Souls 2 sur PC se révèle un bon portage, pas encore exemplaire et clairement perfectible sur certains aspects. Mais au prix d’un certain apprentissage ou d’un pad on se retrouve avec un jeu unique en son genre. Le genre de jeu avec une personnalité bien forgée. Reste à voir si on aime ou pas. Dark Souls c’est comme le munster, on aime et on se régale ou on fronce les narines et on fuit vers des trucs plus à son goût. Dans tous les cas, ça a du corps et pas qu’un peu !LES PLUS
+ Dark Souls 2
+ Prenez tous les points positifs du test de Batman
+ Je vous assure on a le même avis
– Pas encore tout à fait au point sur la jouabilité PC
– Prenez tous les points négatifs du test de Batman
– Je vous assure, il met le doigt là où il faut







