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The Witcher : Enhanced Edition

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Ah ben, il était temps !! Nous n’avions pas encore fait d’article sur The Witcher : Enhanced Edition, c’est maintenant réparé. Un test ? Pas vraiment, plutôt une synthèse, je dirais… C’est avec un peu de recul que nous allons donc parler de The Witcher, puisque la version originale a déjà plus de deux ans, que l’Enhanced Edition qui est l’objet de cet article date de septembre 2008 et que dernièrement, sa suite The Witcher 2 : Assassins of Kings a été officialisée. 

 

Il s’appelait Geralt de Riv…

C’est ainsi que débute le conte d’un jeu qui est entré par la grande porte dans l’univers des RPG. Lorsqu’un jeu vous touche au point de vous dire qu’il y a un avant et un après The Witcher dans votre vie de joueur, vous pouvez vous dire que vous êtes en face d’un monument du genre, mais encore faut-il l’expliquer. J’espère que cet article contribuera à amener de nouveaux joueurs à ce jeu, et ainsi qu’ils puissent ressentir autant de joie que j’ai pu éprouver en y jouant. Bien sûr, il ne plaira pas à tout le monde, alors, j’essayerai  aussi de citer les éléments qui peuvent rebuter certains.

Le moindre mal…

Tout d’abord, The Witcher est l’adaptation d’un personnage de roman de l’auteur polonais Andrzej Sapkowski. Le sorceleur (son nom en français), s’appelle Geralt de Riv. C’est un humain ayant subi pour son apprentissage des mutations, un chasseur de monstres appartenant à une caste en déclin, dont il est l’un des derniers représentants.

Il évolue dans un monde instable, rongé par les enjeux politiques, les rivalités, les guerres et la misère et où les races qui le peuplent sont souvent guidées par la rancœur et la haine. Cet univers médiéval fantastique crépusculaire, exempt de tout manichéisme, est rempli de nuances. Aucun choix n’étant parfait, c’est le moindre mal qui prime dans les décisions de Geralt de Riv, et la voie qu’il prend peut être suivie de fâcheuses contreparties. C’est dans cet esprit que The Witcher nous invite à endosser et incarner le rôle du sorceleur, personnage charismatique, souvent cynique, sujet par sa mutation à la crainte et l’hostilité de ses concitoyens mais aussi à la convoitise du beau sexe.

Incarner le sorceleur…

Les développeurs du jeu : CDProjekt Red, ont tenu à être fidèles à l’œuvre de Sapkowski. Ainsi, on ne jouera pas un inconnu sans existence antérieure, ce qui change de la plupart des RPG occidentaux existants. Ici, pas de passage par la case création de personnage, mais un background que peu de personnage de jeu vidéo peuvent se targuer de posséder.

L’intrigue tourne autour de Geralt de Riv et c’est à lui d’en dénouer les ficelles. Pas d’alignement non plus, ceci étant dû à la nature même de Geralt. De plus la complexité de ce monde ne peut se résumer à rester cantonné à un type de comportement, il n’y aura donc ni bon, ni mauvais choix, mais des situations faisant appel à notre intime conviction quant à la prise de position, ou non, face aux événements.

Les répercussions de ces choix étant visibles bien après  la résolution de la quête, il devient alors dérisoire de chercher par des sauvegardes à savoir quelle est la plus intéressante. Ce qui implique de faire des choix moins calculés et beaucoup plus personnels. Ne cherchez pas de lien avec Baldur’s gate, Elder’s scroll, Neverwinter Night et plus récemment Dragon Age, il n’y en a pas.

Une touche de réalisme dans un univers fantastique…

Différence notable, il est rare dans un univers médiéval fantastique de rechercher un certain réalisme dans les éléments de jeu, la tendance étant plutôt à l’irréalisme le plus débridé. Ici, toute potion consommée constitue un poison pour Geralt et une surdose provoquera l’intoxication menant à la mort. Concernant les capacités de notre personnage, il ne pourra porter plus que ce qu’un humain normalement constitué est capable d’engranger sur soi : ce qu’il peut porter se limite aux emplacements libres, donc pas moyen de récolter à tout va.

Geralt est un combattant au corps à corps, spécialisé dans les épées à deux mains, une en acier pour les humains et une en argent pour les monstres, avec trois types de combat suivant l’ennemi qui se présente à lui (puissant, rapide et groupe).  Ceci définit en soi les types de combat au corps à corps du jeu. Les épées en acier feront moins de dégâts aux monstres que celles en argent, d’où la nécessité en plein combat de passer d’une arme à l’autre.

Ces techniques de combat basées sur les enchaînements, se font en respectant un rythme alignant les combos, et peuvent se mêler à la magie pour provoquer des fatalités (décapitation, acrobaties meurtrières, empalement, etc.).  Cependant Geralt a d’autres possibilités de combat en lançant des bombes, en posant des pièges et en utilisant différents types de magie.

L’Alchimie dans ce jeu est d’une grande importance et elle est très développée, mais pour en savourer toute sa portée, il est recommandé de jouer en difficile, afin qu’elle soit indispensable pour pouvoir avancer. Pour avoir connaissance  d’une potion, encore faut-il en apprendre la formule, même s’il est toujours possible de faire des potions sans connaître exactement la portée des effets en résultant. Et cette connaissance n’est possible que si le Sorceleur améliore certaines de ses capacités pour arriver à déchiffrer la formule et en connaître les composantes.

Nous retrouvons aussi ce réalisme dans les différentes ambiances du jeu, à tel point qu’il m’est arrivé de passer de longs moments à la taverne rien que pour le plaisir d’y être et d’amasser de rondelettes sommes d’argent aux dés entre un tournoi de combat à main nue (pugilat) et une vodka aux herbes de Redania (hhhooouuu c’est fort !!!).

Comme il est grisant de faire boire ses interlocuteurs jusqu’à plus soif pour leur délier la langue et, une fois l’information obtenue, sortir tant bien que mal dehors, la vision altérée par les excès éthyliques provocants une houle plus vraie que nature, et se retrouver attaqué à distance par un ennemi qu’il nous est impossible de localiser tant notre vision est troublée dans cette nuit sans lune… et finir les tripes à l’air parce que notre démarche nous permet à peine de mettre un pied devant l’autre.

Des Map fermées pour une aventure grandiose…

Au niveau « role-play », The Witcher est incontestablement, pour ma part, ce qui s’est fait de mieux dans les jeux vidéo, c’est ce que j’ai trouvé de plus proche, en terme de sensation, de mon expérience de jeu de rôle sur table, on vit les situations plus que dans n’importe quel autre RPG. De plus l’immersion est totale puisque les dialogues sont entièrement doublés, y compris la globalité des répliques de notre personnage, fait extrêmement rare pour être signalé, surtout dans un RPG.

L’univers grouille de vie, nous faisons corps avec l’environnement, l’ambiance générale, la musique, les bruitages, tout y est superbement retranscrit pour nous emporter dans l’aventure. Pour être dans la lignée des romans, les développeurs ont fait un travail remarquable au niveau de l’écriture du scénario, les dialogues, dont certaines répliques sont mémorables, allient drôlerie et pensées profondes.

Il y a aussi beaucoup de richesse dans les différents ouvrages à lire (dont certains ont une réalité historique, cf : le Physiologus) qui contiennent pas mal d’informations sur l’univers de Sapkowski. Il n’y a pas beaucoup de redondance dans les quêtes proposées qui sont de façon générale originales : ainsi on se verra devenir enquêteur, pour résoudre des querelles autrement que par les armes, on participera à des fêtes, on aura même des discussions philosophiques entre amis. Bref des évènements qu’on ne trouve pour ainsi dire jamais dans les jeux vidéo.

Esthétisme et harmonie…

Un autre atout de The Witcher tient dans sa recherche esthétique. Même s’il n’est pas du tout dernier cri, le jeu est magnifique en soi de part ses graphismes (surtout quand on sait que c’est le même moteur que Neverwinter Night) la gestion du temps et des climats, mais ce qui m’a le plus marqué, est cette recherche du détail dans tous les éléments du jeu. Telles des peintures de Caspar David Friedrich, certains décors posent vraiment une ambiance lugubre et envoûtante. La multitude d’artworks différents qui parsème les écrans de chargement, les flashback ainsi que les cartes érotiques sont d’une qualité remarquable.

Tous les lieux sont agencés avec un réel soucis architectural, il y a une ergonomie des villes et villages où les bâtiments très soignés et réalistes de style gothique forment vraiment des ensembles très cohérents avec leurs différents quartiers et places, on y trouve des quartiers riches et pauvres magnifiés par la vie qui en émerge (sans parler des détails des décors et des intérieurs, affiches, mobilier, etc.) ainsi que les bruitages  réalistes fort bien intégrés qui rendent les endroits plus vrais que nature.

Les pleurs des bébés à l’intérieur de maisons, mêlés aux bruits de la foule dans les bouges du quartier du temple et à la voix des mendiants quémandant quelques piécettes sont des instants qui vous interpellent, tellement l’ambiance y est bien rendue. Les milieux ruraux ne sont pas en reste tout comme les intérieurs, les costumes, les armures et les armes. On imagine facilement tout le travail et la recherche qu’il a fallu en amont pour en arriver à ce résultat, car on sent que les créateurs sont des artistes qui se sont documentés sur des sources médiévales pour façonner le monde de The Witcher, ceux qui possèdent le magnifique artbook de la première édition collector le savent, c’en est stupéfiant. I

l n’y a aucune place laissée au hasard, tout a été dessiné dans le moindre détail. A noter aussi une certaine originalité dans la présentation de l’interface. Pour ce qui est des ambiances et de la musique, c’est du très haut niveau, les thèmes collent parfaitement, les musiques sont épiques, teintés de consonances slaves, ce qui renforce l’empreinte si particulière du jeu.

Ce qui peut déplaire…

Puisque l’Enhanced Edition a été réalisée pour remédier à certains soucis, je ne vais pas ici relater les différents points qui ont été retravaillés comme les temps de chargement ou autre. Mais je vais essayer ici de lister les différents éléments qui peuvent ne pas être appréciés dans The Witcher. Tout d’abord, je pense que ce jeu ne s’adresse pas aux joueurs pour qui un RPG ne peut se concevoir qu’avec un  espace complètement ouvert et une création de personnage. 

The Witcher, c’est incarner un personnage de roman : Geralt de Riv, qui évoluera dans des lieux servant de fil conducteur au scénario. Ensuite, ce jeu n’est pas non plus destiné aux personnes pour qui un bon RPG  rime avec grosbillisme : ici pas de centaines d’armes et armures à collectionner, ni de magie plus dévastatrice qu’une explosion nucléaire. L’univers de The Witcher n’est en rien comparable à celui des autres RPG médiéval fantastique sauce Donjons et Dragons, il y a une certaine dose de réalisme dans ce monde comme je l’ai expliqué plus haut.

 The Witcher ne privilégie pas les combats ; bien que ceux-ci soient présents, ils ne constituent pas la plus grande partie du jeu. Le jeu fait la part belle aux dialogues, aux intrigues, à l’ambiance ; c’est une expérience différente de celle généralement proposée dans ce style, beaucoup plus « role-play ». Si j’avais à faire un rapprochement avec un autre RPG, ce serait vers Vampire : Bloodlines que je me tournerais, le monde est complètement différent, mais The Witcher a  beaucoup plus en commun avec ce jeu qu’avec l’ensemble des jeux du genre médiéval-fantastique existant.

Pour conclure, en un seul jeu, CD Projekt Red a réussi à hisser The Witcher au statut de référence du genre, non content de leur premier jet, ils ont remis les couverts, pour enfoncer le clou, améliorant le jeu, proposant deux nouvelles aventures, offrant un maximum de bonus. Aujourd’hui, par leur écoute auprès de la communauté ainsi que par la mise à niveau gratuite des premières versions du jeu, ils avancent.

complètement à contre courant de l’optique marketing de l’ensemble de la profession et je les invite à continuer dans cette voie. Un souffle nouveau est venu de Pologne pour notre plus grand plaisir, la passion les anime et la suite s’annonce sous les meilleurs auspices, malgré des passages difficiles. Le coup de maître de CD Projekt Red a été non seulement de s’imposer dès leur premier jet, en créant un jeu figurant maintenant parmi les grands noms du RPG, mais aussi de faire découvrir tout une littérature aux personnes ayant acheté ces jeux. N’en doutez pas, c’est grâce au succès du jeu qu’aujourd’hui il y a suffisamment de demandes pour éditer en livres la saga du sorceleur, et sortir Geralt hors de Pologne.

Donc si vous voulez poursuivre l’aventure, comptez sur la richesse de ce monde en vous plongeant dans les romans. Et si vous en voulez plus et que le jeu de rôle sur table vous intéresse, allez jeter un œil du côté du blog de Siwukyl.

+ Un scénario hors du commun
+ Un vrai RPG très complet
+ Des musiques somptueuses
+ De beaux graphismes
+ Du contenu supplémentaire gratuit

Note testeur 09 sur 10

– Temps de chargement encore longs
– Action trop confinée

La vision de Killpower :
The Witcher, le jeu plébiscité par les rôlistes pour sa qualité d’écriture, de scénario et son graphisme hors norme. Il était temps que je m’y colle pour voir ce que cela allait donner. Hé bien, je peux le dire, ce jeu n’est pas pour moi. Même s’il propose une immersion des plus complètes, le système de combat qui représente au moins 50% du jeu au moins est à jeter aux oubliettes. Je ne supporte pas ce système qui est totalement ridicule et trop simpliste pour un jeu qui se montre si complet dans les autres domaines (on se croirait dans un jeu de rythme à la Guitar Hero, à appuyer sur le bon bouton au bon moment). Non vraiment, ce système de combat est une horreur. Et c’est vraiment dommage pour le reste !
06/10

Venetica

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Les développeurs allemands de Deck 13 sont avant tout connus pour leurs jeux d’aventures en point’n’click. La série Ankh ou le jeu Jack Keane ont connu un succès d’estime mérité grâce à des graphismes cartoon réussis et un humour omniprésent. Aujourd’hui, Deck 13 s’attaque aux RPG avec Venetica. Le style est toujours le même, mais l’humour a laissé la place à une intrigue plus sombre au cœur de la cité des Doges. Scénario mature et style « cartoonesque » feront-ils bon ménage ?

La jeune fille et la mort.

Avant de poursuivre votre lecture, je vous conseille de mettre une musique douce et mélancolique en fond sonore. C’est bon ? OK, c’est parti alors. Il était une fois, une belle jeune fille qui vivait dans un village au sommet d’une montagne. Son nom était Scarlett. La damoiselle était orpheline et avait été élevée par sa vieille tante moche mais sympa. Comme elle était très belle, elle avait un amoureux avec une grosse… épée, du nom de Bénédict. Un jour, durant une fête de village très ennuyeuse, des assassins attaquèrent la bourgade. Ils brûlèrent tout le village et s’en prirent à Scarlett.

Bénédict, son doux chevalier servant, s’interposa et y perdit la vie. Il rendit son dernier souffle dans les bras de sa belle, lui jurant d’être toujours à ses côtés. La jeune femme, noyée par le chagrin, sombra dans l’inconscience. Elle se réveilla dans un autre monde : le monde nébuleux de la mort. Cette dernière était justement là, à l’attendre. La Mort s’adressa à Scarlett en ces mots: « Scarlett ! Je suis ton père… Je vais t’aider à te venger de ceux qui t’ont fait du mal en te donnant certains pouvoirs des morts. » Scartlett jura alors de se venger des vils marauds ayant eu l’audace de détruire son beau village de San Pasquale, et surtout d’avoir ôté la vie de son bien-aimé.

Sa soif de justice la mènera jusqu’à Venise afin de déjouer les plans machiavéliques du vilain Doge et de son maître maléfique : Victor.


A présent vous pouvez couper la musique. Alors, ça donne envie hein ? Comment ça, non ? Bon il faut bien reconnaître que le pitch de départ sent bon la mièvrerie. J’avoue également qu’au bout d’une heure j’en avais plein les bottes. Toutefois je n’allais pas faire un test sur une heure de jeu, vous méritez mieux (sauf toi qui te cure le nez devant ton écran). En bref, j’ai persévéré et finalement, j’ai bien fait. Voyons cela plus en détail. Venetica se présente sous la forme d’un RPG tout ce qu’il y a de plus basique. Vous démarrez donc l’aventure dans un petit village, puis le scénario vous conduira à Venise et même en Afrique. Vous combattez en temps réel un bestiaire pas très étoffé et gagnez de l’expérience.

Cette dernière vous permettra d’allouer des points dans diverses catégories comme la force ou la constitution. Vous gagnerez également des points d’apprentissage vous permettant de développer les capacités de Scarlett auprès d’entraîneurs selon deux écoles différentes : le combat et la magie. La jeune Scarlett ayant tous les attraits d’une femme « Barbara Gourde », mais sans le charisme d’une Lara Croft ou plus récemment d’une Miranda (voir Mass Effect 2), on s’attendait au pire. Malgré tout, la belle sait manier plusieurs types d’armes, allant de l’épée au couple lance / bouclier, en passant par le marteau de guerre. Certains ennemis sont d’ailleurs plus vulnérables face à certaines d’entre elles, ce qui donne un côté stratégique plaisant aux combats.

Le jeu est assez linéaire, il faut bien l’avouer, surtout au début. Vous ferez de nombreux aller-retour entre le village et une mine de cuivre non loin de là. Vous rencontrerez au passage nesto et Don, deux cousins, qui vous apprendront le crochetage de serrures. Ces messieurs vous montreront une combinaison de couleurs qu’il faudra ensuite reproduire afin d’ouvrir coffres ou portes. Le système est original mais devient vite lassant car trop facile et extrêmement répétitif. L’aventure prend toute son ampleur lorsqu’on arrive à Venise. L’effet « couloir » du début laisse place à plus d’espace et à un semblant de liberté. La ville est divisée en cinq quartiers qui représentent chacun un niveau.

Ce niveau comporte plusieurs quêtes plus ou moins intéressantes et se concrétise par un boss, l’un des généraux de Victor. Vous rencontrerez de nombreux personnages avec qui faire la causette et pourrez explorer la ville des catacombes jusqu’aux toits. Rien de bien original au final, l’ensemble est agréable mais sans plus.

La mort vous va si bien … Quoique ….

Venetica est donc un RPG moyen mais plaisant. Toutefois là où le titre a du mal à convaincre, c’est sur un plan plus technique et artistique. Les développeurs ont fait le choix de conserver le style cartoon qui collait très bien à leurs titres précédents, mais ils ont également laissé tomber l’humour qui caractérisait un titre comme Ankh (leur seul autre titre auquel j’ai joué, je l’avoue). Résultat, on se retrouve avec une intrigue plus ou moins mature affublée de graphismes enfantins.

Certains apprécieront peut-être le mélange des genres, mais personnellement je ne suis pas client. La réalisation est, qui plus est, en demi-teinte. Certaines textures sont magnifiques, tandis que d’autres sont grossières ou clignotent, et le HDR utilisé à outrance ne cache pas la pauvreté de l’ensemble. Le level design souffre du même problème en fonction des quartiers visités. Les rues sont vides et manquent de vie. Certaines bonnes idées sont toutefois présentes avec le cycle jour / nuit qui fait que les commerces sont fermés la nuit et que les rues sont moins sûres. Mais l’ensemble reste modeste et ne serve pas l’intrigue, dommage.


Autre point noir, les animations. Si le personnage principal et les ennemis ne s’en sortent pas trop mal, les PNJ ont une animation indigne d’un jeu de 2010, en voir un courir frise le désastre par exemple. Côté son, même topo : si certains thèmes musicaux sont agréables, les sons d’ambiance se font trop discrets, les rues sont nimbées de silence hormis quelques grincements de bois ou murmures. Difficile d’imaginer le marché vénitien sans bruit de foule et éclat de voix.

Pour l’immersion c’est un peu raté. Le doublage français est, dans l’ensemble, de qualité et sauve un peu les meubles. Quelques bugs de collision pendant les combats ou d’affichage sont également à déplorer, ainsi que quelques freeze, mais cela n’empiète pas trop sur le plaisir de jeu. L’optimisation du titre aurait aussi mérité plus d’attention, car de nombreuses chutes de framerate se font sentir. Si cela n’avait pas d’incidence avec la machine de test, une config plus légère pourrait accuser le coup. En bref la liste de défauts est hélas assez longue et cela me peine de l’avouer.

Je dis que cela me peine car malgré tout cela, on sent qu’il y a du travail derrière et, mine de rien, après un début laborieux, j’ai pris plaisir à suivre l’aventures de la petite Scarlett jusqu’à son dénouement final après dix-huit heures de jeu. La durée de vie est donc correcte, par contre une fois fini on n’a pas envie de s’y remettre. Certes durant le jeu, on peut rejoindre une guilde, sur les trois présentes en ville, qui a ses propres quêtes; mais je n’ai pas envie de recommencer pour les connaître. De plus certains dialogues laissent penser que l’on peut influencer certains tournants de l’aventure, mais encore une fois cela ne pousse pas à refaire le jeu.

En conclusion, je dirais que le jeu a pas mal de défauts. Les animations sont bancales, les graphismes sont inégaux, l’ambiance sonore est plate, et le scénario ne casse pas des briques. Bref on pourrait dire que c’est un mauvais jeu. Bah non, je ne le dirais pas car malgré tous ses défauts, le jeu est agréable à prendre en main et se promener dans Venise nous change un peu des RPG médiévaux ou futuristes de ces derniers mois.
Le titre est sans doute davantage destiné à de jeunes joueurs ou à des débutants en RPG, toutefois j’y ai pris du plaisir. Dans un style un peu identique à un Divinity II, Venetica n’arrive pas à convaincre face au titre de Larian, et c’est dommage car le potentiel est là. Une démo jouable existe, n’hésitez pas à l’essayer avant d’acheter. Sans doute un coup d’essai pour Deck 13, espérons une suite qui évitera les écueils du premier.

+ Assez addictif malgré ses défauts.
+ Environnement sortants des standards habituels.
+ Durée de vie correcte.
+ Quelques bons passages.

Note testeur 06 sur 10

– RPG moyen à tous les niveaux.
– Mise en scène un peu fade.
– A réserver aux débutants.
– Trop linéaire.

Dragon Age : Origins – Test 2

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Très attendu chez les amateurs de jeux de rôles, et en développement depuis plus de 4 ans, Dragon Age – Origins est le dernier né de Bioware, à qui l’on doit nombre de jeux de rôles de qualité, depuis la série vénérable Baldur’s Gate jusqu’à plus récemment des titres comme Mass Effect ou Starwars : Knight of the Old Republic. Annoncé comme un retour aux sources du jeu de rôle, avec une jouabilité proche de Baldur’s Gate, Dragon Age s’est affranchi de la série des règles de Donjon & Dragons et c’est un monde et un système de progression du personnage totalement nouveau qui nous est proposé.

Dès les premières minutes, de jeu, force est de constater que les musiques sont remarquables mais que les graphismes sont un peu en retrait. Le jeu est assez joli, mais les personnages sont parfois assez anguleux, et les visuels font penser à ce qui se faisait il y a quelques années. De là à dire que le jeu est laid est un pas que nous ne franchirons pas. Les environnements sont soignés, les décors variés, et la mise en scène de qualité, c’est le moins que l’on puisse dire. Les animations, quant à elles, si elles ne sont pas transcendantes lors des déplacements, restent tout à fait correctes dans les combats, et encore bien meilleures lors des cinématiques utilisant les modèles du jeu. Visiblement Bioware s’est donné beaucoup de mal, mais le temps de développement inhérent à un jeu d’une telle envergure a été facteur d’un petit retard par rapport aux technologies actuelles. Le Geek se consolera en constatant que le jeu tourne très bien sur de petites configurations.

Si Dragon Age est sous-titré « Origins », ce n’est pas seulement pour le retour aux sources de Baldur’s Gate. C’est surtout parce que le jeu vous propose de vivre une aventure différente pendant les premières heures de jeu en fonction de votre race (humain, elf ou nain) et votre classe de personnage (guerrier, voleur ou mage). Si ce choix de race/profession ne parait pas énorme, le joueur aura la possibilité par la suite de se spécialiser vers des professions spécifiques, à la condition de trouver un entraîneur acceptant de l’entraîner dans le domaine souhaité. En fait, au vu de la personnalisation de l’aventure, Bioware pouvait difficilement donner accès à trop de classes différentes dès le début du jeu. Avec les différentes combinaisons, ce n’est pas moins de six manières de démarrer le jeu qui seront disponibles.

Cette volonté de personnalisation de l’histoire se fera à tous niveaux du jeu, que ce soit à lors des premières heure de jeu, mais aussi par la suite dans les dialogues pendant toute la durée du jeu, qui seront, malgré le fait qu’ils aient été enregistrés, totalement personnalisés en fonction de la race, de la profession, des réponses données et détermineront la suite de l’histoire. Dans l’optique de Bioware, et c’est déjà quelque chose de constaté dans Mass Effect par exemple, le joueur doit avoir une liberté totale dans ses choix relationnels entre les personnages et le monde, mais aussi au niveau des relations entre les différents personnages de votre groupe. Le sujet sera développé à un tel point que le jeu gèrera la « côte d’amour » de votre personnage vis à vis de ses compagnons. A vous de ne pas trop leur déplaire si vous voulez les garder en tant qu’alliés, ou d’avoir un comportement proche de leurs convictions si vous voulez qu’ils vous offrent certains avantages (pas seulement au niveau visuel…), mais au niveau de leurs compétences. Les dissensions entre certains membres du groupe pourront s’envenimer à un tel point que cela pourrait conduire à la mort de l’un ou de l’autre… Vous voilà prévenus.

L’exploration du monde, quant à elle se déroule sur une carte globale, où il vous suffira de cliquer sur les quelques points d’intérêt pour les atteindre. Mis à part quelques rencontres aléatoires, ce sera lorsque le joueur sera arrivé à destination qu’il se retrouvera dans une zone de jeu, confronté à diverses quêtes et problèmes à résoudre. On revient ici à du grand traditionnel. L’exploration de zones de jeux très linéaires, avec de nombreux dialogues, menant à des combats encore plus nombreux. A noter que le monde, aussi vaste et varié qu’il soit, reste géré en zones de jeux fermées, dans lesquels seuls quelques objets seront cliquables afin de récupérer des objets ou des informations sur le scénario. On en vient à se promener avec la touche « tab » enfoncée afin de repérer les quelques objets activables pour ne rien louper. Le comble du ridicule dans une bibliothèque où seuls quelques livres sur les centaines en présence sont consultables. On est loin d’un Ultima ou même d’un Oblivion où tous les objets pouvaient être déplacés. C’est un peu dommage.

Au niveau du système de combat on est dans le grand classique du temps réel avec pause. On nous parlait de retour aux sources de Baldur’s Gate, c’est chose faite… avec de nettes améliorations. Le jeu gère une caméra d’exploration en vue de dos de votre personnage, et en cas de combat, le joueur peut arrêter l’action, changer de vue de caméra en dé-zoomant et en donnant les ordres à chacun de vos personnages pendant la pause, avant de reprendre l’action. Les combats seront de ce fait intéressants, d’autant plus que la gestion des dégâts des sorts amis est gérée, et que la combinaison des sorts est un élément indispensable pour vaincre les combats les plus exigeants. En effet , si la gestion des coups spéciaux de vos combattants est importante, la gestion des sorts l’est encore plus, avec pour donner un exemple, un sort de poing de pierre sur un de vos adversaire gelé qui vous permettra de le faire voler en éclat.

On pourrait croire que ce genre de mouvements serait la cerise sur le gâteau pour faciliter un combat, mais Dragon Age est un jeu qui nécessite dans les combats une vigilance accrue, mais également une utilisation intelligente des sorts et compétences complémentaires. Pas question de se laisser aller en espérant une victoire facile, vos adversaires bénéficiant des mêmes capacités, un combat mené avec des attaques « standard » finira le plus souvent par la victoire de l’adversaire. Pourtant l’intelligence artificielle de vos compagnons se débrouillera bien. Le jeu vous proposera même de « reprogrammer » totalement le comportement de vos compagnons, en suggérant l’utilisation de telle ou telle compétence, en fonction de la vie ou de l’état d’un adversaire ou d’un membre du groupe. Bref, un système de combat souple, passionnant mais exigent à un tel point que je ne recommande pas d’entamer une partie à un joueur fatigué après une journée de travail trop exigeante…

Qui dit combat dit expérience et évolution du personnage. Le jeu gère les classiques montées de niveau, avec quelques compétences, mais également avec, à chaque niveau, un point de sort ou de capacité que le joueur pourra débloquer. C’est du classique, mais extrêmement bien pensé. On pouvait craindre un système un peu boiteux, car développer un système de développement de personnage est quelque chose de complexe, et arriver à un équilibre est quelque chose de difficile, mais c’est une franche réussite.

Au niveau du scénario, et c’est un élément déjà abordé, Dragon Age vous permet nombre de choix et de personnalisation de l’histoire que vous vivrez. A la base, vous avez le scénario principal, bien trouvé. L’engeance est une résurgence périodique d’êtres innommables. Votre histoire, quelle qu’elle soit vous mènera à rejoindre l’ordre des gardes des ombres qui combattent l’engeance. Sans rentrer dans le détail du scénario et de ses rebondissements, il vous faudra voir les différentes factions du monde (mages, nains, humains et elfes) afin de les rallier et de combattre l’engeance. Bien entendu, chacune de ces factions aura ses problèmes qu’il vous faudra résoudre.

On est dans du grand classique, et vos décisions quant la gestion des problèmes des différentes factions seront au final celles qui décideront des conséquences indirectes de votre combat contre l’engeance. Bref, nous sommes dans une trame de fonds médiévale fantastique proche des clichés du genre, mais avec des dialogues et des conséquences qui seront déterminées par vos actes. A tout cela il faut rajouter de nombreuses scènes intermédiaires, avec des dialogues très intéressants, voire parfois assez piquants (on reste quand même loin de The Witcher à ce niveau). Il faut reconnaître que Bioware sait raconter des histoires, et surtout qu’ils savent les rendre intéressantes.

Un dernier mot et un coup de gueule concernera la politique commerciale d’Electronic Arts et la vérification en ligne du contenu du jeu. Pour ma part, comme tout consommateur, j’ai acheté mon jeu qui était fourni avec quelques codes d’activation pour des objets « bonus » dans l’inventaire. Je ne parlerai pas de la galère nécessaire pour créer un compte en ligne et surtout trouver l’endroit où activer ces fameux codes d’activations, mais surtout des vérifications à postériori. Apparemment à chaque lancement de votre jeu, Dragon Age se connecte sur le site de Bioware et vérifie que vous avez accès auxdits objets. Bien entendu, cette vérification prends du temps, et il m’était interdit de lancer une sauvegarde sans cette connexion (sauf en perdant lesdits objets), connexion qui parfois ne pouvait se faire.

Bref, le système était parfois défectueux et je trouve totalement honteux de pénaliser un utilisateur avec des vérifications intempestives pour une poignée d’objets bonus. C’est surtout en jeu que la moutarde m’est montée au nez, lorsque certains dialogues du jeu vous mène à une page d’achat de contenu additionnel. Une politique commerciale incitant le piratage à proscrire totalement, …si quelqu’un d’Electronic Arts me lit, qu’il fasse remonter l’info.

Bref, si on met de coté ce problème de DRM, que dire de Dragon Age ? Très simple. S’il y a un jeu qui mérite le label d’excellence pour 2009, c’est bien Dragon Age. On est en présence d’un chef d’œuvre pur et simple et rares sont les critiques qu’on peut lui apporter, mis à part une certaine sagesse dans les dialogues et une certaine linéarité dans l’exploration. Cela dit, Bioware nous raconte avant tout une histoire et le fait bien. Bon jeu !
…ah et dernière chose, je vous recommande deux mods visuels disponibles sur Dragon Age Nexus :
– Project Beauty pour ceux qui changer les visages des différents protagonistes en quelque chose de plus réaliste
– et tant qu’à faire, toujours dans le réalisme, Natural bodies et Realistic look histoire d’avoir des personnages nus lorsqu’ils passent du bon temps ensemble au lit (ben oui, quoi…).
Graphisme & Sons : 4/5
Interface de combat : 5/5
Scénario : 5/5
Jouabilité (fun) : 5/5

Hinterland – Test 2

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L’expérience m’a montré qu’il n’y avait la plupart du temps pas grand chose à attendre des petites productions de studios indépendants, surtout lorsqu’il s’agit de jeux vendus en ligne uniquement. Il existe pourtant certains cas où la surprise était de taille, comme pour l’excellent Uplink ou encore Aquaria où le manque de moyen a été largement compensé par une idée originale et une jouabilité exceptionnelle.

C’est pourquoi, lorsqu’un ami de longue date, fan de jeux de rôles m’a envoyé le lien vers le site d’Hinterland, je ne me suis pas étendu sur le sujet sur le Lair, tout en suivant le développement de ce titre avec un certain intérêt, au vu du concept qui n’était pas sans rappeler celui de Majesty, que je qualifierai de soft « sublime inclassable ».

Disponible sur Steam ainsi que sur Gamersgate, pour un prix très modique de 19 $, Hinterland vous propose un mélange de gestion primaire de village médiéval mélangé à un jeu de rôle-action, que je détaillerai un peu plus loin.

Graphiquement que dire… Mis à part les magnifiques images fixes pendant les rares chargements, vous aurez droit à une vue de haut de votre personnge et du décors. Si les couleurs ne sont pas désagréables, les graphismes sont acceptables mais c’est assez primaire. Sans être laid, le jeu n’a visiblement pas disposé d’un gros budget. La consolation est qu’il devrait tourner sur des machines très modèstes.

Au niveau du jeu, mis à part une ressemblance certaine avec Majesty que certains ne connaissent pas, on pique un peu à droit et à gauche, entre Magic (le jeu de cartes), les hack’n slashs, les RTS, les jeux de rôles, auquel on rajoute une pincée de Simcity. Bref, on se retrouve avec un mélange assez unique :

Au début du jeu vous aurez tout d’abord à sélectionner un personnage, allant du guerrier, en passant par l’elf archer, l’architecte, le brigand ou autre. Ensuite vous entrez dans le jeu proprement dit. Vous verrez alors un bâtiment, qui représente votre centre du village, et votre personnage à coté, avec dans une barre de menu les quelques objets dont il est équipé. Arriveront alors des visiteurs. Il seront deux à arriver au village, d’une classe et d’une puissance aléatoire. Vous pourrez alors, si vous en avez les moyens, en sélectionner un, et lui construire une maison afin qu’il devienne villageois. Selon sa profession, celui-ci pourra vous fabriquer des armes s’il est forgeron, produire de la nourriture s’il est fermier, chasseur, ou encore de l’or, s’il est marchand, diseur de bonne aventure, etc… Il pourront également être plûtot dans le style combattant ou jeteur de sorts.

Afin de gagner des resources vous aurez aussi à explorer la carte, tuer des monstres errants, et pour cela vous pourrez vous faire accompagner par les villageois. Il vous appartiendra alors de l’équiper avec des armes fabriquées ou récupérées sur les monstres, d’éviter de le faire tuer (Qui produira de la nourriture si vous vous faites tuer votre fermier au début du jeu ?). Une fois un secteur de la carte « nettoyée », celui-ci sera considéré comme « libéré » et vous gagnerez de la réputation en conséquence. Bien entendu cette réputation vous permettra d’attirer dans votre village des visiteurs plus puissants, et plus intéressants à recruter. De temps à autre, le Roi vous enverra des requêtes (envoie-moi x unités d’or, de nourriture, …). A vous de voir si vous souhaitez les honorer ou si vous refusez, ce qui vous coûtera de la réputation.

Au fur et à mesure de l’avancée du jeu, d’autres visiteurs passeront en ville (deux à la fois si vous n’avez pas de structure d’accueil, plus si un aubergiste s’est installé dans votre village), vous en inviterez certains à rester et votre ville, de quelques maisons finira par comprendre une bonne vingtaine de bâtiments.

A celà se rajoute une gestion des régions à libérer en fonction du niveau (indiqué) des monstres errants qui y demeurent et de la resource qui s’y trouve. A chaque zone à libérer, se trouve une resource, telle que de l’eau (permettra l’agrandissement des fermes par l’irrigation), du gibier (utile pour les trappeurs pour produire plus de nourriture), des portails magiques (permet le recrutement de mages), ou même des cimetières (nécessaires pour pouvoir recruter un nécromant) ou des cavernes à Dragon (permet aux éleveurs dee bétail d’élever un Dragon). Vous trouverez aussi sur les monstres des

Bref, le joueur aura fort à faire entre jongler entre les resources à produire, les monstres à combattre, l’or à trouver, la ville à défendre, etc…

Tout cela est intégré dans la fenêtre de jeu et le tour de force est d’avoir allié avec harmonie autant de choses à gérer dans un seul et même écran.

Ce qui par contre est un peu décevant est le côté primaire, répétitif et assez rébarbatif des combats. Pour nettoyer une zone, il faudra combattre des dizaines d’ennemis en les martelant de coups jusqu’à ce qu’ils tombent. Alors fort heureusement le bouton de la souris n’aura qu’à rester enfoncé, mais l’intérêt du combat s’en trouve quelque peu amoindri. Pas de parchemins de sorts, pas de potions aux effets exotiques, juste quelques potions de soins qui vous permettront de récupérer des points de vie. Certes, vous trouverez des armes ou des armures de puissance variable, mais le manque de diversité n’est pas très engageant. Ce ne sont pas non plus les décors qui vous donneront envie d’explorer. Au final, l’ajout de l’exploration et la gestion du personnage trop primaire en fait préférer le bon vieux Majesty, qui n’offrait pourtant pas cette option. Dommage.

Contrairement à son ancêtre, il n’y aura non plus pas de scénario global. Vous sélectionnez la taille de votre carte, la difficulté du jeu et vogue la galère. Vous êtes partis pour quelques heures de jeu jusqu’à ce que vous ayez nettoyé l’ensemble de la carte et qu’un écran vous indique que vous avez gagné sur cette carte.

Alors que dire… Hinterland est pourtant pour moi une excellente surprise, offrant quelques heures de jeu agréable. Ce plaisir est malheureusement un peu de courte durée, puisque la lassitude s’installe au vu de son système système de combat en temps réel un peu pauvre et des graphismes un peu trop dépouillés.

Il me faut un peu relativiser ces critiques. Non seulement on sent que l’éditeur suit son jeu, avec la création depuis sa sortie de deux nouvelles classes de personnages jouables, mais il faut ajouter que tout bien considéré, au fonds, pour un jeu développé par un petit studio, avec peu de moyens et vendu en ligne 19 Euros, il est clair qu’il s’agit d’un excellent investissement.

Je ne peux donc que recommander ce jeu au vu de son originalité. Il est clair que certains éditeurs feraient bien d’en prendre de la graine, plutôt que de nous resservir jusqu’à la nausée les mêmes plats réchauffés même s’ils sont cachés dans leurs plus beaux habits.
Graphiques & sons : 2/5
Interface de Combat : 2/5
Interface générale et gestion de ville : 4/5
Jouabilité (fun) : 4/5

Mass Effect

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En 2148, des explorateurs ont découvert un artefact à la surface de Mars. Cet artefact, d’origine extra-terrestre, permit de plier l’espace-temps. L’humanité put alors explorer l’univers et l’Alliance humaine se développa au-delà du système solaire. Cette technologie s’appelait l’effet cosmodésique, plus connu sous le nom de Mass Effect.

Vers l’infini et au-delà…

Alors que le deuxième opus de Mass Effect devrait sortir prochainement dans toutes les bonnes crémeries, nous avons décidé de tester Mass Effect premier du nom. Valeur sûre d’un point de vue vidéo ludique, le premier volet des aventures du Commandant Shepard se négocie à un très bon prix aujourd’hui. Il serait donc dommage de passer à côté, mais abordons déjà le scénario.

Vous incarnez donc le Commandant Shepard, un soldat de l’Alliance voué à la cause humaine. Cause mal engagée dans la mesure où l’exploration et la colonisation spatiale sont des activités récentes pour la race humaine. Cela a toutefois permi à l’homme de faire ami-ami avec tous les E-T peuplant quelques galaxies lointaines. Les autres races extra-terrestres ont également évolué grâce aux artefacts au deuxième effet cosmodésique, mais avec une longueur d’avance conséquente. Pour tout vous dire, il semblerait qu’ils aient découvert cela à l’époque où, chez nous, Sony nous pondait le premier walkman, c’est dire… Malgré tout, la cohabitation se passe plutôt bien et l’humanité avance main dans le tentacule avec les E-T vers l’infini et au-delà (pardon mais il fallait que je la place).


Ce petit monde idyllique va être secoué par l’attaque d’une colonie humaine. Les Geths, une race biomécanique, a décimé la planète Eden prime et devinez qui a été envoyé à la rescousse ! Non, pas le Capitaine Flam, mais le Commandant Shepard. Ainsi l’aventure démarre alors que vous devez récupérer un nouvel artefact prothéein. Vous serez accompagné par Nilhus faisant partie des spectres. Les spectres sont un peu les James Bond du XXIII° siècle, le sex-appeal en moins. Hélas un autre spectre du nom de Saren, renegat celui-ci, est déjà sur place. Il tue Nilhus et détruit l’artefact.

En bref c’est un échec cuisant pour Shepard appelé à rejoindre les spectres et à en devenir le premier représentant de la race humaine. S’en suit alors une course poursuite à travers les confins de l’espace afin de venger la colonie humaine détruite, et de découvrir ce qui a poussé Saren à s’allier aux Geths. Je n’en dirai pas plus afin de vous laisser le plaisir de la découverte, mais sachez que l’aventure est de longue haleine et que le scénario est vraiment addictif. Je peux d’ores et déjà le dire, une fois qu’on a démarré l’aventure, il est difficile d’en décrocher.

Je voudrais revoir ma Normandie…

Mass Effect se présente sous la forme d’un TPS (Third person shooter), autrement dit, un jeu de tir à la troisième personne, en temps réel. On s’éloigne donc de l’autre série S-F à succès de Bioware, Knight of the old républic. Bien entendu Mass Effect est avant tout un RPG même si une grande place est laissée à l’action. Comme tout bon RPG qui se respecte, vous démarrez votre partie par la création du personnage. Ce dernier est paramétrable à souhait. Apparence, sexe, capacités, historique, tout y est. Certes on est loin d’un NWN mais il faut bien que le personnage colle au scénario.

Durant l’aventure vous gagnerez de l’expérience, ce qui vous permettra d’améliorer vos capacités en tir, en diverses technologies, voire en biotique (équivalent de la magie). Il est d’ailleurs intéressant de voir que les capacités de tir ont une réelle incidence sur la précision des tirs. Durant vos péripéties, vous croiserez de nombreux personnages. Certains pourront être recrutés afin de créer un groupe de trois personnages (vous compris). Chacun de vos compagnons a ses propres capacités et aspirations. A vous, donc, de savoir ménager leurs susceptibilités et de créer le groupe le plus adéquat à gérer les problèmes qui ne manqueront pas de se présenter à vous. Vos compagnons seront pour le moins hétéroclites et iront du policier turien désabusé, au crapaud krogan tueur à gage, en passant par la schroumpfette asari un peu gna-gnan.

Détail qui avait fait grand bruit à l’époque de la sortie du jeu sur X-Box 360, une idylle amoureuse est possible durant l’aventure avec passage à l’acte et tout et tout. Certes on est très loin du « hot coffee » de GTA mais un rien donne matière à polémique dans le petit monde du jeu vidéo.


De nombreux dialogues sont présents dans Mass Effect ; tous sont parlés, même ceux de votre personnage ; on échappe donc au syndrome Gordon Freeman et cela est agréable. Mention spéciale au doublage français qui est de très bonne facture, comme souvent sur les titres Bioware d’ailleurs. Concernant les dialogues, vous aurez trois types de réponses possibles : gentille, neutre, et méchante (je simplifie).

Cela fait toutefois plus office de gadget car quoiqu’il arrive, votre but est de sauver l’univers donc vous ne parviendrez pas à devenir le nouveau Darth Vador. Toutefois reste à savoir si vous tenez à le sauver tel le Capitaine Kirk (sans rimmel quand même) ou tel le dernier des salopards. Vos déplacements dans l’espace se feront à l’aide du vaisseau Normandy, fleuron de l’industrie humaine, « made in Taiwan » quoi. Vous aurez ainsi de nombreux systèmes solaires à visiter.

Ces derniers sont composés de plusieurs planètes ; certaines sont explorables, d’autres non. Il est dommage d’en avoir mis autant alors que seules une douzaine pourront être explorées, les autres se contenteront de vous ouvrir une fenêtre remplie d’infos qui ne font pas avancer le schmilblic, mais bon, pour certains astronautes en herbe peut-être… Concernant les planètes explorables, chacune possède son propre design et il est agréable de s’y déplacer à l’aide de notre véhicule d’exploration, le Mako (moulage ?). Seul regret, elles manquent toutes de faune et de flore, et font un peu désertiques, mais le plaisir est là et c’est le plus important.

Propulseurs à fond, Mr Tchekov !

Techniquement le titre de Bioware s’en tire plutôt bien. Créé à l’origine pour la X-Box 360 et sorti en novembre 2007, Mass Effect a été adapté quelques mois plus tard sur nos calculettes géantes. Les environnements sont dans le ton du scénario et le level design tient la route bien qu’au niveau des quêtes secondaires, on a souvent droit aux mêmes architectures. Un soin particulier a été apporté aux différents protagonistes du jeu, les différentes races extra-terrestres sont ainsi originales, et les textures appliquées donnent un cachet indéniable au titre. Les Krogans sont par exemple de toute beauté, graphique j’entends. Malgré ses deux ans d’âge, le jeu n’a pas à rougir face aux productions actuelles.


Côté son, pas de soucis non plus, les musiques collent bien à l’univers science-fiction même si on les aurait préférées plus épiques à certains moments orientés action. Comme dit plus, haut le doublage français est d’excellente qualité. Concernant le gameplay la transition console / PC ne s’est pas faite dans la douleur et le couple clavier souris rend le jeu très agréable à jouer. Le jeu tourne sans problème sur une config’ modeste dès lors qu’on ne cherche pas à être trop gourmand côté paramètres.

Certains mini-jeux sont de la partie, pour ouvrir un coffre ou gagner un peu de brouzoufs. Mauvais point toutefois concernant les polices de caractères énormes de l’inventaire qui sont héritées de l’opus console. La plupart des menus sont d’ailleurs affublés du même défaut, rien de rédhibitoire toutefois. La pause stratégique est de mise, vous permettant ainsi de placer vos compagnons à couvert ou de leur ordonner telle ou telle action. A noter quelques rares problèmes de pathfinding. Toutefois, la conversion est de qualité et le plaisir de jouer est au rendez-vous.


Un point rapide sur les deux DLC du titre de Bioware. Le premier « Turbulences à 900000 pieds » est offert avec Mass Effect PC alors qu’il était payant sur console. Ce dernier s’inscrit bien dans le scénario principal et vous apporte deux bonnes heures à rajouter à la quarantaine d’heures nécessaire pour finir l’aventure principale. Le deuxième « Station Pinnacle », coutant 5 €, est lui plus anecdotique. Une nouvelle station spatiale dans laquelle vous devrez remporter plusieurs combats en arêne, bof…

En conclusion, vous aurez bien compris que Mass Effect premier du nom fut et est toujours un hit. RPG action complet, au scénario mature et intéressant, Mass Effect est un titre à essayer absolument, d’autant que la suite devrait sortir en fin de semaine prochaine et que la sauvegarde du 1 pourra servir sur le 2. Foncez dans l’espace avec le Commandant Shepard et son équipe, vous ne devriez pas être déçu du voyage.

+ Le renouveau du space opera vidéo-ludique.
+ Scénario agréable et prenant.
+ Environnements réussis et vastes.
+ Excellente durée de vie.
+ Réussi techniquement.

Note RPG 4 sur 5
Note testeur 08 sur 10

– Parfois un peu linéaire.
– Recyclage des même environnements dans les quêtes secondaires.
– Chargements parfois un peu longs.
– Quelques bugs d’affichage ou de collision.

La vision de Killpower :
Pour ma part, Mass effect reste une très bonne surprise. Un univers intéressant, une histoire prenante et une maniabilité au top font de ce jeu un must. Il est quand même lésé par son manque de contenu RPG et sa durée de vie trop courte.
08/10.

Risen

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👉 PRESENTATION : voir ci-dessous
👉 SORTIE : 30 octobre 2009
👉 TEST
👉 TEST 2
👉 TEST 3
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👉 NEWS

Une mystérieuse île volcanique.
Les violents tremblements qui la secouent ne présagent rien de bon pour ses habitants. Des temples antiques ont surgi du sol ces derniers temps et d’étranges créatures sèment la terreur dans la région. La peur gagne peu à peu la population.

Serait-ce la fin de tout espoir ?
Un groupe d’hommes puissants se faisant appeler « les Inquisiteurs » entreprennent de mettre un terme à ces événements. Ils montent une expédition vers l’île, mais une tempête fracasse leur navire en pleine mer.

Un héros viendra.
Comme par miracle, vous survivez au naufrage et échouez sur l’île volcanique, seul. Un tourbillon d’événements vous emporte : rébellions, répressions et rituels mystiques. À vous de décider quel sera le sort de l’île.

Explorez un univers fantastique sans compromis et à l’atmosphère oppressante dans lequel chacun de vos actes est lourd de conséquences. Frayez-vous un chemin à coups d’épée, apprenez à vous battre au bâton ou devenez un puissant mage dans le monde épique de Risen, marqué par de mystérieux séismes, des monstres terrifiants et regorgeant de trésors incommensurables.
– Changez le destin de l’île en fonction de vos actions.
– D’innombrables quêtes annexes et de créatures à découvrir.
– Plus de 60 heures de jeu dans un monde ouvert passionnant.

Divine Divinity – Test 2

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Lorsque la suite d’un jeu mythique sort des années plus tard, avec un gameplay et un nouveau design, on oublie bien souvent les premiers opus qui ont donné naissance à la série. Pour savourer pleinement Divinity II Ego Draconis sorti récemment , il faut revenir en l’an 2002. Le timide Divine Divinity est sorti, ne se doutant point du vent rafraîchissant qu’il soufflerait sur les RPG de l’époque. Aujourd’hui, il revient remasterisé pour notre plus grand plaisir. Fans des RPG old school en 2D, c’est par ici que ça se passe…

Remettons-nous dans le contexte de l’époque. Nous sommes en 2002. Les rpgistes de tous poils sont encore sur Baldur’s gate 2 et les fans d’action sur Diablo 2. Dans quel genre investir alors pour une jeune boite de développeurs comme Larian Studios ? L’équipe belge de Swen Vincke a alors une idée de génie: créer un mélange de RPG et de Hack & Slash, le tout dans un univers médiéval fantastique original. Le projet est donc ambitieux. Il s’agit de fusionner la profondeur et la maturité d’un RPG avec le dynamisme d’un H&S. Autant dire que le jeu s’annonçait comme un succès ! Pourtant Divine Divinity n’ a pas eu le succès escompté et fut souvent jugé comme un semi-échec. Toutefois, de nombreux amateurs ne s’y sont pas trompés et le jeu a remporté, au fil des années, un succès mérité.


Le scénario de l’aventure démarre de façon assez classique. Vous commencez dans un village de guérisseurs après vous être remis d’une attaque d’orques. Au fil de vos quêtes vous vous rendez compte qu’un mal s’est réveillé dans le pays de Rivellon. L’alliance des Ténèbres étend à nouveau son emprise sur le pays et cherche à réveiller le Damné, un démon ancestral. Une étrange prophétie annonce cependant l’arrivée d’un Elu divin, doté de pouvoirs pouvant contrecarrer l’expansion de l’alliance. Cet Elu, vous l’aurez compris, c’est vous. Bien sûr, vous êtes loin de savoir disposer de tels pouvoirs.

Cela vous sera révélé en temps voulu au fur et à mesure de vos péripéties. L’intrigue s’avère donc plus intéressante dans son traitement que dans son contenu. Elle vous fera évoluer dans un univers certes classique, hérité des modèles traditionnels (régions, bestiaires, races…) de l’ heroic fantasy mais l’ensemble demeure riche, vaste et surprenant. Avec un cycle jour/nuit, des PNJ ayant leur rythme de vie, réagissant à vos actes et à vos paroles… Vous aurez d’ailleurs un score de réputation à prendre en compte. Tout est conçu avec goût et humour, faisant de Divine Divinity un RPG de qualité qui n’a rien à envier à Baldur’s Gate. Le pays de Rivellon vous réserves des heures et des heures de jeu intense et riche en émotions. Préparez votre thermos de café !!


Divine Divinity part d’un concept : offrir au joueur la possibilité d’évoluer et de faire des choix dans un univers sans manichéisme. Rien n’est jamais absolument bon ou mauvais, tout est toujours confus, emmêlé et plein de nuances subtiles. C’est à vous, héros, de prendre des décisions en temps réel en pesant le pour et le contre de chacune d’elles. Ne vous empressez pas par exemple de répondre au secours d’un brave paysan criant au vol de ses vaches, examinez d’abord la situation, voyiez qui est dans son bon droit. Le voleur a peut être une famille à nourrir, etc. Les conséquences de vos actes sont variables et imprévisibles, certaines seront légères, d’autres lourdes. Pour rendre ce système possible, les développeurs ont donc créé des centaines de PNJ charismatiques avec des destins différents. Ils ont édité des lignes et des lignes de dialogues. Bien écrit et regorgeant d’humour fin, ces derniers ont toujours un bon choix d’options de réponses dans le ton.


Niveau création de personnage, le jeu vous propose trois classes de personnages classiques (guerrier, voleur, survivant) déclinés aux deux sexes. Vous avez quelques options de visages différents mais cela reste très limité. Pour les stats, vous possédez quatre caractéristiques : force (dégâts de mêlée, capacité à porter plus de poids), dextérité (dégâts à distance, esquive, coups critiques), intelligence (mana) et constitution (vitalité et endurance). Le plus pertinent sera de toutes les monter en accentuant par dosage subtils celles de votre classe. Ajoutez à cela une bonne cinquantaine de compétences réparties dans les trois classes.

Certaines sont très utiles, d’autres moins ; mais le plus important, c’est que votre classe de départ ne vous limite pas dans votre choix de compétences. Les arbres de compétences sont complètement ouverts, ce qui permet de créer l’avatar qui vous convient le mieux. Ainsi, vous pouvez très bien avoir un guerrier jetant des boules de feu ou un mage donnant des coups d’épée. A vous d’établir votre propre technique. Le choix de classe au départ vous donnera cependant un bonus de stat intéressant et une compétence unique essentielle. On reprochera néanmoins au jeu certaines compétences inutiles alors que d’autres sont quasi-nécessaires (alchimie, sort de soins, aura de garde…)

Concernant le gameplay, les combats sont de type H&S en temps réel avec cependant le mode pause très utile pour boire une potion ou changer de sort. Le clic gauche sert d’attaque de base, le clic droit à l’attaque spéciale. Vous pouvez aussi attribuer des sorts ou objets aux touches numériques et visez les ennemis avec la touche ctrl. La difficulté du jeu est quant à elle plutôt élevée mais bien dosée. Les régions sont souvent adaptées à votre niveau probable mais il n’y a pas pour autant d’autoleveling et si vous grillez des étapes, vous vous prendrez de sérieuses raclées. Le jeu est donc bien technique et il vous faudra toujours bien analyser les attaques ennemis avant de foncer dans le tas.


En bon hack’n slash, le jeu vous permettra de trouver de nombreuses armes et armures avec des noms rocambolesques comme « Epée du sanglier de fer de l’espoir… » que l’on peut enchanter et surtout entretenir. On regrettera ici l’absence de réalisme avec des armes moins nombreuses mais plus cohérentes et précieuses. Dans ce jeu en effet vous passerez votre temps à revendre un tas de d’équipement obsolète, ce qui deviendra vite pénible d’autant plus que l’inventaire est bien fouilli et manque de visibilité. Les stocks des vendeurs sont aléatoires et souvent peu intéressants, ce qui est bien pénible. On n’a pas le plaisir d’économiser ses pièces d’or pour s’acheter une bonne arme. Les meilleures armes seront donc celles découvertes et arriveront souvent très tôt dans le jeu et de façon souvent inopportune. Dommage. Malgré ce défaut, le gameplay est très bon et vous promet de bons combats bien jouissifs contre un bestiaire varié et féroce.

Techniquement, et en restant dans le contexte de l’époque (souvenez-vous nos sommes en 2002), les graphismes sont en 2D isométrique classique. Les décors et le désign des régions sont fort jolis, mais les PNJ et monstres sont plus grossiers et pixellisés, et auraient mérité un peaufinage supplémentaire. Le jeu était assez gourmand à l’époque, ce qui bien entendu, aujourd’hui, n’est plus le cas. En revanche les ambiances sont vraiment bien construites et vous serez vite absorbés par l’atmosphère enchanteresse de Divine Divinity. Côté son, mention spéciale à l’excellente musique du jeu qui évolue en fonction des zones.

En conclusion, vous l’aurez compris, Divine Divinity est plus un RPG qu’un hack’n slash. Il s’efforce cependant de réunir les qualités des deux genres, malgré quelques mauvaises incompatibilités (inventaires, objets…) et vous procurera une sensation de jeu fraîche et inédite. Ce RPG n’a pas eu le succès mérité à l’époque de sa sortie, succès qui arriva toutefois plus tard avec Beyond Divinity. Nul doute que les joueurs actuels passionnés par Divinity II Ego draconis lui feront honneur. Je ne peux donc que vous conseiller de vous le procurer, aujourd’hui, à un prix ridicule. Vous ne le regretterez pas et vous vous constituerez ainsi une bonne culture des RPG classiques.

+ Un mixte innovateur
+ Une bonne durée de vie
+ Bourré de second degré

Note testeur 08 sur 10

– Vite répétitif
– Des donjons trop longs
– Parfois un poil trop dur

La vision de Dagon :
(avis écrit et publié sur le site Dagon’s Lair. Avec l’aimable autorisation de son auteur).
Développé par une petite société assez méconnue, Divine Divinity était annoncé comme un jeu de rôle à la richesse d’Ultima 7, tout en ayant un système de combat se rapprochant de Diablo, mais avec une intelligence artificielle des ennemis très intelligents. Eh bien, c’est plus ou moins ce qu’il est… Mais commençons par le début. Divine utilise une représentation en vue isométrique, similaire à Diablo.

Ce qui frappe tout de suite, c’est la richesse incroyable du monde. On peut déplacer chaque objet, en allant jusqu’au moindre couvert. Les dialogues sont intéressants et les quêtes sont multiples. Au bout de quelques heures de jeu, le joueur se retrouve avec un livre de quêtes impressionnant, digne de Morrowind ou d’Ultima. L’interface de jeu est efficace, les objets se mettant en surbrillance lorsqu’on peut agir dessus ou les déplacer. Les personnages quand à eux sont souvent statiques, mais quelques uns semblent avoir le programme dans la journée. C’est assez sympathique, et de ce côté ci, le jeu est d’une richesse fantastique. Concernant le gameplay, eh bien ce n’est pas aussi positif. Le système de combat, c’est du bourrin, c’est du Diablo.

Et du pur et dur… On passe de très nombreuses heures à tuer des hordes de squelettes, orques, … La fameuse « intelligence artificielle » exceptionnelle annoncée, je ne l’ai pas vue. Les ennemis se contentent de charger le joueur ou de lui tourner autour. Rien d’exceptionnel (ni de mauvais non plus d’ailleurs).  Personnellement j’ai vraiment trouvé dommage qu’un monde aussi riche, plein de quêtes, avec un gameplay aussi peu linéaire finit par se réduire à une succession ininterrompue de combats, pendant des heures et des heures, entrecoupées par de (trop) courtes séquences qui permettent au joueur de s’intéresser au scénario et de souffler un peu jusqu’au prochain interminable carnage.

C’est du pur hack & slash. Au bout de 2 heures de jeu, en regardant mes statistiques, j’ai détruit plus de 200 squelettes…. bourrin, bourrin bourrin… quel dommage. En plus, l’option multijoueur, qui rajoute un intérêt certain à ce type de gameplay n’est pas prévue.

Divine Divinity est un logiciel à réserver aux fans de Diablo souhaitant jouer seuls, et avoir un scénario solide derrière et un jeu non linéaire. Personnellement, ma déception fut grande de voir un jeu d’une telle richesse, et d’un tel potentiel gâché et ne se résumer finalement qu’en un Diablo en solo amélioré.

Graphismes et sons : 3/5 – Interface de Combat : 2/5 (Un jeu arcade bourrin. Peu adapté au style) – Scénario : 4/5 (Je n’en ai pas vraiment profité, vu le nombre de combats qui ont fini par me décourager) – Jouabilité (fun) : 2/5 (5/5 uniquement pour les adeptes de Diablo en solo. Pour moi un vrai gâchis)
06.5/10

Gothic 3 : Enhanced Edition

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N’hésitez surtout pas à prendre au pied de la lettre ce sous-titre enchanteur, ajouté après la sacrée mise à jour 1.7, « Enhanced Edition ». Après plusieurs ajouts de la communauté Gothic 3 jamais reconnus par l’éditeur, JoWooD, ce dernier se rattrape en officialisant tout ça ainsi qu’en rajoutant du contenu maison. Délivré de ses nombreux bugs majeurs, Gothic 3 est enfin jouable comme il se doit, et c’est pour notre plus grand plaisir.

Rédemption

Un jour naquit The Elder Scrolls IV : Oblivion. Adulé par les critiques et les joueurs, amateurs ou pas de jeux de rôle PC, il fut un peu le signe d’une nouvelle ère d’un genre qui commençait à sérieusement manquer d’air frais. Avec une barre placée si haut, difficile pour quelconque concurrent d’espérer égaler et encore moins surpasser le maître, un peu comme les myriades de MMORPG qui aujourd’hui tentent de bouter World of Warcraft hors de son trône.

Mais Gothic 3 a voulu relever ce défi. Pourtant, la version « pré-1.7 », aussi riche qu’elle pouvait l’être, péchait beaucoup de par ses sempiternels bugs à l’image de la saga Gothic toute entière, à savoir d’interminables saccades voire des freezes de plusieurs secondes, même sur les PC les plus puissants. Heureusement, l’éponge est passée avec cette Enhanced Edition – « Version Améliorée », et c’est la richesse première du jeu que nous allons juger.

Lok’Tar

L’histoire se déroule après les deux premiers volets, et nous incarnons toujours ce héros sans nom dans un univers médiéval-fantastique. Après avoir vaincu le Dormeur, une infâme créature, il se retrouve enterré et ne doit sa survie qu’à un mystérieux mage du nom de Xardas, qu’il n’aura de cesse de rechercher tout au long de ce troisième opus.

Accostant à Myrtana, la région centrale du monde de Gothic 3 située entre le Nordmar au Nord et le Varant au Sud, et accompagné de quelques frères d’armes rencontrés lors des précédents Gothic, le héros est plongé in medias res dans la guerre opposant Humains et Orcs, alors qu’il débarque dans un village d’esclaves Morras – nom donné aux Humains par les Orcs. La bataille vous oblige alors à prendre parti avec votre race, mais elle sera bien la dernière. Car là est la force de Gothic 3 : vous aidez et tuez qui vous souhaitez. Rien ne vous empêchera plus tard de vous mettre entièrement au service des Orcs.

D’ailleurs, la libération de ce premier village nommé Ardéa compte peu : comme la libération de ce premier village est imposée, elle ne comptera donc pas comme un réel choix de votre part, même si elle vous fera gagner quelques points de réputation envers les rebelles.

Il faudra d’ailleurs faire très attention à ces différentes réputations, d’abord envers les rebelles (des Humains au service du roi Rhobar, réfugié dans son château assiégé par les Orcs, protégé par un bouclier magique) et les Orcs, ensuite envers d’autres peuples plus ou moins neutres, comme les Hashishins. Le joueur doit jouer la carte de la prudence et ne pas tomber dans le piège des libérations excessives de cités.

En effet, si le héros a une réputation jugée trop élevée avec les rebelles, les chefs orcs de chaque cité, que l’on peut rencontrer après avoir durement acquis la confiance des habitants de ladite cité, attaqueront à vue. Puis, si cette réputation augmente davantage, ce seront tous les Orcs que l’on se mettra à dos. Adieu donc les quêtes, l’or et l’expérience qu’ils auraient pu offrir. Une conséquence qui n’est pas ou peu expliquée et qu’il aurait mieux valu connaître le plus tôt possible, à moins bien sûr d’avoir une réelle volonté d’exterminer au plus tôt la faction adverse.

Les réputations sont donc très importantes, influençant en outre les relations, mais aussi les achats. Pas question pour un marchand de vendre telle armure à un mercenaire qui n’a pas une réputation assez élevée envers son clan.

Garçon, une potion !

En plus des armures en « kit » – buste, bras, pantalon ensemble, sans possibilité d’acheter un par un les composants, sauf le casque – pouvant être acquises, il existe pléthore d’objets à conserver dans son inventaire, sans limite de quantité et de poids (pratique mais sacrilège du point de vue du réalisme). Armes bien sûr, mais aussi pendentifs, boucliers, anneaux, parchemins, potions, plantes servant à concocter des potions, éléments de quêtes et d’innombrables objets récupérés un peu partout, servant parfois aussi à accomplir des quêtes, mais pouvant également être vendus ou encore servir à fabriquer des armes.

Car il existe plusieurs compétences intéressantes dans Gothic 3, appelées aussi arts. La chasse vous permet, en plus de devenir un bon archer, de dépecer les animaux et de leur enlever crocs, griffes et langues se revendant à bon prix. On peut également conserver ces butins pour fabriquer des armes grâce à la forge, sans toutefois pouvoir créer sa propre armure. L’alchimie, très utile, se fournit parmi un nombre incalculable de plantes nécessaires à la confection de potions, temporaires ou permanentes, ou sert par exemple à fabriquer des flèches acérées.

Vous pourrez également apprendre les ficelles du métier de voleur, vous orienter vers le combat à l’épée ou l’art d’être un puissant mage, ainsi que quelques compétences diverses comme l’acrobatie, la résistance au poison et aux maladies, la résistance au froid, etc..

Depuis la grosse mise à jour 1.7, il existe également une possibilité de jouer le jeu de rôle à fond, c’est-à-dire que si l’on s’oriente vers la magie, on reste un magicien, vers le combat, on demeure combattant, ce mode étant appelé « Alternative Balancing » (n’influant pas sur les trois modes de difficulté facile, moyen ou difficile, même si activer cette option rend forcément le jeu plus ardu). Sans cela, le héros finit par se spécialiser en tout au fil du jeu, ce qui n’est pas forcément au goût des puristes du genre.

Lupus ? Quid ?

Quelle que soit la voie que le joueur choisit, il devra affronter bon nombre d’ennemis durant ses aventures. Parmi les peuples que l’on peut combattre selon le parti que l’on préfère défendre, on trouve des rebelles humains et des Orcs, mais également des mercenaires humains travaillant pour le compte des Orcs, ou bien encore le peuple nomade des Hassissins, ainsi que différents clans du Nordmar. Outre ces espèces intelligentes, on rencontrera loups, gobelins, écorcheurs, sangliers, bêtes de l’ombre, trolls, les terribles ogres, ainsi que des bestioles inoffensives comme les lièvres, les poulets ou les porcs.

Mais voilà un point où le jeu pèche énormément : le combat au corps à corps. En effet, il suffit souvent de coincer un ennemi et de cliquer compulsivement sur sa souris pour parvenir à l’occire à coups d’épée plus ou moins puissants et rapides. Si cela peut s’avérer pratique, ce système est complètement inabouti. Car si la chance tourne, il suffira à un pauvre loup de quelques morsures répétées pour tuer le héros, alors que ce dernier vient d’assassiner une vingtaine d’Orcs à la suite.

Les combats se rattrapent un peu grâce au tir à l’arc et aux lancers de sorts, mais là encore, le premier n’est pas suffisant et l’incantation des magies prend parfois un temps trop précieux alors qu’une hache s’abat sur le héros. Aussi, les sorts sont assez peu efficaces face à un grand nombre d’ennemis. Un bien grand mal donc pour un jeu où combattre est une des principales activités.

On peut constater les dégâts en prêtant attention à trois barres en bas à droite de l’écran : une rouge pour la « force vitale » (les points de vie), une bleue pour le mana et enfin une jaunâtre pour l’endurance. Cette dernière est déterminante pour frapper plus efficacement ou encore pour courir (une compétence permet d’ailleurs de courir deux fois plus longtemps). On peut également, en dehors des combats, passer en mode furtif ; rien de bien impressionnant si ce n’est que le héros fléchit les genoux et fait mine d’avancer prudemment. Pratique pour assommer voire tuer par derrière, ou bien s’approcher sans bruit des animaux sauvages, si toutefois l’on possède les compétences requises.

Dans tous les cas, si le joueur tue automatiquement les monstres ou les ennemis dont le nom s’affiche en rouge, il devra faire l’acte de tuer les gens avec qui il est neutre ou amical. Mettre KO un adversaire de ce type ne suffit pas à le tuer, il faut presser le clic droit puis le clic gauche pour l’achever lorsqu’il est à terre. Si ses amis ou collègues assistent au meurtre, leur nom s’affichera alors en rouge et seront ainsi automatiquement tués et non simplement assommés.

Si personne ne voit rien, le héros aura plus de chances de passer inaperçu. Dans une cité, il se verra néanmoins apostropher par un garde, de même que pour le vol. Entrer dans les habitations devant les citoyens n’est pas vu d’un bon oeil, et prendre sans vergogne le contenu d’un coffre devant son propriétaire vous mènera à des duels non mortels (mais vous y perdrez de l’argent si vous tombez).

A défaut de femmes, de jolies musiques

Il existe d’ailleurs de nombreux PNJ, parmi lesquels les indispensables donneurs de quêtes. A ce propos, et surtout depuis la mise à jour 1.7, les dialogues oraux sont mieux traduits et de très bonne facture à l’écoute, les doublages français sont réussis même si deux ou trois voix supplémentaires n’auraient pas été du luxe. En revanche, un élément que beaucoup de joueurs auront remarqué : il n’y a quasiment aucune femme dans le jeu.

On peut en apercevoir deux ou trois, rebelles ou esclaves, mais c’est vraiment histoire de dire que ce n’est ni Innos, ni Béliar, ni Adanos, les trois dieux vénérés, qui accouchent des hommes peuplant ces terres. Aucune femme ne donnant de quêtes donc, et en réalité, aucune femme d’une quelconque importance, une faute de goût importante pour un jeu de cette trempe.

A défaut de femmes, ce sont néanmoins de bien jolies mélodies qui accompagneront le joueur. Toutes orchestrées, ces musiques sont proprement somptueuses, d’une qualité rarement entendue pour un jeu vidéo, car si les jeux sur consoles s’en sortent bien pour la plupart, notamment pour le genre du RPG, les OST des jeux PC, il faut l’avouer, marquent moins les esprits.

Mélodie conquérante lors des combats, oppressante dans les vastes contrées enneigées du Nordmar, paisible dans les villages, victorieuse lorsqu’une cité est libérée, mystérieuse dans les grottes… Les instruments sont variés et les notes sonnent toujours juste pour un résultat magistral. C’est réellement l’élément du jeu qui ne souffre d’aucun défaut. Car même si le scénario n’est pas de la même facture que la jouabilité, il n’en demeure pas très original non plus : une guerre Humains/Orcs, un roi assiégé, des mages du feu, un héros sans nom, aussi nommé le Décideur ou l’Elu, à la recherche de celui qui semble tirer toutes les ficelles, Xardas…

En ce qui concernent les graphismes, ils ne sont pas parfaits avec quelques traits parfois grossiers et des PNJs assez peu variés (surtout quand il n’y a que des hommes…), mais si l’on pousse les options au maximum sur un solide PC, le tout reste un réel plaisir pour les yeux. Peu d’aliasing constaté, de beaux et variés paysages : vastes déserts, vivantes forêts contrastant avec l’opacité de l’horizon du Nordmar.

Les personnages, même s’ils n’ont pas beaucoup d’expressions faciales, arrivent néanmoins à exprimer leur sentiment avec des gestes et des attitudes lorsqu’ils parlent, en plus d’un doublage très bien nuancé. On retrouve beaucoup moins le côté robotique des PNJs d’Oblivion, pour sûr. Se déroulant en temps réel, on pourra admirer la journée dans son ensemble, de l’aube au crépuscule, la nuit noire étant d’ailleurs bien pratique pour tuer ou voler à l’abri des regards.

Malgré ses défauts et quelques bugs mineurs persistants, force est de constater que Gothic 3 est un bon jeu, certes inférieur à son concurrent direct, Oblivion, mais doté d’un univers riche et prenant qui sans être totalement captivant, a le mérite d’offrir une enivrante liberté.

+ Un monde ouvert
+ Un très bon scénario
+ Variété des environnements
+ Gestion du temps réel
+ Musiques somptueuses

Note RPG 4 sur 5
Note testeur 08 sur 10

– Toujours des bugs persistants
– Graphismes perfectibles
– Pas de femme

La vision de Killpower :
La saga Gothic est beaucoup plus « simulation » que la série des Elder Scroll penchant du côté « arcade ». Les développeurs sont des fanatiques du RPG et sont restés fidèles au PC. Gothic 3 est le plus grand, le plus riche, le plus immersif de la série, mais aussi le plus catastrophique à cause de sa sortie précipitée. Grâce aux fans et à cette version améliorée, il offre une expérience de jeu unique qui mérite d’être tenté une fois dans sa vie avec à la clé une centaine d’heures de plaisir. Ce n’est vraiment que du bonheur.
10/10

Paradise Cracked

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Paradise Cracked, jeu d’origine russe, est sorti en novembre 2003 dans le plus parfait anonymat et a disparu des étales tellement rapidement que je ne l’ai pas trouvé à l’époque. Peu importe, car d’après tous les retours que j’en avais, cela ne valait pas la peine de dépenser ses deniers. Il y a deux semaines, j’ai trouvé un exemplaire du jeu sur un site de vente d’occasion et j’ai donc tenté l’expérience. Je m’attendais donc au pire et il est vrai que mes premières impressions ont été dans ce sens, mais par la suite, tout a changé.

La vie en rose

De ce côté là, au premier coup d’oeil, j’ai eu du mal : si la page des menus est rouge écarlate, le pire reste quand même l’interface rose durant le jeu. Oui, rose bonbon ce qui dénote pas mal de l’univers assez oppressant et futuriste que vous allez parcourir. Je ne sais pas pourquoi les concepteurs ont choisi cette couleur, mais j’aurai plutôt opté pour une couleur passe-partout que ce rose fluo qui vous suivra tout le long de votre périple. Surtout que le jeu est très sombre et il faudra que vous augmentiez le gamma. Le jeu débute donc après une vidéo pas franchement à la hauteur pour 2003 sur une vue de trois quart de votre personnage sur une carte qui correspond à China Town. La résolution maximum est de 1280×1024, les décors ne sont pas très beaux même s’il y a pas mal de possibilités graphiques pour rendre le jeu acceptable visuellement (quoiqu’il n’y a pas d’option contre le rose!!).

Même s’il vous sera possible de faire tourner la caméra dans tous les sens, vous ne pourrez pas vous approcher très près de vos personnages, qui resteront donc un peu flou. Il n’empêche que si les objets ne sont pas hyper détaillés et restent esthétiquement cubiques et moches, cela est jouable, n’est ce pas l’essentiel d’un jeu? Malheureusement, j’ai du faire face à de (très) nombreux retours Windows XP inexpliqués qui se produisaient à des intervalles irréguliers. Il faudra donc que vous fassiez avec, car il n’existe pas de patch, mais en plus il se peut que vous ne les rencontriez pas, car j’ai aussi passé de nombreuses heures sans soucis. C’est donc au petit bonheur la chance.

Le jour et la nuit ne sont pas gérés, par contre, le jeu étant très sombre on se croirait tout le temps dans un monde envahit par l’obscurité, surtout que les réverbères sont toujours allumés. Les niveaux, pas très beaux, sont riches et variés. 

Histoire à l’eau de rose ou à l’eau de boudin ?

Paradise Cracked est jouable, oui, mais difficile d’accès. Parce que l’on a affaire à un RPG futuriste avec une histoire compliquée entre le virtuel et la réalité (les développeurs reconnaissent que leur inspiration vient de Bladerunner, Matrix et Ghost in the shell mais aussi d’écrivains comme William Gibson, Philip K. Dick. Il y a peu d’explications au début, et on se sent perdu. En clair, vous jouez le rôle d’un jeune hacker. Vous venez de cracker les données des systèmes de sécurité de Cyberspace et vous êtes immédiatement recherché par la police et les terroristes.

Vous vous retrouvez dans le quartier de China Town, mais vous ne connaissez pas le but de votre quête. Dès le premier tour, un personnage se propose de vous rejoindre pour effectuer le travail. Le problème c’est que vous ne connaissez pas votre tâche! Alors du coup, vous fouinez dans l’interface de votre personnage et vous cherchez quel est votre rôle dans cette univers. Ainsi vous vous rendez compte après lecture du fichier PDF inclus sur l’un des CD qu’il y a bien une explication mais elle reste évasive.

De même pour la prise en main, il faudrait connaître toutes les touches pour vous en sortir. Et malheureusement, la notice d’utilisation reste austère et manque d’informations. En tout cas, sachez que votre personnage possède des compétences et que notre jeune héros est spécialisé en informatique. Il semble que vous soyez dans le monde virtuel et que votre tâche soit de retourner dans le monde normal (il semble j’ai bien dit). Je me dépêche d’accepter l’offre de ce PNJ qui rejoint mes rangs et qui se trouve être une grosse brute.

En parlant de la médiocrité de la notice, une chose qui m’a fait hurler de rire : le texte de la seconde colonne du verso de la boîte d’emballage correspond au jeu Fair Strike un simulateur d’hélicoptère. Autrement dit, Poinsoft qui a distribué ce jeu en gamme budget a fait une jolie bourde. Du coup, je ne sais pas si sur la boîte d’origine sortie avec Buka entertainement, le texte était le même. Dommage que cela desserve Mist Land, les créateurs du jeu, qui sont aussi à l’origine de Cops 2170, et qui prépare actuellement Jagged alliance 3D.

Pour revenir au jeu, après un essai à un niveau trop élevé, j’ai recommencé avec un niveau de difficulté plus facile et j’ai pu mieux apprécier les possibilités du soft. En effet, à chaque fois que l’on vous propose des quêtes, les deux belligérants qui se font face vous ordonnent souvent d’éliminer l’autre. C’est là que cela devient intéressant, car selon si vous tuez l’un ou l’autre, le scénario et les quêtes ne seront pas les mêmes. Vous pourrez donc recommencer le jeu en variant vos choix de quêtes qui sont optionnelles. Et même si vous ne voulez que vous balader dans les niveaux sans suivre aucune quête, c’est totalement possible.

Reste le scénario principal que j’essaye de comprendre, mais il n’avancera que très loin dans la partie. Au début, durant au moins les cinq premières heures, vous ne pourrez circuler que dans un monde restreint constitué d’une dizaine de niveaux. Puis, vous aurez accès à une autre partie de la ville sans retour possible et on commencera à vous parlez de la réalité. 

Moteur craqué ?

Paradise Cracked est un RPG tactique 100% tour par tour. Ce qui veut dire que vous déplacez vos personnages selon des hexagones et un certain nombre de points d’action (pour simplifier PA). Ainsi, lorsque vos personnages auront usé tous leurs points d’action, se sera au tour de l’IA de jouer. Ce système de jeu en fait sa force et sa faiblesse. Sa force, car cela permet une stratégie pointue et posée. Sa faiblesse, car lorsque l’on a fini de faire ce que l’on voulait faire, on passe alors à un écran d’attente. L’ordinateur déplace en secret tous les ennemis qui se trouvent sur la map. Et cela peut prendre un temps plus ou moins long dépendant du nombre de personnages à gérer mais aussi de la puissance de votre machine. Avec mon Pentium 3 ghz, en début de niveau, il faut cinq secondes. Si un ennemi se trouve dans l’angle de vision de votre personnage, vous verrez son déplacement ou encore son tir : bonne idée, on ne voit que ce qui est visible. Lorsque cet écran des mouvements cachés est fini, un second écran des mouvements cachés apparaît pour tous les PNJ sur la carte. Et là aussi, il faut du temps pour que chaque PNJ se déplace, même si vous n’en avez rien à faire et que cela se passe à l’autre bout de la carte. Ce temps tient compte aussi du déplacement de différentes choses comme les robots publicitaires ou encore le métro qui passe et qu’il vous sera possible d’emprunter.

Si Paradise Cracked permet d’élaborer des tactiques très riches, l’attente est longue et il est dommage que les développeurs n’aient pas opté pour une technique comme dans Fallout : bouger en temps réel les personnages et lorsqu’un ennemi apparaît , passer au tour par tour. Là, non. Vous resterez indéfiniment au mode tour par tour. Vous arrivez dans une zone et si les ennemis sont dans des habitations, il faudra vous coltiner l’attente de leurs déplacements cachés ainsi que de tous les PNJ. Et cela peut paraître long en ce début de partie, mais aussi à chaque fois que vous arriverez dans un nouveau niveau. Bien sûr, après avoir éliminé tous les ennemis d’un niveau, on négligera leur mouvement mais il restera toujours celui des PNJ.

A cause de ce système de jeu, le jeu est très lourd et très long. Surtout lorsque vous vous retrouvez avec une équipe de 6 personnages à déplacer sur des cartes assez grandes où parfois il n’y a rien d’autre à faire que d’aller d’un point A à un point B. Il faut alors les gérer à l’essentiel. Si vous savez que vous devez rencontrer un personnage qui vous renverra à votre point d’arrivée, il suffit d’envoyer votre personnage le plus rapide et de laisser les autres sur place, puis de revenir. A condition bien sûr, qu’il n’y ait pas d’ennemi dans le coin.

Après avoir massacré tous les ennemis, vous pourrez ramasser leur équipement, mais il faudra compter là aussi avec vos PA. Il est vrai que c’est énervant de se rendre compte que l’on est limité par ses PA. Alors que l’on a flingué tout le monde et que l’on a plus assez de PA pour prendre le paquet de balles sur le sol. Et encore je ne vous parle même pas de la diminution des PA si vous êtes trop chargé. Alors du coup, vaut-il mieux courir sans protection avec 60 PA et le flingue à la main, ou vous couvrir d’une armure hyper résistante mais avancer comme un escargot avec 30 PA ?

Il y a une très grande interactivité avec l’environnement. Vous pouvez fouiller les très nombreux objets tous destructibles disséminés ça et là dans les extérieurs mais aussi les intérieurs des bâtiments tous « visitables ». Il est possible de discuter avec des PNJ qui vous proposent des quêtes, qui vous feront voyager entre les différents niveaux, ou encore vous proposent de faire du commerce ou juste de parler de la pluie et du beau temps. Certains PNJ vous demandent de réaliser une mission pour eux et vous rejoignent par la suite.

Noter que souvent les quêtes, même si elles ne sont pas forcément une éradication de l’ennemi, finissent souvent par des fusillades, car il y a toujours des ennemis dans les parages. Et même si vous avez nettoyé un niveau, dès votre retour, il y en aura d’autres. Oui, un jeu fastidieux et lourd. N’empêche que cela permet de vous faire de l’argent avec les commerçants en revendant ce que vous trouvez sur les corps des morts. Mais se sera long, car l’inventaire étant limité, il faudra faire plusieurs allers retours. Dès lors, cela rajoute de la durée de vie artificiel au jeu, ce dernier se montrant assez difficile. Car les personnages ne sont pas immortels et s’ils sont tués vous n’aurez plus qu’à recharger votre dernière sauvegarde, à moins que vous souhaitiez jouer sans. Quant à votre personnage principal, s’il meurt, c’est la fin du jeu.

Chaque personnage ayant des compétences variés aura une raison d’être dans l’équipe. Votre héros est spécialisé dans le vol et pourra forcer les systèmes de sécurité, retirer de l’argent dans les distributeurs de billets, ouvrir des portes fermées à clé, ou encore des coffres. Mais de plus, il pourra pirater les robots policiers qui viendront rejoindre votre équipe tant que vous resterez dans le même niveau. Quant à vos co-équipiers, l’un sera tireur d’élite, l’autre marchera vite et servira d’éclaireur. Ou encore l’un avec un bon angle de vision, dont la portée est définie par une compétence, vous permettra de surveiller le niveau, ou l’autre de piloter les véhicules. En parlant des moyens de locomotion, il sera possible de prendre le métro qui vous amènera directement dans les terminaux, ou encore de conduire des véhicules qui s’apparentent à des voitures.

L’ambiance musicale est bonne et change selon les lieux, les bruitages sont sympas et vous mettent dans l’ambiance du niveau visité. Vos personnages parlent lorsque vous les sélectionnez. On est donc bien immergé avec le son. 

Enfin un coin de ciel bleu !
Après avoir passé la première heure à me plaindre du manque de contraste du jeu, de l’horrible rose de l’interface, du manque d’informations pour jouer, du temps d’attente entre chaque tour, le jeu m’a plu. Pas, parce que le scénario principal m’a accroché, mais parce que Paradise Cracked est bien foutu sur bien des points.

Vos personnages ont du caractère, l’interactivité est importante, les différentes cartes sont vivantes et possèdent une grande liberté d’action. Les stratégies sont nombreuses et les angles de vision sont hyper bien développés. Il est possible de choisir où l’on souhaite aller en prenant ou non les moyens de transport pour aller plus vite. Pour chaque carte, vous aurez un plan avec les nombreux liens permettant de passer de l’un à l’autre.

De plus, tactiquement il a une bonne prise en main. Si vous placez le curseur sur un adversaire, il apparaît le pourcentage de réussite de tir et le nombre de PA dépensé. Si vous n’avez que 20% pour toucher, en vous appliquant et en vous agenouillant, vous dépenserez plus de PA, mais vous passerez peut être à 70%. L’angle de vision est tout aussi important car si vous tournez le dos à un adversaire, il ne sera pas visible. Et c’est lors du mouvement caché que vous le verrez apparaître.

De même, l’inventaire de vos personnages n’est pas extensible et il vous faudra beaucoup de temps pour ramasser le butin sur le sol et l’amener au commerçant du coin pour le revendre. Cela peut gêner certains joueurs, mais personnellement, cela rajoute du réalisme au système. Et puis pirater un robot de la police pour s’en servir comme allié est jouissif. Les PNJ vous proposent des quêtes en vous obligeant à choisir un camp et donc ne pas avoir la même évolution dans le jeu. Rajoutez à cela, les implants, les armes variées, les compétences claires et ….. Vous voyez j’ai un petit faible pour ce jeu. Même s’il pêche par bien des côtés, je le trouve très séduisant.

Alors le paradis ou l’enfer ? Si vous arrivez à dépasser la première heure de jeu qui correspond à la prise en main du jeu et sa lourdeur avec ses écrans de mouvements cachés, durant lesquels vous allez ramer – tout autant que votre machine – vous aurez peut être plaisir à jouer à ce jeu de rôle très lent. Paradise Cracked n’est donc pas à mettre en toutes les mains, car il n’est pas grand public. Si vous avez apprécié Silent storm ou si vous aimez les jeux tactiques au tour par tour, vous aurez une chance d’être attiré par ce jeu.

En tout cas, il vous faudra de nombreuses heures de jeu pour parvenir à le maîtriser, mais il est vrai qu’ensuite, ce n’est que du bonheur avec quand même beaucoup de retours Windows. Par contre, si vous aimez la vitesse d’exécution dans un JDR et la simplicité d’utilisation, fuyez le.

+ Univers futuriste interactif
+ Système du tour à tour sympathique avec beaucoup de possibilité
+ Nombreuses bonnes idées (piratage, transport, matériel cybernétiques…)
+ Longue durée de vie

Note RPG 3 sur 5
Note testeur 07 sur 10

– Interface difficile à gérer et de couleur rose!!
– Lenteur du tour par tour
– Graphismes sombres et pas folichons
– Difficile de maîtriser toutes les possibilités sans notice claire
– Pas de multijoueurs, uniquement en solo

Dragon Age : Origins

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Après la Chine impériale et les confins de l’espace, après les sabres lasers et les arts martiaux, les Canadiens de Bioware renouent avec leur premier amour : L’héroïc-fantasy. Attendu comme le Messie par des milliers de fans de la série Baldur’s Gate, Dragon Age Origins est enfin disponible. L’attente fut longue pour les joueurs depuis Neverwinter Nights et la dernière incursion des développeurs dans cet univers. Cette attente était-elle justifiée ? La magie opérera-t-elle à nouveau ? Nous allons essayer de répondre à ces questions.

Le retour du roi

Ferelden vit des heures sombres. Les engeances, des êtres maléfiques, au sang impur, vomies par les entrailles de la terre, déferlent sur le royaume. Ces créatures sont les descendants de mages ténébreux de l’ancien royaume Tevintide, punis par le Créateur pour avoir souillé sa cité noire de leurs vilenies. Du moins est-ce la version du cantique de la lumière prôné par la Chantrie, la religion locale. La réapparition des engeances, anciennement chassées dans les tréfonds du royaume nain, laisse présager un changement. Certains murmurent qu’un archi démon pourrait être à l’origine du mal.

Le roi Cailan, fils de Maric, a donc levé son armée avec son Tiern Loghain et attend de pied ferme l’armée des engeances à Ostagar. Aux côtés de l’armée du roi se tiennent les Gardiens des Ombres, un ordre de guerriers rompus à la lutte contre les engeances. Duncan, le commandant actuel de l’ordre, vous a recruté en tant que gardien des ombres. A vous à présent de combattre la souillure qui s’étend sur le royaume, en démêlant de sombres intrigues l’arme au poing.


Dragon Age Origins vous place donc dans la peau d’un novice des Gardiens des Ombres, mais avant votre intronisation dans l’ordre, vous devrez choisir vos origines et votre lignage. L’aventure démarre par la création de votre personnage. Plusieurs races sont représentées : Les hommes, les elfes, et les nains (hommes ou femmes). Chaque race permet de démarrer selon une origine sociale différente, ainsi vous pourrez débuter votre périple sous les traits d’un prince nain aux prises avec les intrigues de la cour d’Orzammar, ou comme un noble humain dont le fief est détruit par la trahison, ou encore en tant qu’apprenti magicien reclus dans la tour des mages.

Ces quelques heures de jeux permettent une approche différente de la quête principale et une indéniable rejouabilité. Les classes traditionnelles de guerrier, mage ou voleur sont présentes au début, puis d’autres classes pourront être découvertes au fur et à mesure de votre progression.

Emancipé des règles parfois lourdes et pompeuses d’AD&D, la montée en puissance de votre avatar se fait en douceur, seuls quelques points de compétences et de caractéristiques sont à appliquer. Les compétences ne sont finalement pas très nombreuses mais complètes, et chacun devrait y trouver son compte. Au grand dam des puristes, le jeu se veut plus accessible et grand public que son ainé Baldur’s gate ; mais voir Dragon Age comme un Baldur’s Gate 3 serait une erreur. En effet les habitués de Baldur’s Gate ne seront pas dépaysés tant le gameplay est équivalent, pourtant pour ce dernier c’est surtout à la série Knight of the Old Republic que le jeu emprunte la plupart de ses ficelles.

DAO vs KOTOR

En effet comment ne pas comparer le funeste destin des chevaliers Jedi avec celui des gardiens des ombres. Les mécaniques de gameplay et les déplacements sont également similaires. Ici point de monde ouvert, mais une multitude de zones accessibles via une carte. Les amoureux des grands espaces seront certes déçus mais cela à l’avantage de tout recentrer sur le scénario et les différentes quêtes. Malgré cela, à aucun moment on ne se sent à l’étroit dans le monde de Ferelden. Le scénario justement, celui-ci est sombre et mature à souhait. Ici point de place aux frivolités, le danger guette et tout est fait pour vous le rappeler. Les dialogues, superbement écrits, vous plongent dans une histoire tragique et ténébreuse. Le manichéisme n’est pas de mise et de nombreux choix se poseront à vous tout au long de l’aventure.

Quoi que vous fassiez, certaines quêtes n’auront pas forcement une fin heureuse ; il faut simplement essayer de tirer le meilleur parti de chaque situation. Pour sauver une contrée sacrifieriez- vous un enfant ou sa mère ? Empêcheriez-vous un homme de poursuivre sa vengeance contre les assassins de sa famille ? Tant de choix cornéliens auxquels vous n’échapperez pas. Ces choix vous les ferez parfois au détriment des sentiments de vos compagnons.

Oui, car vous ne serez pas seul dans cette aventure, de nombreux compagnons se joindront à vous. Tous ont un background riche et fouillé, vous devrez discutez avec eux afin de découvrir leurs aspirations et leur motivations. Certains d’entre eux tendront à vous forcer la main vers telle ou telle décision en fonction de leurs orientations. En effet votre groupe sera hétéroclite, l’assassin côtoiera la sœur de la Chantrie, le chevalier droit et valeureux côtoiera la sorcière lubrique, chacun ayant leur propre histoire tragique ou non, et donc leur propre vision du monde et de sa destinée face aux engeances.


Bien que le jeu emprunte à ses illustres ainés tels que Baldur’s gate ou KotorDragon Age possède sa propre identité. Celle-ci est riche et intéressante, même les poncifs de l’heroic fantasy sont secoués par le scénario. Les elfes sont les esclaves des humains ou des parias cachés dans les bois. Les fiers nains ont perdus de leur superbe, occupés par des querelles intestines et politiques. Enfin les mages sont considérés comme des erreurs de la nature et cloîtrés dans une tour sous la garde des templiers de la Chantrie. De nombreuses informations pourront d’ailleurs être découvertes afin d’alimenter votre codex, ce dernier regroupe toutes vos connaissances sur le monde qui vous entoure. Cette approche inattendue fait souffler un vent de renouveau sur le genre, extrêmement agréable.

Un tour de magie

La mise en scène a bénéficié d’un soin tout particulier. Chaque cut scene est un moment de plaisir. Les dialogues ont bénéficié du même traitement, et l’ensemble est aussi intéressant à regarder qu’à jouer. Les combats, en temps réel, ont bien entendu la part belle dans Dragon Age. Ces derniers sont assez techniques et demandent un peu de stratégie. Foncer dans le tas tête baissée est rarement la bonne solution. La pause tactique vous permet de suspendre le combat pour distribuer des ordres à votre groupe de quatre compagnons maximum.

De nombreuses macros sont disponibles afin de définir les actions de vos compagnons face à certaines situations, hélas certaines ne se déclenchent pas toujours à temps. La gestion manuelle restant alors la meilleure des solutions. A noter que la caméra est entièrement libre sur PC et permet toutes les vues possibles. Les combats sont vraiment jouissifs, l’animation des personnages et la violence des coups portés n’y sont pas étrangères. L’hémoglobine coule à flot et le poids des impacts est très bien retranscrit à l’écran. La magie donne droit à de splendides effets et la puissance des sorts n’a d’égale que leur beauté.


Côté son, c’est du grand art. Les dialogues français sont dans le ton dans l’ensemble, servi par de grands noms du doublage. Les musiques orchestrales nous offrent de magnifiques envolées lyriques mais savent se faire discrètes ou augmenter la tension quand il le faut. Les sons en général permettent une immersion immédiate. Le cliquetis des armures ou le froissement du cuir durant les déplacements, le rugissement du vent dans les hauteurs : Bioware a, à nouveau, fait un travail remarquable de ce côté-là.

Graphiquement le jeu ne vous décrochera pas la mâchoire. Certaines textures sont fades et manquent de relief, et le magnifique côtoie parfois le médiocre. Toutefois l’ensemble possède un charme indéniable, les personnages et les créatures ayant, eux, subis un traitement de qualité. L’interface est simple à utiliser et plaira aux néophytes comme aux habitués du genre. Tout est clair et bien expliqué, mettant le jeu à la portée de tous.


Tout n’est bien entendu pas parfait. On pourra regretter que le héros ne parle pas durant les dialogues. L’inventaire aurait mérité quelques onglets de plus afin d’éviter les mélanges des genres. Certaines macros mises en place ne se déclenchent pas ou mal, ou parfois vos compagnons restent pantelants en pleine action. Il faut donc leur redonner l’ordre d’attaquer. Les PNJ ont également tendance à être passifs, entendez par là qu’ils sont souvent plantés à un endroit en attendant notre intervention. On ne ressent pas cette impression de vie que l’on rencontre dans The Witcher ou le récent Risen par exemple. Quelques petits détails, mais vraiment rien de rédhibitoire au plaisir de jeu.

En conclusion, Bioware nous offre là un grand RPG, immersif et accessible. Participer au destin épique de Ferelden est une aventure passionnante et de longue haleine. La durée de vie très longue et les différents scénarios de départ permettant de recommencer l’aventure avec un regard différent, vous procureront de nombreuses heures de distraction. Dragon Age Origins est un RPG riche et mature qui ravira tous les joueurs en mal d’aventure épique.
Complet et accessible, il conviendra aussi bien aux experts qu’aux profanes. Bioware était attendu avec cette suite spirituelle de Baldur’s Gate. L’attente aura-t-elle été justifiée ? Oui, absolument. Les puristes y trouveront sans doute à redire, mais Dragon Age Origins est sans doute l’un des meilleur RPG de ces dernières années. Bioware est revenu à ses premiers amours pour notre plus grand plaisir.

+ Scénario épique et prenant.
+ Excellents doublage FR et mise en scène.
+ Editeur de personnages intéressant grâce aux différentes origines.
+ Feuille de personnage alliant richesse et simplicité.
+ Très bonne durée de vie et rejouabilité.

Note RPG 4 sur 5
Note testeur 09 sur 10

– Quelques bugs d’affichage.
– Assez linéaire au final.
– Des textures assez grossières.

Borderlands

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Sur une planète dévastée et dangereuse, une ruée vers l’or fait rage. Pandore, terre d’accueil de nombreux chasseurs de reliques, est au centre de cette chasse au trésor. D’après la légende, une arche extra-terrestre, offrant richesse, pouvoir et femmes, serait cachée quelque part sur les terres de ce monde en ruines. Vous, héros, élu, êtes un de ces chasseurs, un chasseur de l’arche.

​Héros de Pandore

Borderlands est un jeu que l’on pourrait définir comme un hack & slash en vue subjective. C’est un savant mélange de jeu de rôle, de jeu de tir et de MMO. Mais à la différence d’un Fallout 3, vos compétences de visée à la souris sont réellement mises à contribution, et il faudra faire évoluer ses skills de joueur autant que ceux de votre personnage pour vous faire une place dans cet univers post-apocalyptique.

Le jeu vous place dans la peau de l’un des quatre héros jouables du jeu, comparable à quatre classes de personnages. Le spécialiste de l’infiltration, le sniper, le soldat polyvalent qui fait aussi office de classe de support et le gros bourrin seront représentés chacun par des protagonistes aussi ravagés que l’univers dans lequel ils évoluent.

Chacun d’eux possède des affinités propres avec un certain type d’armes que l’on trouve dans le monde de Pandore, ainsi qu’un pouvoir spécifique évolutif suivant un arbre de compétence permettant de diversifier une même classe de personnage en trois déclinaisons. La sexy Lilith pourra ainsi se rendre invisible et éviter un squad de monstre, où réapparaître dans une explosion au centre d’un groupe d’ennemis. Elle aura en outre une affinité avec les armes dîtes élémentaires.

It’s raining weapon

Des armes, c’est bien ce que l’on trouve à profusion dans le monde de Pandore. Aléatoires qui plus est. Pour ceux qui ne connaissent pas le principe, c’est extrêmement simple : chaque arme que vous trouverez, mise à part quelques armes « nommées » propre à un boss, est générée aléatoirement par le jeu. Son nom, ses caractéristiques, tout est créé à la volée. Cette feature du jeu apporte plusieurs choses au gameplay, à commencer par la profusion d’armes que l’on trouve. Mais cela permet aussi et surtout de rendre chaque partie différente, même entre plusieurs sauvegardes. Il en existe aussi plusieurs types, du flingue de base au gros sniper à visée thermique, en passant par le shotgun aux balles explosives. Chacune ayant ses forces et ses faiblesses évidentes. Le shotgun est inefficace à distance et le sniper n’est pas d’un grand secours au corps à corps, pour ne citer qu’eux.

Vous trouverez aussi en Pandore d’autres objets : des potions, des modules à installer sur vos armes, des grenades et j’en passe. Borderlands fait de chaque instant un Noël avant l’heure avec des geysers d’items qui tombent à chaque tuerie. Sur ce point, il est a noter un point qui en fera jaser certains : les objets tombent de manière aussi aléatoires qu’ils sont générés. Ne vous étonnez donc pas si une petite bestiole à plume laisse derrière elle un fusil d’assaut haut de gamme.

Répartition des tâches

Comme énoncé plus haut, Borderlands est un mélange entre histoire farfelue mais immersive, gameplay de hack & slash en vue subjective et collecte à la MMO. Il est inutile de tourner en rond sur la question : le jeu est répétitif, très. Mais c’est un peu le gameplay qui l’impose et les amoureux de la pêche aux objets et du charcutage en série seront aux anges. Cependant, les aficionados de grandes histoires, de choix cornéliens ou encore de longues quêtes passionnantes s’ennuieront très vite. Les quêtes se ressemblent souvent, les ennemis aussi d’ailleurs. La narration n’est pas des plus épiques mais se on se surprend souvent à esquisser un sourire devant la dégaine des personnages ou leurs délires à l’image du monde.

De la technique

J’ai parcouru le jeu sur la version PC. Je ne me prononcerai donc que sur celle-ci. Et de ce coté-là, aucun problème : le jeu tourne en 1920 * 1200, toutes options au maximum à plus de 30-40 FPS sur une machine basée sur une 8800 GTX et une processeur 2.5 Ghz. La patte graphique du jeu est très originale, proposant un cell-shading prononcé, renforçant l’aspect « déjanté » de l’univers.

Au niveau sonore, ce n’est pas Byzance, bien que le feeling des armes soit bien présent. Les voix sont légèrement sur-jouées à mon goût, même en VO, mais c’est là un avis très personnel.

Gros bémol au niveau des menus, pensés pour console et donc inadaptés au possible sur PC. C’est littéralement énervant et fatiguant de vendre son matériel ou de parcourir les quêtes dans le journal. On ne peut même pas scroller avec la molette ou la souris dans certains menus, il faut passer par les touches « pageup » et « pagedown ».

Exploration familiale

Bien que le jeu soit intéressant malgré ses défauts en solo, c’est en coopération qu’il prend toute sa saveur. Le jeu propose en effet de faire tout le jeu à plusieurs (jusqu’à quatre). J’ai personnellement fait le jeu à deux, avec un ami et c’est sincèrement bien plus fun qu’en solo. On s’ennuie moins, le challenge est de taille, le jeu adaptant le niveau et le nombre des ennemis au nombre de joueur. Pour agrémenter un peu l’exploration du monde, en solo ou à plusieurs, on notera aussi la présence de véhicule, chaque joueur pouvant avoir le sien, et deux joueurs pouvant partager un seul véhicule.

Et le scénario ?

Si je n’ai pour le moment pas abordé le scénario plus en profondeur, c’est tout simplement parce que l’intro de ce test le résume à lui seul. Comme je le dis plusieurs fois dans ces lignes, l’histoire est relativement basique, même si les plus explorateurs d’entre vous trouveront des quêtes permettant d’en apprendre plus sur le monde de Borderlands, et particulièrement sur la planète Pandore, terrain de jeu de nos Héros.

Borderlands est un jeu « frais » qui bouscule les standards actuels avec un mélange des genres très intéressant. Malgré cela, le mélange est bien plus pensé pour les fanatiques de FPS et de hack’n slash que pour les rôlistes, étant donné la linéarité du scénario et l’absence de choix dans les dialogues. L’histoire n’est cependant pas totalement mauvaise, notamment grâce à l’ambiance de ce monde cinglé et violent mais elle n’offrira qu’un piètre divertissement aux joueurs qui recherchent un jeu de rôle à part entière. A vous de voir donc si vous souhaitez faire l’impasse sur l’immersion au profit d’un gameplay nouveau. Si nous étions sur un site généraliste, ou traitant de FPS, Borderlands mériterait un 7 ou un 8 sur 10. Mais la répétitivité, la linéarité et la faiblesse du scénario et des dialogues en font un RPG somme toute assez moyen.

+ L’originalité du titre
+ Mélange des genres intéressant
+ L’humour
+ L’ambiance générale
+ Mode coopératif

Note testeur 06 sur 10

– Bien plus FPS et hack’n slash que RPG
– Absence quasi-totale de choix
– Légère répétitivité après quelques heures

La vision de Killpower :
A plusieurs, du fun à l’état pur. Superbe direction artistique, level design, gameplay, loot, ambiance, durée de vie, joli Goty Enhanced …., croisement hybride entre le FPS et le hack’n slash Borderlands se démarque de ses concurrents par une patte graphique unique et un humour omniprésent. A plusieurs, l’aventure se dévore d’une traite et on a très envie d’y retourner avec plaisir.
08/10

Mais en solo, c’est plutôt cela :
MAIS, moi j’aime quand c’est hardcore et là ça ne l’est pas comme tous ces jeux qui s’adressent à un large public. Vous mourrez, vous repartez du dernier checkpoint en perdant un peu d’argent.

Donc aucun challenge, car il suffit d’avoir le level des ennemis pour réussir à passer le niveau. Et si vous ne l’avez pas, attendez-vous à souffrir et à recommencer. C’est très dommage. Car en clair, vous pouvez faire n’importe quoi, cela n’a aucune incidence sur votre destinée. Vous monterez et finirez par l’avoir de level pour vaincre.

Les aller-retours du premier niveau avec créatures qui reloadent à chaque passage sont extrêmement pénibles durant les premiers niveaux, alors qu’il y aurait tant à faire avec le contenu qui est si riche par la suite. Je m’y suis ennuyé et après je me suis promené mais sans ressentir l’adrénaline des FPS sans pitié.

De plus, les coffres avec clés en or, donc des dons d’objets ultimes, sont des hérésies. m’enfin, comme je l’ai dit un jeu fait pour console et public familial.

Dommage, il y a tant de bonnes choses.
06/10

Risen – Test 2

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 La tempête fait rage, le navire tangue, secoué par les vagues furieuses de la mer. Un Titan surgit de l’océan, prêt à défier le monde. Un homme avec un oeil 24 carats, sur le pont de l’embarcation, lui fait face. Son bras droit lance un éclair vers le géant, sans succès. Après un regard de défi à la créature, le magicien disparaît. La mer déchaînée continue sa danse macabre. Une lame de fond terrifiante occulte le ciel, s’abat sur le bateau et brise la coque. Vous, passager clandestin et témoin des combats contre les éléments, coulez alors dans les ténèbres salées de l’océan.

L’île fantastique

Vous n’êtes pas mort, la mer vous a rejeté sur une plage jonchée de cadavres et d’objets de toutes sortes. Vous vous levez péniblement et observez les débris de votre embarcation que les vagues charrient sur le sable. Le sol se met alors à trembler, vous vous retournez vers la jungle et observez le volcan qui domine les lieux. Vous n’êtes pas seul, plus loin sur la plage une jeune femme semble avoir eu autant de chance que vous. Whaou ! Qu’elle est moche ! Le bain d’eau de mer ne semble pas lui avoir réussi. Pour le remake du « Lagon Bleu » c’est raté, tant pis.

L’amour n’étant plus une option, vous commencez à explorer les lieux. Vous découvrez un couteau et, surtout, vos premiers adversaires, des vautours marins. Une fois ces derniers transformés en nuggets, vous entamez l’exploration de ce qui semble être une île, suivi par la femme mal foutue. Vous ne tardez pas à découvrir une maison abandonnée. La beauté fatale qui vous accompagne décide de jouer les épouses, et exige, en plus du toit que vous lui avez dégoté, que vous lui prépariez un barbecue. Après avoir trouvé une poêle, vous nourrissez ce tendre ange, qui, repus, décide de rester sur zone. Vous en profitez pour partir à l’aventure à l’intérieur des terres.


Le sol gronde encore alors que vous rencontrez le premier autochtone, et non, ce n’est pas Tattoo avec un collier de fleurs, criant « l’avion ! l’avion ! ». Ce dernier vous met au parfum des dernières nouvelles de l’île. Il vous raconte donc que le sol s’est ouvert suite à de nombreux tremblements de terres. Des crevasses ont jailli des temples de pierres et une multitude de démons s’abattant sur les terres et les habitants. Il vous explique que les habitants sont divisés entre deux factions: l’inquisition de l’ordre de la flamme éternelle et le Don (Diego de la Vega ?).

L’inquisition est dirigée par Mendoza, le gars à l’oeil 24 carats, qui était avec vous sur le bateau. L’inquisition, suite aux derniers événements, a déclaré la loi martiale sur l’île. Tous les habitants sont sous la garde de l’ordre. Les contrevenants à la loi sont expatriés vers le monastère, bastion de l’inquisition, pour être enrôlé de force dans les troupes de l’ordre. De son côté, le Don, s’est réfugié dans les marais avec ses hommes, entassant de l’or afin de déclarer la guerre à l’inquisition. La seule ville habitée est Port Faranga, servant de zone franche entre le Don et Mendoza. A vous maintenant de prendre parti pour l’un des deux camps, et de découvrir l’origine du mal qui s’abat sur cette île mystérieuse et fantastique.

Un semblant d’art gothique

Né du divorce consommé entre Piranha Bytes et Jowood studioRisen est un action-RPG en vue à la troisième personne. Ce qui frappe d’emblé lorsqu’on démarre l’aventure, c’est la filiation assumée du titre avec la série Gothic, notamment le troisième opus. Hormis quelques textures et des effets de lumière retravaillés, on a l’impression de se retrouver devant un add-on de Gothic III.

Les ficelles du jeu sont exactement les mêmes, comme le fait de pouvoir cuire des aliments, les maîtres qu’il faut trouver pour apprendre de nouvelles capacités, même le scénario rappelle bizarrement la lutte entre les rebelles (les hommes du Don) et les orcs (l’inquisition). Toutefois pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de pratiquer Gothic III, nous allons détailler les possibilités offertes par le dernier né de Piranha Bytes.


Vous incarnez donc un naufragé échoué sur une île subissant une douloureuse malédiction. Deux factions sont présentes, vous pouvez vous joindre à celle qui vous intéresse en fonction de votre caractère. Il n’y a pas d’éditeur de personnage et devez donc vous coltiner un avatar au charisme de chien écrasé, heureusement que 99% de l’aventure se déroule de dos. Les PNJ masculins ont eu droit à plus de soins , par contre les PNJ féminins, c’est affaire de goût, mais les ‘tits gars de Piranha Bytes doivent tous être misogynes et célibataires.

Les différentes créatures que vous croiserez font parti du bestiaire traditionnel des RPG médiévaux : Squelettes en armes, gnomes, loups, goules, vers géants, etc. Le bestiaire est riche et les monstres sont bien modélisés et font preuve d’intelligence, mais je reviendrai sur ce dernier point plus tard.

Les combats sont en temps réel. Vous pouvez utiliser toutes sortes d’armes, allant de l’épée à la lance, en passant par les arcs et autres arbalètes. Vous pouvez vous protéger grâce à des boucliers, ce qui est vivement recommandé car les combats sont assez ardus. Un simple sanglier peut vous éradiquer en un instant, cela rappellera des souvenirs à certains d’entre vous. Il faut donc faire preuve de prudence, et frapper ou parer au bon moment si l’on veut survivre aux dangers de l’île de Faranga et engranger de l’expérience. La sauvegarde rapide est heureusement présente et devient vite une alliée de choix.


Le développement de votre personnage se fait grâce à des maîtres disséminés sur l’île. A chaque fois que gagnerez un niveau vous empocherez 10 points d’apprentissage que vous pourrez dépenser auprès d’eux, avec un peu de sous tout de même. Les capacités sont nombreuses et surtout utiles. Ainsi vous pourrez devenir voleur en apprenant l’art du vol à la tire et la discrétion, barbare en apprenant l’art du combat à la hache, ou encore chasseur grâce à l’art du dépeçage. De nombreuses combinaisons sont possibles, de manière à se façonner un personnage aux petits oignons. Certaines capacités sont indispensables toutefois, comme le crochetage de serrure, car les coffres sont nombreux et recèlent des objets bien utiles.

Le crochetage déclenche d’ailleurs un mini jeu où il faut découvrir la combinaison du coffre en utilisant les touches « gauche » et « droite », sympathique. Une fiche de personnage est disponible mais ne permet aucune interaction, tout se passe auprès des maîtres. L’inventaire est, quant à lui, d’une utilisation basique et ne s’embarrasse pas de fioritures, on apprécie d’ailleurs qu’il soit divisé en plusieurs onglets pour faciliter le choix et le rangement des objets. Le scénario et les quêtes associées sont intéressants et addictifs. On évite l’écueil du cherche-moi ci ou ça, et dans l’ensemble les dialogues sont matures et dans le ton. Concernant la durée de vie, il faut compter entre 30 et 40 heures de jeu, avec une possibilité de le rejouer avec l’autre faction.

Au coeur du volcan !

Techniquement Piranha Bytes a fait un travail soigné. Les extérieurs sont de toute beauté. Les effets de lumières et le cycle jour/nuit finissent de magnifier l’ensemble; on regrettera toutefois qu’il n’y ait pas de version Dx10 dispo. Certes on est loin du Cry engine 2 ou de l’unreal engine 3, mais ça tient la route. Port Faranga, la seule ville du jeu, est agréable à visiter. Le port face au coucher de soleil est superbe. Toutefois se retrouver avec de nombreuses textures, voir les même meshes, que dans Gothic III montre un léger manque d’ambition de la part de Piranha Bytes ; il serait temps qu’ils mettent à jour leur bibliothèque.

Pour les sceptiques, regardez un peu les plantes que l’on peut ramasser dans Gothic III et comparez avec celles de Risen. Fascinant, n’est-ce pas ? Comme dirait Mr Spock. Même constat au niveau des animations, certaines, même si elles sont de bonne facture, ont comme un air de déjà-vu. Tout cela n’est bien entendu pas gênant en soi, mais au début, on se pose quelques questions. A noter tout de même que le jeu est bien mieux optimisé que son aîné à sa sortie.


Côté sons, pas de soucis. Les musiques collent bien à l’ambiance et ne donnent pas envie de jouer sans au bout de deux heures, c’est déjà pas mal. Le doublage français est, quant à lui, impeccable. On y retrouve de nombreuses voix connues, comme celle de Kevin Costner (Bernard lanneau) ou Morgan freeman (Benoît Allemane); du tout bon de ce côté là. Concernant la traduction en général, je n’ai pas trouvé beaucoup de coquilles, même si deux/trois existent.

Point intéressant du jeu, l’IA des PNJ et des ennemis. Piranha Bytes a fait un énorme effort de ce côté là. Les ennemis tenteront de vous encercler afin de passer votre garde, et les PNJ vous suivront si vous pénétrez chez eux sans autorisation; et gare à vous si vous êtes surpris en train de voler. Certains PNJ refuserons de vous parler si vous leur manquez de respect ou leur dérobez leurs biens. Pas de panique toutefois, un sort de blague Carambar pourra vous ramener dans leurs bonnes grâces le cas échéant.

En conclusion, Risen est un bon RPG. Une fois passé outre la sale gueule de notre personnage et les similitudes grossières avec Gothic II et III, on prend un réel plaisir à explorer cette île mystérieuse. Le scénario ne se focalise pas uniquement sur le conflit entre le Don et l’inquisition, les implications sont bien plus nombreuses et intéressantes. Par contre si vous avez été réfractaire à Gothic III et à son système de jeu, passez votre chemin, Divinity 2 Ego Draconis ou le futur Dragon Age : Origins vous tendent les bras. Pour les autres, cette aventure mérite d’être vécue, vous ne devriez pas le regretter.

+ Scénario prenant.
+ Aventure de longue haleine.

Note RPG 4 sur 5
Note testeur 08 sur 10

– Techniquement moyen.
– Difficulté mal dosée (de plus en plus facile).
– Design des personnages (notament féminins).