Un nouveau DLC pour Dragon Age : Origins présentant le passé de Leliana… Autant jouer le jeu : le but était ici, entre autres, de voir si après avoir joué à Leliana’s Song j’aurais un éclairage différent sur le personnage de Leliana ; ensuite, si je pouvais voir dans la Leliana d’Origins un personnage avec un background plus étoffé. La réponse est simple : que nenni.
Le DLC est présenté sous forme de mémoires, ce qui n’est pas dérangeant en soi, mais aliène à la fois le codex car on finit par ne plus s’y intéresser, entre les entrées qui n’ont que peu ou pas du tout d’intérêt, et celles qui n’ont pas grand sens. Sans compter le fait que l’histoire est ici particulièrement prévisible, et que le moindre rebondissement apporté voit ses implications bien vite comprises par le joueur : bref 30 minutes avant la fin, on connaît déjà ladite fin.
De même que si on peut s’attendre à quelque chose de grandiose pour le finale… On se retrouve bien vite détrompé : tout juste est-ce digne du final d’un épisode de Plus Belle la Vie. Le suspense en moins. Qu’il s’agisse des dialogues avec la Sœur de la Chanterie, ou avec Marjolaine et son sbire lors du finale, le DLC donne une impression de mauvais fan-service ; là où l’idée de revisiter le passé des personnages d’Origins pouvait se révéler intéressante, on a juste droit à une aventure digne d’un moddeur amateur qui sort son premier mod juste pour voir les possibilités du toolset.
Ce qui m’amène à l’un des points positifs de Leliana’s Song tout de même : le langage corporel des personnages est bien meilleur qu’avant. Allez, on va dire un moddeur amateur doué. Ce qui n’enlève rien à cette constatation. Malheureusement, ce point positif est bien vite oublié, tant le gameplay est bâclé : on se retrouve ainsi à jouer les voleurs au marché de Denerim, pour finir dès la première quête agglutiné dans une série de combats sans queue ni tête avec les gardes de la ville ; et ce, même si les apparences sont avec le joueur (je pense ici à la quête impliquant une cache d’un groupe de mages qui se termine en combat ; et bien que le groupe du joueur soit l’agressé, les gardes n’en profiteront pas moins pour chercher noise à celui-ci tous les deux mètres. Littéralement tous les deux mètres).
Pour le raffinement, on repassera. De même, l’élimination de tous les gardes du marché provoque l’apparition d’un groupe de gardes d’élite doublés d’un boss pas spécialement méchant mais qui arrivent tellement à point nommé et de manière tellement prévisible qu’on ne peut que se poser des questions sur la sanité du moddeur… Oh pardon. De Bioware. Bref c’est sale, bâclé, et fort peu intéressant au final.
Rien de neuf sous le soleil au niveau des zones visitées non plus, et Bioware parvient à ajouter l’insulte à l’injure en plaquant à la va-vite bien des éléments particulièrement dispensables, tels que l’extérieur de la demeure de l’Arl, où l’on combat trois malheureux gardes pour toute action. Et tout cela ne sert l’histoire en rien. On a une ressource et on s’en sert juste pour allonger de trois minutes la durée de vie du DLC, en gros. Niveau sons, les nouvelles musiques sont en-dessous de la moyenne, ayant même réussi – fait plutôt rare – à me faire désactiver totalement la musique du jeu. Mais ceci n’est probablement qu’affaire de goûts, je ne m’attarderai donc pas sur ce point.
Là où le mod… Oh pardon, le DLC, est fortement orienté combat, l’on se retrouve bien obligé d’assigner des points au crochetage, sous peine de devoir recommencer l’aventure pour obtenir la seule chose intéressante qu’il propose : un objet pour la campagne de base… Et ça, franchement, c’est ch***. Parce que là, l’intérêt commence à frôler celui d’un remake d’épisode de Derrick tourné avec les doyens de l’humanité en allemand (évidemment) et sous-titré en croate du sud-ouest.
Les choix n’ont aucune conséquence sinon esthétique ; les ennemis sont connus, on sait comment se débarrasser des combats le plus rapidement et efficacement possible. En parlant de choix, le seul choix important de l’aventure concerne… un cadeau. La loose à l’état pur autrement dit (d’autant plus que quel que soit le choix fait, on est gagnant).
En bref, on apprend ici pourquoi Leliana a rejoint la Chanterie… Et a posteriori, on s’en cogne un peu, beaucoup… On s’en doutait déjà grâce aux dialogues d’Origins, entre autres lors de la rencontre avec elle. Le DLC est par trop éloigné de la campagne principale ; et ce n’est pas en 2h de gameplay qu’on étoffe correctement une histoire contenant déception, tragédie, trahison, rédemption et vengeance. Non Monsieur Bioware. Pour résumer, les plus sont un objet pour Origins, voir Leliana et mourir, le langage corporel des personnages est bien, ça reste mieux que Darkspawn Chronicles, mais ça, c’est pas vraiment un exploit. Les moins sont la musique, la durée de vie, les choix, la narration certes sympa mais inintéressante au finish et trop décousue, on savait déjà tout ça, et les histoires de trahison de ce genre courent littéralement les rues ; à tel point que le tout en devient ennuyeusement prévisible.
+ Leliana + Un objet pour Dragon Age Origins
– Du combat, du combat, du combat – Des choix non fondamentaux – DLC trop court : à peine 2h
La vision de Mercks : Leliana est sans doute l’un de mes compagnons favoris avec Morrigan et Sten, je fus donc heureux d’apprendre le sujet du nouveau DLC de Bioware pour Dragon Age. Hélas ce nouveau contenu s’avère d’une qualité inégale. Certes plus réussi que Darkspawn chronicles, le chant de Leliana ne nous invite pas à un voyage en Orlaïs, mais uniquement dans quelques sombres ruelles de Denerim afin d’accomplir des quêtes sans saveur. On a encore droit aux même environnements, hormis lors du final qui reste décevant au demeurant. Toutefois l’histoire de Leliana reste intéressante malgré quelques incohérences avec la version contée par la belle rouquine dans l’aventure principale. De nombreuses cutscenes parsèment l’aventure, rendant l’ensemble agréable à suivre, et cela soutenu par de magnifiques musiques. Une fois de plus ce DLC n’est à réserver qu’aux afficionados de DAO ou de la jolie barde. 05/10
Il n’y a pas plus tard qu’une semaine, nous testions un DLC de Bioware pour son titre « phare » : Dragon Age. Je vous disais alors que les DLC se suivent et ne se ressemblent pas, surtout en qualité. Mon cher rédac’chef, Megamat, m’est tombé dessus cette semaine avec un nouveau DLC pour le space opera Mass Effect 2. Afin d’éviter ses impitoyables coups de fouet (c’est qu’il est pas jouasse le Mat), je me suis empressé de tester cet Overlord (Suprématie en VF), ne m’attendant pas à grand chose. Je me suis trompé…
Une base scientifique de Cerberus, sur la planète Aïté, lance un SOS. Une I.V. (intelligence virtuelle) aurait pris le contrôle des différents points névralgiques de la planète. Il n’en faut pas plus au Commandant Shepard et son équipe pour se lancer dans une nouvelle aventure. Arrivé sur Aïté, vous faites la connaissance du professeur Archer qui vous explique qu’il a cherché à combiner la psyché humaine à l’esprit unique des Geths, vos ennemis de toujours.
Bien sûr rien n’a tourné comme prévu et une nouvelle intelligence est née. Cette dernière a pris le contrôle des différentes bases scientifiques, mais également des Geths cobayes et des droïdes de combat. Le but de cette I.V. étant d’infecter la galaxie toute entière, le Commandant Shepard n’a pas d’autre choix que de l’exterminer.
Bon il faut bien avouer que le pitch de départ n’est pas spécialement original et sent fortement le réchauffé. Toutefois, je dois bien reconnaître que la recette prend bien, et que l’ambiance bien sombre de cette nouvelle aventure rend le tout vraiment agréable. Ce DLC est divisé en cinq épisodes, entrecoupés par la visite de la planète Aïté à l’aide de l’Hammerhead. Vous devez reprendre le contrôle de chaque station de recherches, en combattant les ennemis contrôlés par l’I.V. Chacune de ces stations possède un environnement différent, et nous offre un gameplay et une ambiance particulière.
L’une d’entre-elle se trouve, par exemple, dans un volcan, vous obligeant à jouer à « saute-mouton » de rocher en rocher sur une rivière de lave. Une autre vous permettra de visiter un vaisseau Geth en ruine parsemé de cadavres. Ambiance, ambiance. Tout cela pour arriver au meilleur final auquel j’aie assisté depuis longtemps. La fin de ce DLC vaut à elle seule l’investissement. Attention il n’y a rien de visuel, point d’explosions apocalyptiques ou de combats épiques. Ici ce sont nos sentiments qui prennent le dessus. Un choix cornélien se présente, qui fait appel à notre conscience et qui ne peut laisser personne indifférent. On touche presque du doigt ce que devrait être le jeu vidéo, un outil de réflexion. Honnêtement, c’est du grand art, bravo Bioware !
D’un point de vue technique, Overlord nous offre des environnements de toute beauté. La planète Aïté est tout bonnement superbe, avec ses cascades et ses falaises offrant de magnifiques points de vue. On sent que Bioware a énormément travaillé sur l’aspect graphique de ce contenu additionnel. Comme dit plus haut, les différents centres de recherches possèdent chacun leur style propre, et nous en mettent plein les yeux. Les niveaux sont bien construits et dégagent tous une ambiance bien plus sombre qu’à l’accoutumé, donnant à l’ensemble une vraie identité.
Côté son rien à redire, le doublage est de qualité, et les musiques renforcent l’ambiance oppressante avec brio, notamment celle de la scène finale qui est dramatique à souhait. Du tout bon. A noter, pour les collectionneurs que deux nouveaux succès sont inclus, par contre aucun nouvel équipement ni personnage. On ne peut pas tout avoir non plus.
En conclusion Overlord se place, pour moi, comme le meilleur DLC pour Mass Effect 2. La durée de vie, d’une heure trente à deux heures, est correcte pour les sept euros que coûte ce supplément. L’aventure est vraiment prenante, et la mise en scène a été particulièrement soignée. Je ne suis pas un fervent amateur de DLC, et on trouvera toujours à dire que ces derniers pourraient être inclus dans le jeu de base, et qu’ils en grossissent la facture; mais pour le coup j’avoue avoir été agréablement surpris. Ce DLC est sans nul doute un indispensable pour Mass Effect 2, et on en redemande.
+ Très bon DLC. + Scénario agréable. + Environnements réussis et vastes. + Durée de vie correcte. + Techniquement superbe.
– On aimerait que ce soit plus long. – Assez orienté action, délaissant le côté RPG
Chez Bioware les DLC se suivent et ne se ressemblent pas forcement. Après un Retour à Ostagar sympa mais court, une extension, Awakening, de qualité mais hélas trop courte également, Bioware nous propose ses Chroniques des engeances, histoire de découvrir l’autre côté du miroir en incarnant une engeance.
Ce dernier DLC pour Dragon Age Origins, vous place dans la peau pourrie d’un porte-étendard hurlock. En tant que Général des engeances vous avez le pouvoir de recruter dans votre groupe n’importe quelle engeance qui vous entoure. Hurlock, ogre, genlock, émissaire, à vous les joies de l’utilisation de vos ennemis de toujours. Votre mission est simple, vous devez détruire Denerim et les gardes des ombres, et sauver l’Archidémon.
Ce dernier vous donnera des quêtes à remplir jusqu’à l’affrontement final avec Alistair. Ces quêtes seront aussi inintéressantes que détruire des barricades, ouvrir une herse afin de laisser le passage à un ogre, ou encore tuer l’un des gardes des ombres. Tous les gardes des ombres croisés dans l’aventure principale sont présents, d’Alistair à Zevran, en passant pas Oghren; ainsi que certains personnages principaux comme Greagor ou Eamon. Une demi-heure de combats plus tard vous combattrez aux côtés de l’Archidémon lui-même afin de conquérir Denerim définitivement.
Bon on va mettre les choses au point de suite, ce DLC est sans doute le moins intéressant de tous ceux sortis pour Dragon Age Origins. Certes sur le fond, on apprécie de découvrir succinctement le monde des engeances, mais sur la forme on se retrouve avec un contenu additionnel manquant cruellement d’intérêt. On se recogne la même traversée de Denerim que celle qui conclue l’aventure principale sans visiter la tour en plus, et cela avec des personnages dont seul le design change. Il faut bien reconnaître que les engeances ont finalement les mêmes capacités que certains de nos personnages humains, donc rien de neuf côté talent ou pouvoir.
Seul l’armement est customizable, et l’aventure est tellement courte qu’on ne peut même pas monter en niveau histoire de personnaliser notre créature. Les chroniques des engeances se limitent à une série de combats à travers Denerim. Seul l’ogre reste plus ou moins sympa à utiliser mais cela ne sauve pas ce DLC de la médiocrité dans laquelle il se noie. Dommage que l’aventure ne soit pas plus longue, avec des lieux différents, ce qui aurait peut-être permis de découvrir plus avant le système social des engeances ou leur organisation. A noter qu’en plus de l’aventure avec les engeances, une nouvelle épée, « sang vicié », sera disponible pour l’aventure principale.
En bref, Bioware avec ses Chroniques des engeances donne un grand coup d’épée dans l’eau, et nous sert un DLC sans saveur et largement dispensable. Ce DLC aurait mérité d’être distribué gratuitement mais ce n’est pas le cas. A vraiment réserver aux inconditionnels de Dragon Age Origins ou aux collectionneurs qui veulent posséder tous les éléments de leur titre fétiche.
+ Jouer une engeance. + Heu… C’est tout…
– Durée de vie ridicule. – Mise en scène inexistante. – DLC totalement inintéressant !
Enfin ! Il est là ! Alpha Protocol, le RPG d’espionnage est entre nos mains. Nous l’avions attendu avec impatience, et cette attente est terminée. Les Californiens d’Obsidian Entertainment nous a promis un titre d’envergure, mais qu’en est-il vraiment ? Notre patience sera-t-elle récompensée ? Alpha Protocol est-il le hit auquel nous nous attendions ? Toutes les réponses ci-dessous.
The Thorton identity
Vous êtes Michael Thorton récemment recruté par une agence gouvernementale secrète américaine. Cette agence, c’est l’Alpha Protocol. En tant que jeune recrue vous devez faire vos preuves. Après un examen médical, vous devez immédiatement apprendre les rudiments de votre futur métier : agent secret. A peine votre entraînement achevé, votre première affectation se présente.
Vous devez partir en Arabie Saoudite afin de démanteler un groupuscule terroriste, Al-Samad, soupçonné d’un attentat contre un avion de ligne. Al-Samad aurait également volé une cargaison d’armes à une puissante multinationale spécialisée dans l’armement.
Une fois au pays où l’essence est moins chère, plusieurs missions s’enchaînent, allant de la pose de mouchards en furtif en passant par l’annihilation totale de vos ennemis. Bien sûr tout finit par mal tourner et vous vous retrouvez lâché par votre agence, et devenez l’ennemi public n°2 (bah ouais, le 1 c’est Raymond Domenech). Heureusement certains employés de l’agence continuent de vous fournir des infos et un soutien logistique. Vous vous lancez alors dans une enquête qui vous mènera de l’Italie à Taïwan, en passant par la Russie.
The Thorton Supremacy
Maintenant que vous savez à quoi vous attendre niveau scénario, voyons un peu ce que nous propose Obsidian avec son titre. Pour commencer, un bon point pour les dialogues. Ils sont nombreux, sont bien écrits, et font souvent mouche. Obsidian avait énormément communiqué sur le système du choix des réponses. En effet vous ne cliquez pas sur une phrase afin de répondre, mais sur une humeur ou une action. Ainsi vous pouvez plaisanter avec un gars avant de le jeter d’un pont ou simplement rester froid et professionnel avant la même action. Qui plus est, vos choix influeront sur la relation que vous entretenez avec votre interlocuteur, et cela perdurera durant toute l’aventure.
Être en bonne relation avec certains vous octroiera certains bonus, ce qui n’est pas négligeable. En bref, on a là un excellent système qui permet de dynamiser les dialogues, même si on avait déjà vu le même genre avec Mass Effect ou The Witcher par exemple. Attention toutefois : les dialogues sont en VO sous-titrés et ces derniers défilent assez vite, donc il faut rester concentré afin de suivre cette histoire d’espionnage riche et parfois (trop ?) complexe, mais vraiment prenante.
Votre personnage est imposé, vous jouerez avec Michael Thorton et pis c’est tout. La personnalisation du personnage n’est que pileuse ou vestimentaire. Toutefois, tous les poncifs du RPG sont présents. Vous pouvez choisir de jouer les Sam Fisher tout en discrétion et adepte du gadget, ou les Rambo en fonçant dans le tas à l’arme lourde. Pour cela, vous avez accès à plusieurs spécialités de base, et à de nombreux talents regroupant la discrétion, le corps à corps, le sabotage, ou encore le maniement des armes. Bien entendu, vous glanerez des points d’expériences qui vous permettront d’augmenter vos talents.
Côté inventaire, rien n’est laissé au hasard. Vous aurez accès au marché noir des armes et équipements. Vous pourrez acheter des fusils d’assaut, des gilets pare-balles, des grenades ou encore des tenues de camouflage sur le net à partir des planques que vous occuperez dans chaque pays. L’argent ne coulant pas à flot, il faudra adapter votre équipement à votre style de jeu et éviter les dépenses inutiles. En bref, pour l’instant, Obsidian a tout bon. Un RPG avec un scénario intéressant et mature, des dialogues de qualité très bien joués et permettant de nombreux choix, et enfin un titre qui permet des phases d’actions aux styles et aux approches différents. Magnifique me diriez-vous. Eh bien non.
The Thorton vengeance.
Alpha Protocol est effectivement un titre aux charmes indéniables, mais n’oublions pas qu’il reste orienté action, même vraiment orienté action, et là… C’est le drame. Les deux premières choses qui m’ont frappé et déçu, je dois bien l’avouer, ce sont la maniabilité et les animations. La maniabilité tout d’abord. Il est clair que le développement conjoint PC / console a laissé des traces. Au clavier, le personnage ne sait que courir et tourner à 90° car planté sur un axe central, on se retrouve a diriger un robot et c’est vraiment pas agréable. Je teste alors avec une manette Xbox 360 for Windows, et là ça va tout de suite mieux.
Par-dessus ce souci il faut rajouter une animation ridicule. La démarche furtive de l’agent Thorton ressemble à s’y méprendre à la démarche de mon vieux tonton Claude quand il est bourré, et qu’il manque de se gaufrer. Je veux bien que ce ne soit pas un titre purement action, même si elle prédomine, mais il y a un minimum.
Puisque que l’on parle d’action, sachez que c’est le gros morceau du jeu, mais là non plus ce n’est pas ça. L’IA des ennemis est très mal équilibrée. Dès qu’ils vous voient, ils vous foncent dessus et cherchent rarement à se planquer. J’ai privilégié les approches furtives, mais on finit toujours par utiliser la grosse artillerie car parfois l’ennemi voit à travers les murs ou devine votre présence. Si, par exemple, l’ennemi trouve le cadavre d’un de ses collègues, il ouvre le feu dans votre direction même si vous êtes planqué 15 mètres plus loin. Trop forts ces gars là. Vous pouvez donc aborder les missions de multiples manières, mais il est rare de pouvoir les finir avec la même, dommage.
Les missions justement. Ces dernières font office de quêtes dans le jargon du rpgiste de base. Elles s’enchaînent les unes après les autres, rendant le titre extrêmement linéaire, même si certaines peuvent être faites dans le désordre. Vous visitez chaque pays et remplirez vos missions suivant une chronologie simple : planque, mission, planque, mission, planque, mi… Enfin vous avez compris quoi. Les missions sont toutefois variées, allant de l’interrogatoire, musclé ou non, en passant par l’assassinat, ou encore la destruction de base militaire. L’ensemble reste sympa mais le manque de peaufinage gâche une partie du plaisir.
Techniquement, le titre d’obsidian est passable. Graphiquement ça casse pas trois pattes à un canard mais cela reste correct. Les textures sont souvent grossières et la gestion des lumières et des ombres est faite « à la va comme j’te pousse », y en a-t-il une d’ailleurs ? Alpha Protocol est loin des standards du genre. Le joueur de RPG n’est certes pas très regardant sur la qualité des graphismes en général, mais un p’tit effort supplémentaire aurait été de bon ton, même si dans l’ensemble on a vu pire. Côté son, le titre peut se targuer d’un bon doublage (en anglais) et de musiques collant bien au sujet et sachant se faire discrètes quand il le faut.
En conclusion Alpha Protocol n’est pas un mauvais titre, peut-être est-il sorti un peu trop tard. Son scénario est prenant même si on n’évite pas les écueils du genre que sont le terroriste barbu, le mafieux russe, ou le traître américain. Dans l’ensemble le titre d’Obsidian mérite que l’on s’y attarde et qu’on persévère, car passé le niveau didacticiel de l’Arabie Saoudite, l’histoire prend le pas sur la technique et donne envie d’en savoir plus. Je reste toutefois déçu par certains aspects d’Alpha Protocol, et ne le recommanderai qu’aux fans d’espionnage, pour qui les premiers James Bond ont conservé tous leurs charmes malgré le kitch des effets spéciaux. A essayer.
+ Un excellent scénario. + Système de dialogues bien fichu. + Différentes approches possibles. + De nombreux environnements.
– Assez linéaire finalement. – Techniquement à la ramasse. – IA trop faible. – Découpage des mission cassant l’impression de liberté.
La vision de Megamat : Le sous-titrage ne m’a pas gêné outre mesure, si ce n’est sa rapidité, on avait pas le temps de le lire. Sinon, question graphismes, rien à dire, c’est bien fait, même si on fait beaucoup mieux aujourd’hui, mais ici ce n’est pas le but. J’ai pu avoir 2 romances, mais c’est vraiment pour dire qu’il y en ait… La musique est en corrélation avec le style de jeu, façon James Bond.
Concernant la maniabilité, on s’habitue vite finalement, mais je l’ai trouvé tout de même très orienté consoles. Cela étant dit, jouer les espions c’est assez sympa, ça change du RPG classique. Mais faut aimer le côté Action du jeu. Concernant les Boss, il faut trouver la bonne technique pour arriver à les finir, et j’ai eu quelques suées (d’énervement) je dois dire. Dommage que ce soit si court… et je ne dis pas vivement la suite, car je doute qu’on en ait une un jour. Une note de7/10 est méritée dans la mesure où bien que l’histoire soit bien ficelée, elle n’en reste pas moins super linéaire, bien plus qu’un Mass Effect 1 ou 2.
Sorti il y a déjà deux ans, Age of Conan a fait couler beaucoup d’encre et généré de nombreuses ventes, non seulement en raison du monde brutal et sanguinaire dans lequel le joueur allait évoluer, mais également au vu des visuels magnifiques qu’il proposait. Malheureusement, son manque de finition, et le manque de contenu à haut niveau a rapidement lassé les joueurs, qui, malgré l’excellent système de combat du jeu, ont fini par résilier massivement leurs abonnements quelques mois après son lancement, ce qui a occasionné la fermeture de près de la moitié des serveurs.
Deux ans plus tard, et après de nombreux patchs et améliorations, le jeu a lentement regagné des joueurs et Funcom sort finalement son extension Rise of the Godslayer.
Habituellement les extensions de jeux de rôles en ligne proposent de rehausser le niveau maximal des joueurs et implémentent de nouveaux systèmes de jeux joueurs contre joueurs. De manière surprenante (mais opportune), Funcom n’a pas pris cette solution de fuite en avant. Au contraire, c’est le jeu de base qui a été étoffé, notamment dans sa partie solo / collaborative.
Outre les ajustements effectués afin de ne plus avoir de lacune dans les quêtes qui permettent la progression dans son personnage jusqu’au niveau 80, Rise of the Godslayer est avant tout un enrichissement du jeu de base qui est susceptible de plaire aux nouveaux joueurs comme aux anciens.
En quelques mots, Rise of the Godslayer ajoute une nouvelle race, les habitants de Khitai, ainsi que deux nouvelles zones de jeu immenses situés dans le royaume de Khitai. A celà s’ajoute un tableau de progression alternatif couplé à de récompenses de faction dont je parlerai plus loin.
La première zone de jeu, la porte de Khitai propose une série de quêtes qui permet au joueur sortant de la zone d’apprentissage (l’Ile de Tortage), de progresser du niveau 20 au niveau 40.
La seconde zone de jeu se situe derrière la grande muraille, au cœur de cette contrée où une dizaine de factions luttent les unes contre les autres, et est destinée aux joueurs ayant atteint le niveau 80.
Je ne m’étendrai pas sur le côté visuel et sonore de l’extension. Le jeu de base était magnifique, l’extension est un véritable poème visuel, entre les steppes balayées par le vent, les montagnes et les marais, il y a de quoi voir. Au niveau du son on reste dans du très haut de gamme,avec une ambiance sonore réussie et des musiques plus belles les unes que les autres, encore plus envoûtantes que celles du jeu de base.
Au niveau des quêtes, si les quêtes du jeu de base étaient bien scénarisées mais sommes toutes assez classiques, on est un cran au dessus au niveau de la qualité. Funcom s’est investi dans la conception des quêtes et ça se voit, notamment dans les quêtes disponibles au coeur de Khitai. Ici nombre de factions sont présentes, et le joueur aura le choix de rejoindre l’une ou l’autre, afin d’accomplir leurs missions et d’obtenir des récompenses spécifiques à chacune des factions.
D’une grande diversité, les quêtes iront depuis la défense d’une caravane au début, jusqu’à faire sauter un pont, ou encore rejoindre un endroit à cheval en un minimum de temps… Le summum sera une longue série de quête afin de trouver un jeune tigre ou un jeune loup, de l’élever, puis de le dresser à l’attaque ou en tant que monture, sans oublier la fabrication d’une selle dans ce dernier cas.
A noter que le design des donjons et des combats contre les boss est excellent, bien meilleur que dans les zones du jeu de base. L’exploration est intéressante, et les combats contre les boss sont de véritables challenges tactiques, sans pour autant être trop basiques dans leurs principes. On reste encore loin d’un Dungeon & Dragons Online au niveau tactique et exploration, mais c’est une belle amélioration.
Bref, on est dans du très bon, et Rise of the Godslayer brille particulièrement au niveau de la qualité des quêtes. On regrettera toutefois la répétitivité de certaines, celles-ci pouvant (ou même dans certains cas devant) être recommencées de nombreuses fois, ce qui est peu réaliste, et malheureusement répétitif et ennuyeux.
Au niveau de l’avancement des personnages haut niveaux, Funcom a choisi de donner la possibilité au joueur persévérant d’obtenir certains talents dans l’arbre d’avancement alternatif. Ici pas de nouveau niveau, mais un élargissement des possibilités de choix de son personnage. Comme GuildWars en son temps, le niveau maximum est bloqué, mais les niveaux d’avancement alternatifs donneront accès à des capacités spéciales, permettant une personnalisation et une optimisation des capacités de son personnage, tout en gardant une grande flexibilité.
Le bilan de cette extension est plutôt positif. Funcom a su faire évoluer son jeu de rôle en ligne de manière intelligente en mettant en valeur ce qui faisait que celui-ci était apprécié : la partie solo de l’aventure. Ils ont à la fois enrichi le monde avec une nouvelle contrée et de nouvelles quêtes pour les joueurs débutants, mais également étoffé la partie haut niveau. Avec un système de factions opposées, un tableau d’avancement alternatif, une personnalisation plus poussée du personnage et des donjons avec des combats de boss complexes, l’éditeur frappe ici un grand coup ici en place un intérêt long terme pour les anciens joueurs de haut niveau. Lorsqu’on sait qu’à coté de ce contenu haut niveau, les nouveaux venus seront satisfaits au vu du contenu de qualité pour les joueurs débutants, l’opération ne peut être que très bénéfique pour l’avenir du jeu.
Si le style de jeu de rôle en ligne ne vous convient pas, Rise of the Godslayer n’apportera rien de vraiment nouveau au principe. Il s’agit d’un jeu de rôle en ligne très traditionnel, avec son lot de quêtes répétitives toutefois en offrant une bonne qualité d’écriture un sytème de combat intéressant et une ambiance unique.
Par contre, si le principe du jeu de rôle en ligne vous plait et que vous n’avez pas encore essayé Age of Conan ou que celui-ci vous avait déçu à ses premiers jours, en raison de ses problèmes techniques, de son absence de quêtes dans certaines tranches de niveau ou de son manque d’intérêt à très haut niveau, Rise of the Godslayer sera une bonne opportunité de parcourir les terres ensanglantées d’Aquilonie, de Cimmerie, de Stygie et de découvrir le Khitai. On peut estimer que le jeu a, après 2 années d’existence, atteint sa maturité et offre maintenant une expérience de qualité.
Il faut toutefois préciser pour les joueurs à haut niveau qu’il satisfera les assidus qui n’ont pas peur de passer plusieurs dizaines d’heures à explorer Khitai afin de ramasser suffisemment de points d’estime de telle ou telle faction, et d’obtenir la pièce ultime d’armure ou la compétence d’avancement alternative adaptée. Le joueur occasionnel risque malheureusement de se lasser plus rapidement, les récompenses nécessitant de très longues heures de jeu avant d’être accessibles.
👉 PRESENTATION : Voir ci-dessous 👉 SORTIE : Juin 2010 👉 TEST 👉 TEST 2 👉 NEWS
Dans le monde d’espionnage dans lequel se déroule le nouveau RPG d’Obsidian Entertainment, Alpha Protocol™, les apparences sont souvent trompeuses… Les joueurs seront dans la peau de Michael Thorton, un agent du gouvernement extrêmement talentueux (bien qu’assez inexpérimenté), entraîné à éliminer toutes les menaces pour la sécurité nationale. Après l’échec monumental d’une mission, Thorton devient le seul à avoir les informations, les capacités et le courage nécessaires pour mettre un terme à ce qui pourrait devenir une catastrophe internationale. Mais pour ce faire, il devra se servir de la même directive gouvernementale que son ennemi a essayé d’utiliser contre lui : le protocole Alpha. Alpha Protocol se déroule dans un monde contemporain et offre au joueur le contrôle total de Thorton, non seulement dans ses actions, mais également dans sa personnalité et son attitude, l’ensemble déterminant le futur du monde entier ! Mélangeant combat moderne, développement poussé du personnage et options de jouabilité innovante, Alpha Protocol offre une perspective nouvelle au genre RPG. Avec un scénario digne des meilleurs romans et thrillers d’espionnage et un univers ultraréaliste et très immersif, Alpha Protocol va redéfinir le jeu de rôle pour la nouvelle génération de jeux vidéo. Alpha Protocol est développé par Obsidian Entertainment, créateurs de Star Wars: Knights Of The Old Republic II The Sith Lords™ et Neverwinter Nights 2™.
– Le jeu de rôle redéfini – Système sans classes de personnages qui donne la possibilité aux joueurs de façonner Thorton exactement comme ils le désirent, en développant ses techniques de combat rapproché, ses capacités de tir, sa connaissance des gadgets, etc… – Un espion international – Les joueurs vont voyager à travers le monde entier pour obtenir des informations et des missions, et rencontrer un grand nombre de personnages… – Système de dialogue inédit – Grâce au système innovant de dialogue en temps réel, les personnages se souviennent de leurs conversations et relations avec les alliés. Les ennemis sont déterminés par leur attitude et les réponses dans les dialogues choisies par le joueur. – Choix moraux complexes – Les relations avec les personnages à travers les actions et les dialogues modifient l’histoire et les missions secondaires. La jouabilité est directement liée à la narration du jeu !
Bioware sort un énième DLC pour l’un de ses titres phare: Mass Effect 2. Un nouveau personnage rejoint l’équipe, déjà conséquente, du Commandant Shepard dans sa lutte contre les récolteurs pour la sauvegarde de l’humanité. Après le mercenaire Zaeed Massani, c’est une voleuse confirmée du nom de Kasumi Goto qui se joint à vous. 560 points Bioware, soit 4 € 88, c’est le prix que vous coûtera ce nouveau DLC, mais les vaut-il ?
Goto the citadel !
C’est sur la Citadelle que vous rencontrerez notre voleuse. Comme pour Zaeed sur Omega, à peine débarquée, cette dernière prendra contact avec vous. Pas de bol, ce n’est pas la Kasumi de Dead or Alive avec son décolté plongeant, toutefois elle ne manque pas de charmes. En échange de son aide contre les récolteurs, elle vous demandera de vous infiltrer chez un riche marchand d’armes afin de voler les mémoires de son co-équipier.
Ces mémoire ne sont pas un vulgaire sex-tape mais sont, soi-disant, une arme contre l’Alliance. Cette mission est, comme pour vos autres partenaires, une mission de loyauté qui octroiera un nouveau pouvoir à Kasumi ainsi qu’une nouvelle apparence. En bref rien de transcendant ni de vraiment nouveau.
Vous vous infiltrez donc chez le riche marchand d’armes sous une fausse identité et profitant d’une réception donnée par ce dernier. Le côté James Bond ou Mission Impossible de la situation est assez agréable et rafraîchissant et nous change un peu des sempiternelles missions de shoot. Vous devez infiltrer une chambre forte afin de récupérer les fameuses mémoires. Si la première partie de la mission est sympathique, la deuxième partie est moins originale dans la mesure ou l’on se tape à nouveau du boum-boum pan-pan jusqu’au dénouement final.
Goto the Normandy !
Une heure, c’est le temps qu’il m’a fallu pour cloturer l’aventure de Kasumi, en prenant mon temps. Au passage, on récupère une nouvelle mitraillette, un costume pour faire le barbot dans les couloirs du Normandy, et les pouvoirs furtifs de Kasumi. Pour 4€88, il ne faut pas s’attendre à des miracles, on n’est pas au pays des Bisounours non plus. A vous de voir si vous êtes suffisamment fan pour débourser cette somme. J’avoue que la mission est assez sympa et que j’ai pris plaisir à la remplir, même si ce plaisir fut de courte durée.
Les environnements de cette mission sont recherchés et agréables pour nos rétines fatiguées. L’ambiance sonore est, comme d’habitude, de haut niveau avec des doublages de qualité, et un nouveau thème aux consonances asiatiques plutôt plaisant. Côté interaction, Kasumi n’est pourvue que de monologues comme Zaeed, donc impossible de trop fouiller son passé ou de l’attirer dans sa couche. Dommage.
Pour conclure, je dirai que si vous êtes un inconditionnel de la série ayant besoin de tous les éléments s’y rapportant, ce DLC est fait pour vous. Une mission plaisante à remplir et se démarquant un peu des autres, quelques nouveaux contenus, et quelques clin d’oeil à une autre série Bioware, font de ce DLC un achat à envisager. Par contre, si vous avez déjà fini l’aventure plusieurs fois ou que vous ne comptez pas vous remettre à Mass Effect 2, ce DLC est largement dispensable. Jusqu’où iriez-vous pour prolonger l’expérience Mass Effect 2 ?
+ Bonne ambiance. + S’insinue bien dans le scénario principal. + Le personnage de Kasumi. + Nouvel équipement.
– Trop court. – Trop facile. – Finalement cher pour ce que c’est.
La vision de Megamat : Alors comment dire, hum… combien il a coûté déjà ? Ah oui, 3.99€ un truc comme ça… Bon, mise à part que c’est toujours sympa de faire une mission, celle-ci n’est pas trop mal vu qu’on ne fait pas que du combat. Cela dit, 1/2h torchée vite fait. La rencontre nulle, puisqu’on arrive et hop recrutée et pas de dialogue avec elle non plus Par contre je ne sais pas si on peut finalement, sachant que j’avais fini le jeu. Bref 05/10 pas plus et encore.
Après des mois de fêtes et de ripailles pour honorer la chute de l’Archidémon, le héros de Ferelden désormais commandeur de l’ordre, n’en tenait plus. Tout bon sauveur n’existe que par ses actions et l’inactivité ne peut que le conduire à l’oubli et l’ennui. Il lui faut un ennemi. Heureusement Bioware y a pensé et nous livre Dragon Age : Awakening pour satisfaire notre désir insatiable de poursuivre l’aventure du jeu de rôle de l’année 2009. La question qui se pose est : y sont-ils arrivés ?
L’enclin sur le déclin ?
L’histoire prend place après la fin de l’enclin et la mort de l’archidémon. Les engeances se dispersent et les gardes des ombres tentent de se reconstruire avec l’aide d’Orlaïs. C’est ainsi que notre commandeur se rend à Fort Bastel, dans le comté d’Amaranthine, avec pour seule compagnie une guide. L’action démarre rapidement puisque le fort est attaqué par une horde d’engeances. Décidément il n’est point de repos pour les gardes des ombres. On découvre bien vite que quelque chose se trame chez nos ennemis et que les engeances sont quelque peu étranges. Il nous faudra donc sauver la contrée et prendre les commandes du fort pour défendre le peuple. L’administration du fort n’est pas sans rappeler un certain NWN2, mais il faut bien avouer que cette partie là est par trop anecdotique bien que rafraîchissante.
Avec des engeances douées de paroles, un architecte quelque peu perturbant, on prend plaisir à avancer dans cette nouvelle aventure. Je ne voudrais pas tout dévoiler de cette histoire afin de ne pas gâcher votre plaisir, le but est ici d’évaluer l’intérêt d’un tel achat (de 25 à 30 €). En effet nous parlons d’un disque additionnel pour le JDR de l’année 2009. Si la jouabilité reste identique, ainsi que les graphismes, nous avons ici une suite à l’histoire et non un nouveau jeu, ni une amélioration.
Si l’on commence cette aventure avec un nouveau personnage il y aura quelques différences : en effet nous démarons au niveau 18 et nous incarnons un commandeur fraîchement dépêché d’Orlaïs. Il n’est donc nul besoin d’avoir terminé le jeu original.En revanche, si vous démarrez en utilisant la sauvegarde d’une aventure terminée, vous aurez le plaisir de retrouver votre personnage avec son équipement glané dans Dragon Age Origins, ainsi que de recroiser d’anciens compagnons. Attention toutefois, car certains objets des DLC disparaissent durant la transition.
Quoi de neuf en Ferelden ?
Nous nous trouvons donc au nord de Ferelden sur la côte près d’Amaranthine. Nouveaux lieux, nouvelle carte à explorer, comme le dérangeant Noir marais, de nouveaux adversaires, et pas moins de 56 nouveaux sortilèges et compétences vous sont accessibles. Des assortiments d’armures et armes font leur apparition, et surtout de nouveaux compagnons, mais j’y reviendrai plus tard pour ces derniers.
Avec ces nouvelles capacités, nous pourrons désormais fabriquer nos propres runes (que ce soit pour les armes et maintenant pour les armures), de nouvelles potions et apporter plus de spectacle lors des combats. La fabrication de runes s’avère bien laborieuse pour les plus puissantes et coûteuse, mais permettra aux plus consciencieux de parfaire leur équipement vers des sommets de puissance, sans compter les équipements spéciaux que notre bon vieux Wade, à présent votre armurier personnel, se propose de fabriquer (encore faut-il trouver tout les ingrédients, ce qui équivaut parfois à chercher une aiguille dans un enclin ! ).
Quand aux nouvelles créatures, certaines s’avèrent dignes de notre fureur au combat mais beaucoup ne sont que des améliorations de créatures existantes : l’ogre en armure en est le parfait exemple. Et que dire d’un dragon sire propulsé au beau milieu d’une mêlée sans vraiment d’explication et encore moins de justification si ce n’est de relever l’opposition face à un joueur de plus en plus puissant.
Comment ça, pas de romance ?
Les compagnons sont travaillés, leur interaction toujours aussi importante et quel plaisir de retrouver les « traits d’esprit » de ce bon vieux Ogrhen ! On prend plaisir à découvrir ces nouveaux personnages et leurs histoires, à créer un nouveau groupe pour nous entourer. Mais le fait est là : il n’y a pas de romance, les quêtes annexes sont nombreuses mais limitées, les nombreuses nouveautés sont difficiles à exploiter tant la durée de vie est courte.
La gestion de Fort Bastel, pourtant prometteuse, est presque dérisoire et dans certains cas ses conséquences scénaristiques à peine perceptibles. Il plane donc un sentiment d’inachevé et d’artificiel dans ce supplément payé au prix fort. Le plaisir procuré par le jeu d’origine est toujours là mais le challenge est souvent limité car le joueur est rapidement atteint de « grobillite » aiguë. A noter qu’un livre est à présent en vente et vous permet de réinitialiser vos compétences. Toujours sympa de pouvoir tester une nouvelle approche avec son personnage préféré.
Le scénario principal à relancer l’intérêt après la fin de l’enclin et de l’aventure principale. J’avoue que cette histoire aurait pu tout à fait constituer une suite complète au jeu d’origine et nous permettre de jouer des dizaines d’heures mais ce n’est après tout qu’un supplément et il ne faudra compter qu’un peu plus de 10 heures pour le terminer (moins si vous précipitez les choses). Le rapport prix / durée de vie semble bien bas. Si un défaut est à retenir concernant Awakening, c’est sa durée de vie rachitique. Le jeu ne corrige pas certaines faiblesse de son ainé, toutefois les éléments qui ont fait le succès d’Origins sont toujours présents. Certes le travail scénaristique, la localisation et la création de nouveaux monstres et lieux à dû nécessiter du temps et de l’argent mais, à mon avis, Bioware semble plus chercher la rentabilité d’un produit à succès qu’à réellement enrichir son œuvre.
+ Les nouveautés (équipement, bestiaire, environnements) + Graphismes soignés
– Durée de vie basse pour un add-on complet – Trop d’action – Toujours les mêmes défauts qu’Origins
Ah ben, il était temps !! Nous n’avions pas encore fait d’article sur The Witcher : Enhanced Edition, c’est maintenant réparé. Un test ? Pas vraiment, plutôt une synthèse, je dirais… C’est avec un peu de recul que nous allons donc parler de The Witcher, puisque la version originale a déjà plus de deux ans, que l’Enhanced Edition qui est l’objet de cet article date de septembre 2008 et que dernièrement, sa suite The Witcher 2 : Assassins of Kings a été officialisée.
Il s’appelait Geralt de Riv…
C’est ainsi que débute le conte d’un jeu qui est entré par la grande porte dans l’univers des RPG. Lorsqu’un jeu vous touche au point de vous dire qu’il y a un avant et un après The Witcher dans votre vie de joueur, vous pouvez vous dire que vous êtes en face d’un monument du genre, mais encore faut-il l’expliquer. J’espère que cet article contribuera à amener de nouveaux joueurs à ce jeu, et ainsi qu’ils puissent ressentir autant de joie que j’ai pu éprouver en y jouant. Bien sûr, il ne plaira pas à tout le monde, alors, j’essayerai aussi de citer les éléments qui peuvent rebuter certains.
Le moindre mal…
Tout d’abord, The Witcher est l’adaptation d’un personnage de roman de l’auteur polonais Andrzej Sapkowski. Le sorceleur (son nom en français), s’appelle Geralt de Riv. C’est un humain ayant subi pour son apprentissage des mutations, un chasseur de monstres appartenant à une caste en déclin, dont il est l’un des derniers représentants.
Il évolue dans un monde instable, rongé par les enjeux politiques, les rivalités, les guerres et la misère et où les races qui le peuplent sont souvent guidées par la rancœur et la haine. Cet univers médiéval fantastique crépusculaire, exempt de tout manichéisme, est rempli de nuances. Aucun choix n’étant parfait, c’est le moindre mal qui prime dans les décisions de Geralt de Riv, et la voie qu’il prend peut être suivie de fâcheuses contreparties. C’est dans cet esprit que The Witcher nous invite à endosser et incarner le rôle du sorceleur, personnage charismatique, souvent cynique, sujet par sa mutation à la crainte et l’hostilité de ses concitoyens mais aussi à la convoitise du beau sexe.
Incarner le sorceleur…
Les développeurs du jeu : CDProjekt Red, ont tenu à être fidèles à l’œuvre de Sapkowski. Ainsi, on ne jouera pas un inconnu sans existence antérieure, ce qui change de la plupart des RPG occidentaux existants. Ici, pas de passage par la case création de personnage, mais un background que peu de personnage de jeu vidéo peuvent se targuer de posséder.
L’intrigue tourne autour de Geralt de Riv et c’est à lui d’en dénouer les ficelles. Pas d’alignement non plus, ceci étant dû à la nature même de Geralt. De plus la complexité de ce monde ne peut se résumer à rester cantonné à un type de comportement, il n’y aura donc ni bon, ni mauvais choix, mais des situations faisant appel à notre intime conviction quant à la prise de position, ou non, face aux événements.
Les répercussions de ces choix étant visibles bien après la résolution de la quête, il devient alors dérisoire de chercher par des sauvegardes à savoir quelle est la plus intéressante. Ce qui implique de faire des choix moins calculés et beaucoup plus personnels. Ne cherchez pas de lien avec Baldur’s gate, Elder’s scroll, Neverwinter Night et plus récemment Dragon Age, il n’y en a pas.
Une touche de réalisme dans un univers fantastique…
Différence notable, il est rare dans un univers médiéval fantastique de rechercher un certain réalisme dans les éléments de jeu, la tendance étant plutôt à l’irréalisme le plus débridé. Ici, toute potion consommée constitue un poison pour Geralt et une surdose provoquera l’intoxication menant à la mort. Concernant les capacités de notre personnage, il ne pourra porter plus que ce qu’un humain normalement constitué est capable d’engranger sur soi : ce qu’il peut porter se limite aux emplacements libres, donc pas moyen de récolter à tout va.
Geralt est un combattant au corps à corps, spécialisé dans les épées à deux mains, une en acier pour les humains et une en argent pour les monstres, avec trois types de combat suivant l’ennemi qui se présente à lui (puissant, rapide et groupe). Ceci définit en soi les types de combat au corps à corps du jeu. Les épées en acier feront moins de dégâts aux monstres que celles en argent, d’où la nécessité en plein combat de passer d’une arme à l’autre.
Ces techniques de combat basées sur les enchaînements, se font en respectant un rythme alignant les combos, et peuvent se mêler à la magie pour provoquer des fatalités (décapitation, acrobaties meurtrières, empalement, etc.). Cependant Geralt a d’autres possibilités de combat en lançant des bombes, en posant des pièges et en utilisant différents types de magie.
L’Alchimie dans ce jeu est d’une grande importance et elle est très développée, mais pour en savourer toute sa portée, il est recommandé de jouer en difficile, afin qu’elle soit indispensable pour pouvoir avancer. Pour avoir connaissance d’une potion, encore faut-il en apprendre la formule, même s’il est toujours possible de faire des potions sans connaître exactement la portée des effets en résultant. Et cette connaissance n’est possible que si le Sorceleur améliore certaines de ses capacités pour arriver à déchiffrer la formule et en connaître les composantes.
Nous retrouvons aussi ce réalisme dans les différentes ambiances du jeu, à tel point qu’il m’est arrivé de passer de longs moments à la taverne rien que pour le plaisir d’y être et d’amasser de rondelettes sommes d’argent aux dés entre un tournoi de combat à main nue (pugilat) et une vodka aux herbes de Redania (hhhooouuu c’est fort !!!).
Comme il est grisant de faire boire ses interlocuteurs jusqu’à plus soif pour leur délier la langue et, une fois l’information obtenue, sortir tant bien que mal dehors, la vision altérée par les excès éthyliques provocants une houle plus vraie que nature, et se retrouver attaqué à distance par un ennemi qu’il nous est impossible de localiser tant notre vision est troublée dans cette nuit sans lune… et finir les tripes à l’air parce que notre démarche nous permet à peine de mettre un pied devant l’autre.
Des Map fermées pour une aventure grandiose…
Au niveau « role-play », The Witcher est incontestablement, pour ma part, ce qui s’est fait de mieux dans les jeux vidéo, c’est ce que j’ai trouvé de plus proche, en terme de sensation, de mon expérience de jeu de rôle sur table, on vit les situations plus que dans n’importe quel autre RPG. De plus l’immersion est totale puisque les dialogues sont entièrement doublés, y compris la globalité des répliques de notre personnage, fait extrêmement rare pour être signalé, surtout dans un RPG.
L’univers grouille de vie, nous faisons corps avec l’environnement, l’ambiance générale, la musique, les bruitages, tout y est superbement retranscrit pour nous emporter dans l’aventure. Pour être dans la lignée des romans, les développeurs ont fait un travail remarquable au niveau de l’écriture du scénario, les dialogues, dont certaines répliques sont mémorables, allient drôlerie et pensées profondes.
Il y a aussi beaucoup de richesse dans les différents ouvrages à lire (dont certains ont une réalité historique, cf : le Physiologus) qui contiennent pas mal d’informations sur l’univers de Sapkowski. Il n’y a pas beaucoup de redondance dans les quêtes proposées qui sont de façon générale originales : ainsi on se verra devenir enquêteur, pour résoudre des querelles autrement que par les armes, on participera à des fêtes, on aura même des discussions philosophiques entre amis. Bref des évènements qu’on ne trouve pour ainsi dire jamais dans les jeux vidéo.
Esthétisme et harmonie…
Un autre atout de The Witcher tient dans sa recherche esthétique. Même s’il n’est pas du tout dernier cri, le jeu est magnifique en soi de part ses graphismes (surtout quand on sait que c’est le même moteur que Neverwinter Night) la gestion du temps et des climats, mais ce qui m’a le plus marqué, est cette recherche du détail dans tous les éléments du jeu. Telles des peintures de Caspar David Friedrich, certains décors posent vraiment une ambiance lugubre et envoûtante. La multitude d’artworks différents qui parsème les écrans de chargement, les flashback ainsi que les cartes érotiques sont d’une qualité remarquable.
Tous les lieux sont agencés avec un réel soucis architectural, il y a une ergonomie des villes et villages où les bâtiments très soignés et réalistes de style gothique forment vraiment des ensembles très cohérents avec leurs différents quartiers et places, on y trouve des quartiers riches et pauvres magnifiés par la vie qui en émerge (sans parler des détails des décors et des intérieurs, affiches, mobilier, etc.) ainsi que les bruitages réalistes fort bien intégrés qui rendent les endroits plus vrais que nature.
Les pleurs des bébés à l’intérieur de maisons, mêlés aux bruits de la foule dans les bouges du quartier du temple et à la voix des mendiants quémandant quelques piécettes sont des instants qui vous interpellent, tellement l’ambiance y est bien rendue. Les milieux ruraux ne sont pas en reste tout comme les intérieurs, les costumes, les armures et les armes. On imagine facilement tout le travail et la recherche qu’il a fallu en amont pour en arriver à ce résultat, car on sent que les créateurs sont des artistes qui se sont documentés sur des sources médiévales pour façonner le monde de The Witcher, ceux qui possèdent le magnifique artbook de la première édition collector le savent, c’en est stupéfiant. I
l n’y a aucune place laissée au hasard, tout a été dessiné dans le moindre détail. A noter aussi une certaine originalité dans la présentation de l’interface. Pour ce qui est des ambiances et de la musique, c’est du très haut niveau, les thèmes collent parfaitement, les musiques sont épiques, teintés de consonances slaves, ce qui renforce l’empreinte si particulière du jeu.
Ce qui peut déplaire…
Puisque l’Enhanced Edition a été réalisée pour remédier à certains soucis, je ne vais pas ici relater les différents points qui ont été retravaillés comme les temps de chargement ou autre. Mais je vais essayer ici de lister les différents éléments qui peuvent ne pas être appréciés dans The Witcher. Tout d’abord, je pense que ce jeu ne s’adresse pas aux joueurs pour qui un RPG ne peut se concevoir qu’avec un espace complètement ouvert et une création de personnage.
The Witcher,c’est incarner un personnage de roman : Geralt de Riv, qui évoluera dans des lieux servant de fil conducteur au scénario. Ensuite, ce jeu n’est pas non plus destiné aux personnes pour qui un bon RPG rime avec grosbillisme : ici pas de centaines d’armes et armures à collectionner, ni de magie plus dévastatrice qu’une explosion nucléaire. L’univers de The Witcher n’est en rien comparable à celui des autres RPG médiéval fantastique sauce Donjons et Dragons, il y a une certaine dose de réalisme dans ce monde comme je l’ai expliqué plus haut.
The Witcher ne privilégie pas les combats ; bien que ceux-ci soient présents, ils ne constituent pas la plus grande partie du jeu. Le jeu fait la part belle aux dialogues, aux intrigues, à l’ambiance ; c’est une expérience différente de celle généralement proposée dans ce style, beaucoup plus « role-play ». Si j’avais à faire un rapprochement avec un autre RPG, ce serait vers Vampire : Bloodlines que je me tournerais, le monde est complètement différent, mais The Witcher a beaucoup plus en commun avec ce jeu qu’avec l’ensemble des jeux du genre médiéval-fantastique existant.
Pour conclure, en un seul jeu, CD Projekt Red a réussi à hisser The Witcher au statut de référence du genre, non content de leur premier jet, ils ont remis les couverts, pour enfoncer le clou, améliorant le jeu, proposant deux nouvelles aventures, offrant un maximum de bonus. Aujourd’hui, par leur écoute auprès de la communauté ainsi que par la mise à niveau gratuite des premières versions du jeu, ils avancent.
complètement à contre courant de l’optique marketing de l’ensemble de la profession et je les invite à continuer dans cette voie. Un souffle nouveau est venu de Pologne pour notre plus grand plaisir, la passion les anime et la suite s’annonce sous les meilleurs auspices, malgré des passages difficiles. Le coup de maître de CD Projekt Red a été non seulement de s’imposer dès leur premier jet, en créant un jeu figurant maintenant parmi les grands noms du RPG, mais aussi de faire découvrir tout une littérature aux personnes ayant acheté ces jeux. N’en doutez pas, c’est grâce au succès du jeu qu’aujourd’hui il y a suffisamment de demandes pour éditer en livres la saga du sorceleur, et sortir Geralt hors de Pologne.
Donc si vous voulez poursuivre l’aventure, comptez sur la richesse de ce monde en vous plongeant dans les romans. Et si vous en voulez plus et que le jeu de rôle sur table vous intéresse, allez jeter un œil du côté du blog de Siwukyl.
+ Un scénario hors du commun + Un vrai RPG très complet + Des musiques somptueuses + De beaux graphismes + Du contenu supplémentaire gratuit
– Temps de chargement encore longs – Action trop confinée
La vision de Killpower : The Witcher, le jeu plébiscité par les rôlistes pour sa qualité d’écriture, de scénario et son graphisme hors norme. Il était temps que je m’y colle pour voir ce que cela allait donner. Hé bien, je peux le dire, ce jeu n’est pas pour moi. Même s’il propose une immersion des plus complètes, le système de combat qui représente au moins 50% du jeu au moins est à jeter aux oubliettes. Je ne supporte pas ce système qui est totalement ridicule et trop simpliste pour un jeu qui se montre si complet dans les autres domaines (on se croirait dans un jeu de rythme à la Guitar Hero, à appuyer sur le bon bouton au bon moment). Non vraiment, ce système de combat est une horreur. Et c’est vraiment dommage pour le reste ! 06/10
Les développeurs allemands de Deck 13 sont avant tout connus pour leurs jeux d’aventures en point’n’click. La série Ankh ou le jeu Jack Keane ont connu un succès d’estime mérité grâce à des graphismes cartoon réussis et un humour omniprésent. Aujourd’hui, Deck 13 s’attaque aux RPG avec Venetica. Le style est toujours le même, mais l’humour a laissé la place à une intrigue plus sombre au cœur de la cité des Doges. Scénario mature et style « cartoonesque » feront-ils bon ménage ?
La jeune fille et la mort.
Avant de poursuivre votre lecture, je vous conseille de mettre une musique douce et mélancolique en fond sonore. C’est bon ? OK, c’est parti alors. Il était une fois, une belle jeune fille qui vivait dans un village au sommet d’une montagne. Son nom était Scarlett. La damoiselle était orpheline et avait été élevée par sa vieille tante moche mais sympa. Comme elle était très belle, elle avait un amoureux avec une grosse… épée, du nom de Bénédict. Un jour, durant une fête de village très ennuyeuse, des assassins attaquèrent la bourgade. Ils brûlèrent tout le village et s’en prirent à Scarlett.
Bénédict, son doux chevalier servant, s’interposa et y perdit la vie. Il rendit son dernier souffle dans les bras de sa belle, lui jurant d’être toujours à ses côtés. La jeune femme, noyée par le chagrin, sombra dans l’inconscience. Elle se réveilla dans un autre monde : le monde nébuleux de la mort. Cette dernière était justement là, à l’attendre. La Mort s’adressa à Scarlett en ces mots: « Scarlett ! Je suis ton père… Je vais t’aider à te venger de ceux qui t’ont fait du mal en te donnant certains pouvoirs des morts. » Scartlett jura alors de se venger des vils marauds ayant eu l’audace de détruire son beau village de San Pasquale, et surtout d’avoir ôté la vie de son bien-aimé.
Sa soif de justice la mènera jusqu’à Venise afin de déjouer les plans machiavéliques du vilain Doge et de son maître maléfique : Victor.
A présent vous pouvez couper la musique. Alors, ça donne envie hein ? Comment ça, non ? Bon il faut bien reconnaître que le pitch de départ sent bon la mièvrerie. J’avoue également qu’au bout d’une heure j’en avais plein les bottes. Toutefois je n’allais pas faire un test sur une heure de jeu, vous méritez mieux (sauf toi qui te cure le nez devant ton écran). En bref, j’ai persévéré et finalement, j’ai bien fait. Voyons cela plus en détail. Venetica se présente sous la forme d’un RPG tout ce qu’il y a de plus basique. Vous démarrez donc l’aventure dans un petit village, puis le scénario vous conduira à Venise et même en Afrique. Vous combattez en temps réel un bestiaire pas très étoffé et gagnez de l’expérience.
Cette dernière vous permettra d’allouer des points dans diverses catégories comme la force ou la constitution. Vous gagnerez également des points d’apprentissage vous permettant de développer les capacités de Scarlett auprès d’entraîneurs selon deux écoles différentes : le combat et la magie. La jeune Scarlett ayant tous les attraits d’une femme « Barbara Gourde », mais sans le charisme d’une Lara Croft ou plus récemment d’une Miranda (voir Mass Effect 2), on s’attendait au pire. Malgré tout, la belle sait manier plusieurs types d’armes, allant de l’épée au couple lance / bouclier, en passant par le marteau de guerre. Certains ennemis sont d’ailleurs plus vulnérables face à certaines d’entre elles, ce qui donne un côté stratégique plaisant aux combats.
Le jeu est assez linéaire, il faut bien l’avouer, surtout au début. Vous ferez de nombreux aller-retour entre le village et une mine de cuivre non loin de là. Vous rencontrerez au passage nesto et Don, deux cousins, qui vous apprendront le crochetage de serrures. Ces messieurs vous montreront une combinaison de couleurs qu’il faudra ensuite reproduire afin d’ouvrir coffres ou portes. Le système est original mais devient vite lassant car trop facile et extrêmement répétitif. L’aventure prend toute son ampleur lorsqu’on arrive à Venise. L’effet « couloir » du début laisse place à plus d’espace et à un semblant de liberté. La ville est divisée en cinq quartiers qui représentent chacun un niveau.
Ce niveau comporte plusieurs quêtes plus ou moins intéressantes et se concrétise par un boss, l’un des généraux de Victor. Vous rencontrerez de nombreux personnages avec qui faire la causette et pourrez explorer la ville des catacombes jusqu’aux toits. Rien de bien original au final, l’ensemble est agréable mais sans plus.
La mort vous va si bien … Quoique ….
Venetica est donc un RPG moyen mais plaisant. Toutefois là où le titre a du mal à convaincre, c’est sur un plan plus technique et artistique. Les développeurs ont fait le choix de conserver le style cartoon qui collait très bien à leurs titres précédents, mais ils ont également laissé tomber l’humour qui caractérisait un titre comme Ankh (leur seul autre titre auquel j’ai joué, je l’avoue). Résultat, on se retrouve avec une intrigue plus ou moins mature affublée de graphismes enfantins.
Certains apprécieront peut-être le mélange des genres, mais personnellement je ne suis pas client. La réalisation est, qui plus est, en demi-teinte. Certaines textures sont magnifiques, tandis que d’autres sont grossières ou clignotent, et le HDR utilisé à outrance ne cache pas la pauvreté de l’ensemble. Le level design souffre du même problème en fonction des quartiers visités. Les rues sont vides et manquent de vie. Certaines bonnes idées sont toutefois présentes avec le cycle jour / nuit qui fait que les commerces sont fermés la nuit et que les rues sont moins sûres. Mais l’ensemble reste modeste et ne serve pas l’intrigue, dommage.
Autre point noir, les animations. Si le personnage principal et les ennemis ne s’en sortent pas trop mal, les PNJ ont une animation indigne d’un jeu de 2010, en voir un courir frise le désastre par exemple. Côté son, même topo : si certains thèmes musicaux sont agréables, les sons d’ambiance se font trop discrets, les rues sont nimbées de silence hormis quelques grincements de bois ou murmures. Difficile d’imaginer le marché vénitien sans bruit de foule et éclat de voix.
Pour l’immersion c’est un peu raté. Le doublage français est, dans l’ensemble, de qualité et sauve un peu les meubles. Quelques bugs de collision pendant les combats ou d’affichage sont également à déplorer, ainsi que quelques freeze, mais cela n’empiète pas trop sur le plaisir de jeu. L’optimisation du titre aurait aussi mérité plus d’attention, car de nombreuses chutes de framerate se font sentir. Si cela n’avait pas d’incidence avec la machine de test, une config plus légère pourrait accuser le coup. En bref la liste de défauts est hélas assez longue et cela me peine de l’avouer.
Je dis que cela me peine car malgré tout cela, on sent qu’il y a du travail derrière et, mine de rien, après un début laborieux, j’ai pris plaisir à suivre l’aventures de la petite Scarlett jusqu’à son dénouement final après dix-huit heures de jeu. La durée de vie est donc correcte, par contre une fois fini on n’a pas envie de s’y remettre. Certes durant le jeu, on peut rejoindre une guilde, sur les trois présentes en ville, qui a ses propres quêtes; mais je n’ai pas envie de recommencer pour les connaître. De plus certains dialogues laissent penser que l’on peut influencer certains tournants de l’aventure, mais encore une fois cela ne pousse pas à refaire le jeu.
En conclusion, je dirais que le jeu a pas mal de défauts. Les animations sont bancales, les graphismes sont inégaux, l’ambiance sonore est plate, et le scénario ne casse pas des briques. Bref on pourrait dire que c’est un mauvais jeu. Bah non, je ne le dirais pas car malgré tous ses défauts, le jeu est agréable à prendre en main et se promener dans Venise nous change un peu des RPG médiévaux ou futuristes de ces derniers mois. Le titre est sans doute davantage destiné à de jeunes joueurs ou à des débutants en RPG, toutefois j’y ai pris du plaisir. Dans un style un peu identique à un Divinity II, Venetica n’arrive pas à convaincre face au titre de Larian, et c’est dommage car le potentiel est là. Une démo jouable existe, n’hésitez pas à l’essayer avant d’acheter. Sans doute un coup d’essai pour Deck 13, espérons une suite qui évitera les écueils du premier.
+ Assez addictif malgré ses défauts. + Environnement sortants des standards habituels. + Durée de vie correcte. + Quelques bons passages.
– RPG moyen à tous les niveaux. – Mise en scène un peu fade. – A réserver aux débutants. – Trop linéaire.
Très attendu chez les amateurs de jeux de rôles, et en développement depuis plus de 4 ans, Dragon Age – Origins est le dernier né de Bioware, à qui l’on doit nombre de jeux de rôles de qualité, depuis la série vénérable Baldur’s Gate jusqu’à plus récemment des titres comme Mass Effect ou Starwars : Knight of the Old Republic. Annoncé comme un retour aux sources du jeu de rôle, avec une jouabilité proche de Baldur’s Gate, Dragon Age s’est affranchi de la série des règles de Donjon & Dragons et c’est un monde et un système de progression du personnage totalement nouveau qui nous est proposé.
Dès les premières minutes, de jeu, force est de constater que les musiques sont remarquables mais que les graphismes sont un peu en retrait. Le jeu est assez joli, mais les personnages sont parfois assez anguleux, et les visuels font penser à ce qui se faisait il y a quelques années. De là à dire que le jeu est laid est un pas que nous ne franchirons pas. Les environnements sont soignés, les décors variés, et la mise en scène de qualité, c’est le moins que l’on puisse dire. Les animations, quant à elles, si elles ne sont pas transcendantes lors des déplacements, restent tout à fait correctes dans les combats, et encore bien meilleures lors des cinématiques utilisant les modèles du jeu. Visiblement Bioware s’est donné beaucoup de mal, mais le temps de développement inhérent à un jeu d’une telle envergure a été facteur d’un petit retard par rapport aux technologies actuelles. Le Geek se consolera en constatant que le jeu tourne très bien sur de petites configurations.
Si Dragon Age est sous-titré « Origins », ce n’est pas seulement pour le retour aux sources de Baldur’s Gate. C’est surtout parce que le jeu vous propose de vivre une aventure différente pendant les premières heures de jeu en fonction de votre race (humain, elf ou nain) et votre classe de personnage (guerrier, voleur ou mage). Si ce choix de race/profession ne parait pas énorme, le joueur aura la possibilité par la suite de se spécialiser vers des professions spécifiques, à la condition de trouver un entraîneur acceptant de l’entraîner dans le domaine souhaité. En fait, au vu de la personnalisation de l’aventure, Bioware pouvait difficilement donner accès à trop de classes différentes dès le début du jeu. Avec les différentes combinaisons, ce n’est pas moins de six manières de démarrer le jeu qui seront disponibles.
Cette volonté de personnalisation de l’histoire se fera à tous niveaux du jeu, que ce soit à lors des premières heure de jeu, mais aussi par la suite dans les dialogues pendant toute la durée du jeu, qui seront, malgré le fait qu’ils aient été enregistrés, totalement personnalisés en fonction de la race, de la profession, des réponses données et détermineront la suite de l’histoire. Dans l’optique de Bioware, et c’est déjà quelque chose de constaté dans Mass Effect par exemple, le joueur doit avoir une liberté totale dans ses choix relationnels entre les personnages et le monde, mais aussi au niveau des relations entre les différents personnages de votre groupe. Le sujet sera développé à un tel point que le jeu gèrera la « côte d’amour » de votre personnage vis à vis de ses compagnons. A vous de ne pas trop leur déplaire si vous voulez les garder en tant qu’alliés, ou d’avoir un comportement proche de leurs convictions si vous voulez qu’ils vous offrent certains avantages (pas seulement au niveau visuel…), mais au niveau de leurs compétences. Les dissensions entre certains membres du groupe pourront s’envenimer à un tel point que cela pourrait conduire à la mort de l’un ou de l’autre… Vous voilà prévenus.
L’exploration du monde, quant à elle se déroule sur une carte globale, où il vous suffira de cliquer sur les quelques points d’intérêt pour les atteindre. Mis à part quelques rencontres aléatoires, ce sera lorsque le joueur sera arrivé à destination qu’il se retrouvera dans une zone de jeu, confronté à diverses quêtes et problèmes à résoudre. On revient ici à du grand traditionnel. L’exploration de zones de jeux très linéaires, avec de nombreux dialogues, menant à des combats encore plus nombreux. A noter que le monde, aussi vaste et varié qu’il soit, reste géré en zones de jeux fermées, dans lesquels seuls quelques objets seront cliquables afin de récupérer des objets ou des informations sur le scénario. On en vient à se promener avec la touche « tab » enfoncée afin de repérer les quelques objets activables pour ne rien louper. Le comble du ridicule dans une bibliothèque où seuls quelques livres sur les centaines en présence sont consultables. On est loin d’un Ultima ou même d’un Oblivion où tous les objets pouvaient être déplacés. C’est un peu dommage.
Au niveau du système de combat on est dans le grand classique du temps réel avec pause. On nous parlait de retour aux sources de Baldur’s Gate, c’est chose faite… avec de nettes améliorations. Le jeu gère une caméra d’exploration en vue de dos de votre personnage, et en cas de combat, le joueur peut arrêter l’action, changer de vue de caméra en dé-zoomant et en donnant les ordres à chacun de vos personnages pendant la pause, avant de reprendre l’action. Les combats seront de ce fait intéressants, d’autant plus que la gestion des dégâts des sorts amis est gérée, et que la combinaison des sorts est un élément indispensable pour vaincre les combats les plus exigeants. En effet , si la gestion des coups spéciaux de vos combattants est importante, la gestion des sorts l’est encore plus, avec pour donner un exemple, un sort de poing de pierre sur un de vos adversaire gelé qui vous permettra de le faire voler en éclat.
On pourrait croire que ce genre de mouvements serait la cerise sur le gâteau pour faciliter un combat, mais Dragon Age est un jeu qui nécessite dans les combats une vigilance accrue, mais également une utilisation intelligente des sorts et compétences complémentaires. Pas question de se laisser aller en espérant une victoire facile, vos adversaires bénéficiant des mêmes capacités, un combat mené avec des attaques « standard » finira le plus souvent par la victoire de l’adversaire. Pourtant l’intelligence artificielle de vos compagnons se débrouillera bien. Le jeu vous proposera même de « reprogrammer » totalement le comportement de vos compagnons, en suggérant l’utilisation de telle ou telle compétence, en fonction de la vie ou de l’état d’un adversaire ou d’un membre du groupe. Bref, un système de combat souple, passionnant mais exigent à un tel point que je ne recommande pas d’entamer une partie à un joueur fatigué après une journée de travail trop exigeante…
Qui dit combat dit expérience et évolution du personnage. Le jeu gère les classiques montées de niveau, avec quelques compétences, mais également avec, à chaque niveau, un point de sort ou de capacité que le joueur pourra débloquer. C’est du classique, mais extrêmement bien pensé. On pouvait craindre un système un peu boiteux, car développer un système de développement de personnage est quelque chose de complexe, et arriver à un équilibre est quelque chose de difficile, mais c’est une franche réussite.
Au niveau du scénario, et c’est un élément déjà abordé, Dragon Age vous permet nombre de choix et de personnalisation de l’histoire que vous vivrez. A la base, vous avez le scénario principal, bien trouvé. L’engeance est une résurgence périodique d’êtres innommables. Votre histoire, quelle qu’elle soit vous mènera à rejoindre l’ordre des gardes des ombres qui combattent l’engeance. Sans rentrer dans le détail du scénario et de ses rebondissements, il vous faudra voir les différentes factions du monde (mages, nains, humains et elfes) afin de les rallier et de combattre l’engeance. Bien entendu, chacune de ces factions aura ses problèmes qu’il vous faudra résoudre.
On est dans du grand classique, et vos décisions quant la gestion des problèmes des différentes factions seront au final celles qui décideront des conséquences indirectes de votre combat contre l’engeance. Bref, nous sommes dans une trame de fonds médiévale fantastique proche des clichés du genre, mais avec des dialogues et des conséquences qui seront déterminées par vos actes. A tout cela il faut rajouter de nombreuses scènes intermédiaires, avec des dialogues très intéressants, voire parfois assez piquants (on reste quand même loin de The Witcher à ce niveau). Il faut reconnaître que Bioware sait raconter des histoires, et surtout qu’ils savent les rendre intéressantes.
Un dernier mot et un coup de gueule concernera la politique commerciale d’Electronic Arts et la vérification en ligne du contenu du jeu. Pour ma part, comme tout consommateur, j’ai acheté mon jeu qui était fourni avec quelques codes d’activation pour des objets « bonus » dans l’inventaire. Je ne parlerai pas de la galère nécessaire pour créer un compte en ligne et surtout trouver l’endroit où activer ces fameux codes d’activations, mais surtout des vérifications à postériori. Apparemment à chaque lancement de votre jeu, Dragon Age se connecte sur le site de Bioware et vérifie que vous avez accès auxdits objets. Bien entendu, cette vérification prends du temps, et il m’était interdit de lancer une sauvegarde sans cette connexion (sauf en perdant lesdits objets), connexion qui parfois ne pouvait se faire.
Bref, le système était parfois défectueux et je trouve totalement honteux de pénaliser un utilisateur avec des vérifications intempestives pour une poignée d’objets bonus. C’est surtout en jeu que la moutarde m’est montée au nez, lorsque certains dialogues du jeu vous mène à une page d’achat de contenu additionnel. Une politique commerciale incitant le piratage à proscrire totalement, …si quelqu’un d’Electronic Arts me lit, qu’il fasse remonter l’info.
Bref, si on met de coté ce problème de DRM, que dire de Dragon Age ? Très simple. S’il y a un jeu qui mérite le label d’excellence pour 2009, c’est bien Dragon Age. On est en présence d’un chef d’œuvre pur et simple et rares sont les critiques qu’on peut lui apporter, mis à part une certaine sagesse dans les dialogues et une certaine linéarité dans l’exploration. Cela dit, Bioware nous raconte avant tout une histoire et le fait bien. Bon jeu ! …ah et dernière chose, je vous recommande deux mods visuels disponibles sur Dragon Age Nexus : – Project Beauty pour ceux qui changer les visages des différents protagonistes en quelque chose de plus réaliste – et tant qu’à faire, toujours dans le réalisme, Natural bodies et Realistic look histoire d’avoir des personnages nus lorsqu’ils passent du bon temps ensemble au lit (ben oui, quoi…). Graphisme & Sons : 4/5 Interface de combat : 5/5 Scénario : 5/5 Jouabilité (fun) : 5/5
L’expérience m’a montré qu’il n’y avait la plupart du temps pas grand chose à attendre des petites productions de studios indépendants, surtout lorsqu’il s’agit de jeux vendus en ligne uniquement. Il existe pourtant certains cas où la surprise était de taille, comme pour l’excellent Uplink ou encore Aquaria où le manque de moyen a été largement compensé par une idée originale et une jouabilité exceptionnelle.
C’est pourquoi, lorsqu’un ami de longue date, fan de jeux de rôles m’a envoyé le lien vers le site d’Hinterland, je ne me suis pas étendu sur le sujet sur le Lair, tout en suivant le développement de ce titre avec un certain intérêt, au vu du concept qui n’était pas sans rappeler celui de Majesty, que je qualifierai de soft « sublime inclassable ».
Disponible sur Steam ainsi que sur Gamersgate, pour un prix très modique de 19 $, Hinterland vous propose un mélange de gestion primaire de village médiéval mélangé à un jeu de rôle-action, que je détaillerai un peu plus loin.
Graphiquement que dire… Mis à part les magnifiques images fixes pendant les rares chargements, vous aurez droit à une vue de haut de votre personnge et du décors. Si les couleurs ne sont pas désagréables, les graphismes sont acceptables mais c’est assez primaire. Sans être laid, le jeu n’a visiblement pas disposé d’un gros budget. La consolation est qu’il devrait tourner sur des machines très modèstes.
Au niveau du jeu, mis à part une ressemblance certaine avec Majesty que certains ne connaissent pas, on pique un peu à droit et à gauche, entre Magic (le jeu de cartes), les hack’n slashs, les RTS, les jeux de rôles, auquel on rajoute une pincée de Simcity. Bref, on se retrouve avec un mélange assez unique :
Au début du jeu vous aurez tout d’abord à sélectionner un personnage, allant du guerrier, en passant par l’elf archer, l’architecte, le brigand ou autre. Ensuite vous entrez dans le jeu proprement dit. Vous verrez alors un bâtiment, qui représente votre centre du village, et votre personnage à coté, avec dans une barre de menu les quelques objets dont il est équipé. Arriveront alors des visiteurs. Il seront deux à arriver au village, d’une classe et d’une puissance aléatoire. Vous pourrez alors, si vous en avez les moyens, en sélectionner un, et lui construire une maison afin qu’il devienne villageois. Selon sa profession, celui-ci pourra vous fabriquer des armes s’il est forgeron, produire de la nourriture s’il est fermier, chasseur, ou encore de l’or, s’il est marchand, diseur de bonne aventure, etc… Il pourront également être plûtot dans le style combattant ou jeteur de sorts.
Afin de gagner des resources vous aurez aussi à explorer la carte, tuer des monstres errants, et pour cela vous pourrez vous faire accompagner par les villageois. Il vous appartiendra alors de l’équiper avec des armes fabriquées ou récupérées sur les monstres, d’éviter de le faire tuer (Qui produira de la nourriture si vous vous faites tuer votre fermier au début du jeu ?). Une fois un secteur de la carte « nettoyée », celui-ci sera considéré comme « libéré » et vous gagnerez de la réputation en conséquence. Bien entendu cette réputation vous permettra d’attirer dans votre village des visiteurs plus puissants, et plus intéressants à recruter. De temps à autre, le Roi vous enverra des requêtes (envoie-moi x unités d’or, de nourriture, …). A vous de voir si vous souhaitez les honorer ou si vous refusez, ce qui vous coûtera de la réputation.
Au fur et à mesure de l’avancée du jeu, d’autres visiteurs passeront en ville (deux à la fois si vous n’avez pas de structure d’accueil, plus si un aubergiste s’est installé dans votre village), vous en inviterez certains à rester et votre ville, de quelques maisons finira par comprendre une bonne vingtaine de bâtiments.
A celà se rajoute une gestion des régions à libérer en fonction du niveau (indiqué) des monstres errants qui y demeurent et de la resource qui s’y trouve. A chaque zone à libérer, se trouve une resource, telle que de l’eau (permettra l’agrandissement des fermes par l’irrigation), du gibier (utile pour les trappeurs pour produire plus de nourriture), des portails magiques (permet le recrutement de mages), ou même des cimetières (nécessaires pour pouvoir recruter un nécromant) ou des cavernes à Dragon (permet aux éleveurs dee bétail d’élever un Dragon). Vous trouverez aussi sur les monstres des
Bref, le joueur aura fort à faire entre jongler entre les resources à produire, les monstres à combattre, l’or à trouver, la ville à défendre, etc…
Tout cela est intégré dans la fenêtre de jeu et le tour de force est d’avoir allié avec harmonie autant de choses à gérer dans un seul et même écran.
Ce qui par contre est un peu décevant est le côté primaire, répétitif et assez rébarbatif des combats. Pour nettoyer une zone, il faudra combattre des dizaines d’ennemis en les martelant de coups jusqu’à ce qu’ils tombent. Alors fort heureusement le bouton de la souris n’aura qu’à rester enfoncé, mais l’intérêt du combat s’en trouve quelque peu amoindri. Pas de parchemins de sorts, pas de potions aux effets exotiques, juste quelques potions de soins qui vous permettront de récupérer des points de vie. Certes, vous trouverez des armes ou des armures de puissance variable, mais le manque de diversité n’est pas très engageant. Ce ne sont pas non plus les décors qui vous donneront envie d’explorer. Au final, l’ajout de l’exploration et la gestion du personnage trop primaire en fait préférer le bon vieux Majesty, qui n’offrait pourtant pas cette option. Dommage.
Contrairement à son ancêtre, il n’y aura non plus pas de scénario global. Vous sélectionnez la taille de votre carte, la difficulté du jeu et vogue la galère. Vous êtes partis pour quelques heures de jeu jusqu’à ce que vous ayez nettoyé l’ensemble de la carte et qu’un écran vous indique que vous avez gagné sur cette carte.
Alors que dire… Hinterland est pourtant pour moi une excellente surprise, offrant quelques heures de jeu agréable. Ce plaisir est malheureusement un peu de courte durée, puisque la lassitude s’installe au vu de son système système de combat en temps réel un peu pauvre et des graphismes un peu trop dépouillés.
Il me faut un peu relativiser ces critiques. Non seulement on sent que l’éditeur suit son jeu, avec la création depuis sa sortie de deux nouvelles classes de personnages jouables, mais il faut ajouter que tout bien considéré, au fonds, pour un jeu développé par un petit studio, avec peu de moyens et vendu en ligne 19 Euros, il est clair qu’il s’agit d’un excellent investissement.
Je ne peux donc que recommander ce jeu au vu de son originalité. Il est clair que certains éditeurs feraient bien d’en prendre de la graine, plutôt que de nous resservir jusqu’à la nausée les mêmes plats réchauffés même s’ils sont cachés dans leurs plus beaux habits. Graphiques & sons : 2/5 Interface de Combat : 2/5 Interface générale et gestion de ville : 4/5 Jouabilité (fun) : 4/5