Développé par et édité par Early Morning Studio, à qui l’on doit précédemment le RPG open-world en 2D Vampire’s Fall : Origins, qui, même s’il m’avait laissé un peu sur ma faim, m’avait fait forte impression pour une future production. Slow_Hand s’était montré plus enjoué de son côté. Du coup, l’annonce de Vendir : Plague of Lies m’a enthousiasmé, et j’attendais beaucoup de ce titre. Et puis, j’ai eu l’occasion de tester la démo qui était bourrée de bugs et qui proposait un jeu similaire au précédent, sauf que cette fois-ci nous devions gérer un groupe. Du coup, j’ai décidé d’attendre sa sortie en mai 2024 et puis j’ai laissé passer du temps. Et la semaine dernière, je me suis lancé dans l’aventure avec assez de recul pour vous donner mon retour.
Plongé dans un monde médiéval fantastique où la misère et la magie fusionnent, vous incarnez un personnage d’origine modeste, en lutte contre un roi tyrannique dans un pays ravagé par la pauvreté. La quête de votre héros commence avec une lettre de votre mère, et grâce à votre sœur Mellia, vous vous échapperez de la ville dans laquelle vous étiez confiné pour partir dans une épopée héroïque contre le roi tyrannique. L’histoire dans un monde mature et dark semble être intéressante et souffre parfois d’un manque de nuances dans ses dialogues, qui sont souvent traduits maladroitement. J’y reviendrai d’ailleurs ultérieurement.
Mais avant cela, vous allez créer votre avatar, en définissant votre portrait physique : sexe, coiffure, pilosité, tenue…, Il n’y a pas de choix de classe, car vous formerez votre personnage avec sa progression. Ensuite, vous partez à l’aventure avec un second personnage prédéfini. Avec cette vue de personnage, on voit bien que graphiquement, c’est très moche et c’est normal, je vous répondrai : C’est un portage mobile… malheureusement.
Un petit peu de potage monseigneur ?
Vendir : Plague of Lies offre une carte vaste à explorer, avec de nombreuses quêtes secondaires basiques, de lieux à découvrir, de coffres éparpillés et de dialogues avec des pnj. Il existe un système de voyage rapide qui fonctionne si on a l’objet correspondant. En vous déplaçant, vous aurez des rencontres aléatoires – comme on pouvait en trouver dans un des premiers Final Fantasy sur la carte globale – et des fixes selon vos quêtes. On reprochera au jeu d’afficher simplement des signes pour signifier les demandes de quêtes et les lieux où vous pourrez les réaliser. Parfois, les quêtes marquées sur la carte sont parfois erronées et les lieux d’interaction parfois imprécis, ce qui peut agacer, mais cela reste occasionnel. Sur la carte, vous verrez aussi apparaître des végétaux que vous pourrez ramasser pour crafter.
L’un des points forts de Vendir : Plague of Lies est son système de combat. Lorsque vous vous déplacez sur la carte, à tout moment, vous pouvez vous retrouver dans une zone de combat en vue de trois quart. Chaque groupe de belligérants, de 1 à 4 se fait face, et parfois, vous aurez plusieurs vagues d’ennemis à la suite.
Il se déroule alors au tour par tour, durant lesquels chacun de vos personnages va faire une action. Il n’y a pas de tactique au niveau du choix de la cible., car les deux groupes étant alignés, on peut frapper n’importe qui. Vous pouvez alors faire, soit attendre, soit une attaque normale, soit utiliser une compétence que vous aurez débloquée au préalable si vous avez assez de points de mana, que vous récupérez à la fin du tour. Lorsque l’un de vos personnages prend des dégâts, vous cumulez une jauge de « Dépassement ». Elle vous permettra, quand elle sera pleine, d’effectuer un coup puissant. En imaginant que vous ayez 4 personnages dans votre groupe, vous pourrez ainsi avoir des stratégies diverses et variées qui montrent la richesse de ce système. Il y a de quoi faire.
Rajoutez à cela un équipement complet avec différents degrés de rareté qui boosteront vos actions et vos caractéristiques. Il est donc important d’optimiser vos personnages pour une utilisation optimale dans les combats, qui vous rapporteront loots, argents et expérience.
Et parlant justement de cette progression : A chaque passage de niveau, vous gagnez 3 points à distribuer dans les 6 caractéristiques qui le définissent (Force, …). Et les personnages possèdent un arbre de compétences unique à tous, qui se décompose en différentes branches chacune se focalisant sur un aspect particulier du gameplay, comme les attaques de mêlée, la magie, le soutien ou la défense et dont certaines compétences seront passives et d’autres a activé durant les combats. On aura en fin de compte XX classes et vous aurez même la possibilité du multiclasse. Mais tout cela manque d’éclaircissement, car lorsque vous débloquerez une compétence active, il n’est pas dit que vous pourrez l’utiliser durant le combat même si vous avez assez de mana.
La bande sonore participe à l’immersion dans l’univers du jeu. Les morceaux s’harmonisent parfaitement avec l’ambiance du jeu, qu’elle soit joyeuse lors des moments de découverte ou sombre dans les séquences plus intenses. Quant aux bruitages, ils sont corrects, mais on reste face à un jeu mobile.
Il y a un hic dans le potage !
Vendir : Plague of Lies est un RPG qui, malgré ses imperfections, pourrait réussir à vous immerger grâce à des mécaniques solides et une grande liberté de choix dans les quêtes. Malheureusement, il y a trois gros hics :
Le premier, c’est tout simplement la lourdeur des combats en début de partie, car autant Vampire’s Fall : Origins se jouait rapidement parce qu’on ne gérait qu’un personnage face à un ennemi ou deux de suite, dans Vendir : Plague of Lies, on a dans son groupe de 2 à 4 personnages face à des ennemis qui sont jusqu’à 4, parfois avec plusieurs vagues et qui sont de véritables sacs à points de vie. En début de partie, cela rend les combats extrêmement longs et fastidieux, surtout avec les boss.
Le second hic est tout simplement sa traduction faite avec une application de type Google. Et comme le jeu est extrêmement bavard, parfois avec un langage cru et familier, la traduction est une CATASTROPHE qui vous sort totalement de l’aventure. C’est franchement affligeant que le développeur n’est pas appris de son expérience sur PC. Parce que ce défaut était dans le jeu précédent et on aurait pu penser que le développeur allait rectifier le tir.
Et du coup, on arrive au troisième hic qui correspond justement à ce point : Tous les reproches faits à Vampire’s Fall : Origins se retrouvent dans Vendir : Plague of Lies. Alors, quand on cumule tous ses problèmes, eh bien je peux dire que mon bilan n’est pas des plus glorieux !
Et du coup, je n’ai pas poursuivi l’aventure après cinq heures de jeu. Trop de défauts rédhibitoires qui cassent complètement l’envie de jouer. Trop pour le moment. Et pourtant, en corrigeant les trois hics évoqués ci-dessus, ce jeu pourrait vraiment être intéressant, sans pour autant être un grand hit. En attendant, je passe à autre chose.
Déception. C’est le mot qui me vient en tête quand je pense à Vendir : Plague of Lies. Le jeu se résume à un simple portage mobile qui est bien en deçà des productions RPG sur PC, comprend tous les défauts du jeu précédent, en ajoutant des combats plus longs. Alors oui, le système d’évolution et la diversité stratégique sont intéressants, mais il faudra vraiment dépasser tout ce qui est négatif. Et ce n’est pas simple, vous en conviendrez. Alors pour le moment, jouez en anglais et préférez la version mobile, et vous serez moins déçu : il est gratuit avec des achats en ligne.
+ Liberté d’exploration
+ Un système d’évolution intéressant
– Des graphismes en dessous des standards actuels …
– … normal c’est un portage paresseux
– Traduction IMMONDE
– Quêtes basiques
– Combats longs

