Sancticide est un action-RPG à la troisième personne. Il est développé par Red Square Games et Sylen
Studio, et disponible en accès anticipé. Je l’ai testé sur PC sous Linux. Sylen Studio a précédemment sorti en 2021 The Sin Collector, dans le même univers que Sancticide, issu d’une série de livres de Michal Golkowski. Ces livres ne sont malheureusement disponibles qu’en polonais, à mon grand regret.
Sancticide est en accès anticipé pour 5 à 10 mois, et c’est pour cette raison que je n’en propose qu’un aperçu. Il ne me semblerait pas juste de juger ou de noter un jeu non fini. Bien sûr, pas mal de bugs sont à déplorer, mais d’une fois à l’autre, je constate des améliorations. Les développeurs travaillent dur sur le jeu, et il évolue toujours.
Univers
On nous propose d’incarner Ezekiel le septième, prévôt sous les ordres de l’ange Azrael. Nous sommes un collecteur de péchés, ce qui consiste essentiellement dans l’assassinat brutal des pêcheurs sur Terre, soit une immense majorité. L’apocalypse est commencée, et notre personnage travaille à grand coup de glavius à ce qu’elle se termine.
Nous sommes dans un univers certes biblique, mais également résolument moderne. Le choc des deux donne un humour décalé qui peut parfois rappeler Kaamelott, et que j’apprécie particulièrement. Notre Ezekiel a beau discuter avec un ange, il lui parle avec toute la verve d’une poissonnière, exprimant son ressentiment profond, et ferait pâlir un légionnaire aguerri.


Direction Artistique
Entre moderne et biblique, on passe beaucoup de temps dans des ruines et des décombres, dans les restes branlants de villages coincés entre deux rivières de lave. C’est bel et bien l’apocalypse, aucun doute là-dessus.
Le contraste se fait avec le hub d’inspiration résolument Empire Romain, colonnes et jupes de lattes. Pour ceux qui auraient des doutes, l’Empire Romain a pris pour religion officielle le christianisme en 380, et est encore là où réside le Saint-Siège, au Vatican.
Le jeu est joli sur cet aspect, il est vraiment terminé. Pas de bugs de texture ou d’asset. L’ambiance est prenante, et le contraste entre ruines apocalyptiques et temples romains luxueux très réussi.
D’un point de vue musique, on joue là aussi la carte du contraste, entre musique très chrétienne et rock bien musclé, contraste qui fonctionne bien pour moi. Un regret sur les cinématiques toutefois : de très gros bugs font des lags énormes. Je n’ai eu que quelques images figées, en rendant certaines incompréhensibles.


Compétences
Pour améliorer le personnage, nous avons tout d’abord les statistiques de base améliorables, en trois catégories, à savoir : Corps, Mobilité et Esprit. En 9 points à améliorer pour chaque. La particularité d’Ezekiel se situe dans les pouvoirs de prévôts. Nous avons des pouvoirs :
– Cinétiques : Pousser, Attirer, Télékinésie.
– Passifs : Barrière, Renforcement, Vue.
– Actifs : Ralentir, Éblouir, Flamme Pourpre.
Les pouvoirs cinétiques et actifs s’utilisent comme compétences de combats.

Équipement et butin
Dans le domaine des armes, Ezekiel combat principalement à l’arme blanche. Nous commençons avec un gladius, épée à une main, et ensuite, il est possible de récupérer des épées à deux, des haches et autres katanas. Des armes à feux sont disponibles, mais le nombre extrêmement réduit de munitions en font des armes d’appoint, et rien d’autre.
Je n’ai pas croisé de boucliers sur ma route. Et d’armures non plus. Sera-t-il possible d’en trouver plus tard dans le jeu ? Ou des skins ? Je l’espère, mais je n’ai pas encore la réponse.
Un autre élément omniprésent dans les butins sont les « trouvailles ». Là, on a de tout, du chargeur de téléphone au monokini pour hommes. Uniquement des objets modernes et très prisés du forgeron qui vous les échangera contre des améliorations de vos armes.

Casher or not casher
Une mécanique de jeu essentielle est le « casher ». Ce qui est casher est permis par Dieu. Utiliser des choses non casher fait de vous un pêcheur. Et en pleine apocalypse, ce n’est pas un détail. Tous les objets modernes (les trouvailles qu’aime tant le forgeron), ne sont pas casher. Les armes à feu non plus.
Lors d’une conversation, nous avons la possibilité de scanner l’interlocuteur pour connaître son taux de casher, pouvoir spécifique des prévôts. Et le casher prend toute son importance dans les combats, selon le niveau de casher de l’adversaire, et le fait que l’arme qu’on utilise soit casher ou non.

Combats
Bien évidemment, le casher a son importance en combat. Mais pas seulement. Dans Sancticide, vous allez affronter des ennemis isolés (franchement simple selon moi), et des groupes d’ennemis (et là, je fais tout de suite beaucoup moins la maligne !). J’ai vu des commentaires disants que Sancticide était un souls-like. Soyons clair, ce n’est pas le cas. Les combats ne sont pas simples, mais restent différents. Et surtout, il n’y a pas de boss au sens des souls.
Quand vous allez dans une arène, vous affrontez des vagues d’ennemis. Techniquement, les combats proposent en défensif parades et esquives. En offensif, nous avons un coup de pied qui permet de briser la garde de l’adversaire, en seulement un coup simple. Il évolue avec les enchainements de 2, 3, ou 4 coups. Je regrette l’absence d’un coup puissant.
C’est malheureusement sur les combats qu’il reste le plus de bugs. Les esquives et parades ne fonctionnent qu’une fois sur 3, et les réactions de notre personnage sont parfois très lentes et pesantes. Des bugs de caméra m’ont tué aussi fréquemment que mes adversaires, surtout quand ils s’approchent à plus de… Et bien à plus de un, c’est compliqué.
Il y a du potentiel dans les combats de Sancticide, notamment avec les pouvoirs de prévôts. Des réglages plus fins et la résolution des bugs leur donneraient beaucoup plus d’envergure. À voir ce que les développeurs arriveront à faire dans l’avenir.

Exploration
Sancticide est un jeu en couloir, avec une exploration très classique. Rien d’innovant, mais des petites caches et pas mal de coffres bien cachés, ou au contraire bien visibles, mais avec un accès à découvrir, apportent de la satisfaction. Des bugs de caméra là encore, font que la caméra a tendance à suivre sa propre voie. À vous de la ramener dans le droit chemin, et de l’y maintenir contre son gré occasionnellement.
Dans les bugs, j’ai constaté aussi qu’il semblait me manquer des indications sur la droite de l’écran. Un texte semble coupé. Et je n’ai jamais eu le moindre indicateur de sauvegarde (tant que j’en parle, il n’y a pas de sauvegarde manuelle, uniquement automatique), donc je suppose que celui-ci est dans cette bande de droite manquante. C’est frustrant, car on n’a pas de visuel sur les sauvegardes, et on a donc la surprise, quand on quitte puis reprend, de là où on atterrit. Et la surprise n’est pas toujours bonne.

Bien sûr que Sancticide est loin d’être parfait… Il n’est pas fini ! Le lore m’a vraiment plu et inspirée. L’ambiance est plaisante. Et l’humour me plaît beaucoup. Ai-je piqué des crises de nerfs ? Pas plus de 2 ou 3, et à cause des bugs.
Alors…
Sancticide n’est pas encore prêt. Mais il a le potentiel pour être un bon jeu. Il mérite sa chance, et un vrai test en profondeur quand il sera terminé. Je garde un œil sur lui avant de lui faire affronter le Jugement Dernier.


Merci Jeanne pour ce retour. Il n’y a plus qu’à attendre que la cuisson prenne alors. Patientons.
Excellent retour ! J’ai bien aimé le passage sur le casher ! A surveiller 😉
Super test et vidéo magique !! Merci pour la découverte et à suivre de très près ^^