Zoria : Age of Shattering …ou l’âge du bouleversement … en bon français. Si certains politiciens aiment scander que le changement ce pourrait être maintenant, chez Zoria, le « bouleversement » ce n’est pas vraiment « maintenant ». Dire que ce jeu est passé un peu sous le radar n’est pas peu dire, la presse n’en a fait aucun éloge …. Et pourtant… Parfois, rendre à César ce qui lui appartient est une noble cause et c’est ma foi vrai, j’avais donc envie, du haut de mon parcours dans les terres de Zoria, de rendre à Zoria ce qu’il lui appartient. Car OUI, ce RPG tactique a plein de cordes à son arc, même le narratif, mais il ne plaira hélas pas à tout le monde, loin de là.
Bienvenue…
… dans ce disclaimer qui nous met dans le jus directement et qui a le mérite d’annoncer une couleur qui va exactement refléter le jeu. C’est un jeu à dimension humaine, voire gnome, et comme on peut le lire sur l’écran de chargement, Zoria est le fruit de Tiny Trinket Games. Précisons que Tiny veut d’ailleurs dire minuscule, une sorte de P.M.E. de trois collaborateurs qui se targuent d’être des passionnés.
Car Zoria : Age of shattering, c’est exactement ça : Un jeu à moindre ambition, fait par des joueurs avec des moyens à la hauteur de ce que peut fournir une petite équipe de passionnés. Ce n’est pas très joli, même si cela dépend des goûts. Ce n’est pas un RPG très long, si on le compare aux poncifs du genre comme Baldur’s Gate III ou le premier dans lequel j’avoisine les 280 heures au compteur, ou encore dans Rogue Trader, où je franchis tout juste l’acte 3 avec 90 heures de jeu.
Ici, ma première partie affiche 52 heures sur Steam pour 49 succès sur 64 obtenus. Donc je le trouve un peu léger niveau implication. C’est un jeu bourré de « trucs inutiles » et c’est traduit uniquement par deux comparses, All_Zebest et Pendragon64 qui ont tout mon respect… Ça ne donne pas forcément envie de premier abord… Et vous auriez surement raison. Mais ne claquez pas la porte trop tôt… Parce que, bon sang que c’est quand même super chouette Zoria … Comme quoi, les P.M.E., hein !


A l’aventure compagnons …
Un feu de camp, des aventuriers autour et une espèce de ruine/donjon/truc chelou avec une lumière rouge… C’est cosy, un poil intriguant à l’image de ce bouton « new game »… Alors, new gamons de ce pas ! Place à la création de personnage : si celle-ci s’avère très classique, choix homme/femme, ici pas d’inclusion. Personnellement, je dis oui, mais dans ce monde aujourd’hui qui se divise pour un iel ou un non, autant le préciser…
Puis vient le choix de la classe. Ce passage est assez intéressant puisque les classes sont assez originales. On a le lancier, la sentinelle, l’homme du roi, une sorte de chevalier/paladin, le barde, le nécromancien, le prêtre, le mage, le voleur, le ranger, le clerc de bataille, et enfin le nightwarden, que je ne connais pas, car provenant d’un DLC.
Enfin nous somme invités à fignoler physiquement notre avatar. C’est rapide et assez sommaire. Simple mais efficace, car si des gros AAA, comme le dernier Dragon Age, propose un moteur de création de personnages assez poussé, quel en est son intérêt ? A méditer …. A-t-on vraiment besoin de plus ? Je vous laisse libre juge, moi encore une fois, je n’en demande pas plus.
Ensuite, nous devons proclamer notre « nom de légende », et une fois celui-ci apposé, le jeu se lance. L’histoire en deux mots : un conflit entre deux grandes nations, une plus méchante/rusée/déterminée que l’autre va user d’artifices en mode pas réglo du tout et va déclencher un cataclysme et réduire l’autre nation à un stade de défaite quasi-totale.
Comme dans Astérix le Gaulois, il y a quelques irréductibles dont certains tiennent tête à l’envahisseur du haut de leurs dernières forteresses encore debout. Vous êtes un commandant qui se « réveille » et qui va devoir empêcher la forteresse actuelle d’être détruite. Pour une raison de no spoiler évidente, je ne dévoilerai pas que le verbe « réveiller » aura ici des sens multiples. Vous aurez en premier lieu la lourde tâche de devoir empêcher la forteresse actuelle d’être détruite.
C’est visuellement sympa, et il y a tout ce qu’il faut : une minimap, un tutoriel qui fait le café, une histoire qui nous plonge dans le bain, and nothing else matters comme dirait l’autre. Ni une, ni deux, nous voilà à fouiller cette superbe salle à manger. On loote trois pommes dans quatre tonneaux et deux bandages, une épée (ou un bâton, ou les deux…) et voilà le champ de bataille qui s’offre à nous. Les contrôles sont classiques avec clavier/souris, bouton droit pour la caméra et ZQSD pour le déplacement. On peut aussi cliquer pour se déplacer mais je ne recommande pas du tout cette façon de faire.
L’ambiance sonore et visuelle de fin de monde est assez bien posée et à vrai dire, c’est assez fun. Une fois dehors, vingt minutes après, premier boss, vingt minutes après, c’est la débâcle, tout crame dans tous les sens et nous voilà embarquer pour devoir lever une armée plus haut dans le nord et tant qu’à faire, sauver le monde tout en essayant de percer le mystère : « Comment diantre cette armée ennemie a pu en si peu de temps, nous coller une trempe aussi violente et de façon si rapide ??? ».


Alors niveau scénario, ce Zoria ce n’est pas, et ne sera jamais, au niveau d’un Pillars of Eternity , ni d’un Baldur’s Gate. De toute façon, vous commencez à le percevoir, avec Zoria, c’est cela tout le temps : De la feuille de création de personage, au générique de fin, ce sera du simple, de l’efficace et du politiquement correct.
On aime ou on n’aime pas, il n’y aura pas de chichi. C’est comme si on lisait du David Gemmel ou du Andrzej Sapkowski et que l’on compare avec du Terry Pratchett ou du Jean-Philippe Jaworski … Ce n’est pas la même crémerie, mais c’est quand même du bon fromage. Si on a un tant soit peu l’esprit ouvert et, au final, si on aime le jeu de rôle, on prendra vraiment du plaisir et parfois vraiment beaucoup. Certaines quêtes sont vraiment drôles, à l’image du recrutement de notre forgeron.
Nous voilà donc sauveur en devenir et enquêteur. Rapidement, on sera en charge d’un bastion qui va devenir nôtre propriété. A noter que le jeu nous permettra de le faire grandir, de construire des bâtiments dans lesquels viendront ensuite une floppée de PNJ, tels que des artisans et des sorciers. Nous aurons également la possibilité de créer littéralement notre armée. Ce pan du jeu assez intéressant se révèlera hélas peu poussé mais aura quand même le mérite d’exister et d’occuper pas mal de notre temps.
Une fois notre bastion digne de ce nom, une fois, une armée plus ou moins levée, viendra le temps d’équiper ce monde, de crafter des centaines de potions. Là aussi, le système de craft est classique, mais efficace. Il y a du loot à foison, des quêtes diverses et variées… C’est le lien directeur de ce « test » : simple, classique et efficace.


Parlons détails …
Je me suis éclaté comme un gosse dans Zoria. J’ai visé le 100%. D’une, parce que ce n’est pas un jeu bien long, de deux, parce que soyons honnêtes, le jeu en mode difficile n’est pas vraiment compliqué, et de trois, parce que je pensais, et je le pense encore au final, que certains pans de ce titre se dévoilent dans la recherche et la patience.
Le monde sera divisé en plusieurs cartes avec des temps de chargements, entre bâtiments par exemple, assez pénibles. Ces derniers sont courts, mais il y en a beaucoup, donc parfois, cela fatigue. Notre « HUB » principal, le bastion, sera divisé en plusieurs bâtiments et servira en quelque sorte à préparer nos diverses expéditions et à faire évoluer le scénario. Une fois dehors, il sera temps d’aller fracasser du golem, de tuer des bandits, des araignées …
Les combats sont d’un classicisme frisant parfois le ridicule. Notre éventail de sorts comme les boules de feu, les invocations ou autres pluies de flèches est assez sympathique avec une sorte de jauge qui permettra d’aller chercher des sorts ultimes comme une tempête de météore par exemple. Nous sommes ici dans du tour par tour par ordre de rapidité, et à ma connaissance, je ne sais pas comment influer sur l’ordre d’initiative … Dans tous les cas, lors de sa phase de jeu, un ami ou un ennemi se déplace, puis fait une action ou l’inverse.
Comme dans tout bon JDR, nous aurons du stuff et des compétences qui viendront renforcer nos traits. Idem pour le leveling qui est simple, voire simpliste. Les sorts et les skills qui ne sont pas d’un nombre faramineux : il y a une branche principale avec deux choix possibles par embranchements pour un total de 10 sorts différents par personnage. Les donjons sont sympathiques mais courts et le bestiaire reste du D&D sans l’être : araignées, squelettes, dragons…
L’ambiance sonore est plaisante dans la discrétion. L’on parlera ici plus d’ambiance avec un mélange de musiques qui sont en fonction du lieu, quelques ballades champêtres dans les forêts, quelques tambours de guerre dans les camps d’orc ou de gobelins.
Encore une fois, classique mais efficace !


Bilan …
Zoria est un jeu modeste. Tout dans ce jeu transpire le « peut mieux faire » évident. Pour être franc et honnête, il y a beaucoup de choses et de mécanismes extrêmement perfectibles. Le craft, que ce soit potions ou matos, est peu poussé. Il n’y a pas ou très peu de quêtes de compagnons. D’ailleurs, ces derniers sont de simples PNJ lambda à deux trois exceptions près, recrutables comme des pions dans notre armée globale, mais que l’on peut décider d’intégrer dans notre groupe de trois.
Le levelling est peu compréhensif. On n’influe pas sur le niveau des statistiques, on choisit juste tous les X niveaux un choix de sort sur deux disponibles. Ainsi, notre clerc pourra soigner grâce à une zone d’effet ou faire un buff tank par exemple, puis sur un autre nœud de choix, il pourra proposer des dégâts supplémentaires ou au contraire, un bouclier protecteur.
Visuellement, c’est sympa sans plus. Par contre, aucun bug, ni aucun souci de performance sur ma modeste machine. L’histoire est assez convenue avec cependant quelques passages bien pensés et novateurs. Et à ma connaissance, il n’y a que deux fins possibles. Donc, pourquoi malgré ce bilan un semblant assez négatif, je persiste à dire que Zoria : Age of shattering est vraiment un chouette jeu ?
Déjà, parce que je me suis amusé. La définition d’un « jeu » est, dixit Le Larousse : « Activité physique ou mentale dont le but essentiel est le plaisir qu’elle procure. » Donc, on coche la case. Zoria : Age of shattering m’a même beaucoup amusé, que ce soit lors de quêtes vraiment bien écrites (mention spéciale à l’escorte de la vache ou au marin vaudou maudit), ou que ce soit dans le « housing » où j’ai pris plaisir à créer mon armée et mon bastion.
Il y a de l’amour dans ce jeu vidéo, dans ce monde, dans ce lore aussi « simpliste » soit-il. Et moi de l’amour, j’en ai besoin. Je me suis beaucoup amusé sur la série The Witcher, sur les Divinity, les Deus Ex mais aussi sur Outer World, les Might and Magic (et même le 10, surtout le 10 d’ailleurs), ou encore sur Miasma Chronicles… Car j’aime jouer, ça me détend, ça me fait voyager, ça m’émeut, ça me console.
« Activité physique ou mentale dont le but essentiel est le plaisir qu’elle procure » qu’il disait. Zoria : Age of shattering m’a-t-il procuré du plaisir ? Pour sûr ! Donc oui, c’est un bon titre. Et c’est déjà pas mal non ?! Surtout pour une P.M.E !
+ Grandeur de l’univers et activités
+ Plusieurs systèmes d’évolution
+ Artisanat, familiers, jeux annexes
+ Bonne durée de vie
+ En français avec patch par la communauté
+ Qualité de l’écriture globale
+ On doit sauver le monde quand même !


– Quêtes parfois peu inspirée
– Système d’artisanat bien pensé mais qui au final ne sert que trop peu
– La difficulté, passé le tiers du jeu inexistante
– Un final un peu bâclé


Merci pour ce test Dafalgan. Un jeu avec des moyens limités mais qui s’en sort pas mal. A rajouter à ma liste d’achat.
Merci Dafalgan pour ce premier test qui donne envie de se faire son propre avis sur ce petit jeu. Au plaisir de lire le prochain !
Bonjour. Merci pour ce très bon test ainsi que pour la reconnaissance de notre travail sur Zoria. Ce jeu mérite d’être plus connu et acheté. (Je précise que nous n’avons pas été rémunérés pour le traduire).
Merci pour le test, je le note pour tester plus tard
Merci à vous pour vos retours ! Ce fut mon premier … d’une future longue liste de tests !
Bon… Pas un Triple A mais c’est ce qui rend ce jeu honnête. Et c’est pour ça qu’il semble accrocheur. Ca donne envie de ne pas s’arrêter à son apparence et d’aller voir ce qu’il a dans le bide.