Créé par Action Squad, un nouveau studio collaborant avec Daedalic Entertainment, Iron Danger est un jeu de rôle tactique qui introduit une mécanique innovante de manipulation du temps. Le studio a manifestement tenté d’intégrer une véritable complexité stratégique des jeux au tour par tour dans un univers en temps réel. Sont-ils parvenus à relever ce défi ?
D’un point de vue graphique, Iron Danger adopte un style de jeu de rôle en vue isométrique 3D, avec des personnages qui semblent tout droit sortis d’une bande dessinée. C’est soigné et plutôt joli, même si cela ne marquera pas les esprits. Cependant, la direction artistique est respectable, tout comme les musiques et les effets sonores.
En tant que jeu de rôle, le titre est relativement simple : pas de création de personnage, le joueur contrôle successivement trois personnages, dont une héroïne qui, dès le début de l’histoire, acquiert un pouvoir unique : celui de manipuler le temps, jusqu’à 5 secondes en arrière ou en avant, ce qui confère une originalité au jeu. À chaque action réalisée en temps réel par les personnages, il est possible de revenir en arrière en utilisant la molette de la souris pour optimiser et modifier les actions et réactions de votre personnage ainsi que de son compagnon.


Ainsi, le gameplay consiste à essayer différentes tactiques, synchroniser les actions de chacun de vos personnages afin d’optimiser les résultats, puis revenir en arrière pour tester une autre stratégie qui pourrait être plus efficace ou moins néfaste pour vos personnages, souvent en infériorité numérique par rapport à leurs adversaires. On peut se faire piéger, mourir, revenir quelques secondes en arrière, ou même anticiper un coup qui sera porté quelques instants plus tard, le tout avec un aspect de mini-casse-tête particulièrement efficace.
Je dois le dire, Iron Danger se distingue par son gameplay innovant et original, et le côté tactique est très présent. On apprécie également le développement des personnages, qui se fait par le déblocage de compétences au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire, ainsi que la synergie liée à la gestion du feu, de la glace et de l’eau, des éléments que le joueur peut utiliser pour maximiser l’impact de ses sorts ou de ses actions. Bien que cela ne soit pas comparable à Divinity Original Sin, c’est néanmoins fort appréciable.
Concernant l’histoire, rien de très original : une reine maléfique du Nord, des ruines anciennes où il faudra collecter quelques éclats de pouvoir, bref, rien de vraiment exceptionnel…


On apprécie néanmoins l’ambiance, les dialogues et des personnages attachants, ainsi que quelques rebondissements intéressants et un univers de fantasy steampunk richement conçu avec des décors variés. Il est à noter que l’histoire et l’exploration sont très linéaires, le jeu proposant davantage une série de lieux à visiter successivement qu’un véritable monde à explorer.
En résumé, je recommande vivement Iron Danger, un « petit jeu » très plaisant qui m’a captivé jusqu’à la fin, même si j’ai éprouvé un léger agacement à cause d’une conclusion insatisfaisante après une vingtaine d’heures de jeu pour le terminer. C’est un excellent premier projet qui mérite que son concept soit encore plus exploré et approfondi tant il présente de potentiel. En somme, un premier projet « coup de génie » pour le studio, et j’espère qu’ils réussiront à magnifier le concept qu’ils ont créé pour un prochain jeu encore meilleur.
Graphismes et sons : 4/5
C’est esthétiquement agréable, avec un style un peu cartoon, mais je souhaite mettre en avant une direction artistique soignée ainsi que des musiques très plaisantes.
Interface de combat : 5/5
Un principe de combat exceptionnel et novateur, avec cette originalité de pouvoir contrôler la ligne du temps à tout moment. On a l’impression d’assister à un Baldur’s Gate influencé par Adobe Premiere… Quoi qu’il en soit, c’est un franc succès.
Scénario : 3/5
La cruelle reine du nord, le complice perfide, le villageois en quête de vengeance… En somme, on perçoit qu’il y a eu un réel investissement, mais c’est vite oubliable, bien que les personnages soient captivants.
Jouabilité (fun) : 4/5
C’est une idée brillante qui a inspiré le jeu, et son intégration est plus que réussie. L’élément « énigmes » est également très intéressant, mais un peu trop rare et subtil.


