Une ode au premier Diablo, tout en apportant sa propre patte

Tower of Kalemonvo

Note de l'auteur
08/10
Note RPG
08/10

Conçu indépendamment et en grande partie pendant plusieurs années par une seule personne, connue sous le pseudonyme « Osur », et édité par 2 Left Thumbs, Tower of Kalemonvo est sorti en mars 2025, uniquement sur PC. Le joueur incarne un héros ou une héroïne qui doit atteindre le sommet de la tour de Kalemonvo, en affrontant maintes créatures et individus. Que vaut ce jeu qui rend hommage au premier Diablo, sorti début 1997 en Europe ?

Un mélange de références

Dans une interview, Osur a cité ses principales références, qui sont bien sûr Diablo, avec son univers sombre et ses mécaniques, ainsi que Throne of Darkness pour la tension, la préparation et le développement de l’avatar. En me frayant un chemin dans la tour, j’ai personnellement ressenti une autre inspiration, peut-être involontaire, mais qui m’a frappé : l’ambiance et certains choix dans la progression du joueur m’ont fait penser à Beyond Divinity.

On évolue dans un monde glauque, avec son lot de gore et, comme dans le titre de Larian Studios, il n’y a pas d’archétypes imposés comme le guerrier, magicien ou autre, on peut se tourner vers un build totalement personnalisé.

On retrouve un peu de cette liberté dans Diablo. Il est tout à fait envisageable de prendre le combattant de mêlée et de lui donner quelques sorts. Cependant, il faut comprendre qu’il n’est pas prévu pour cette voie : son mana augmente très peu par rapport à celui du sorcier. C’est donc viable, oui, mais il ne pourra pas utiliser beaucoup de magie, et les sorts les plus intéressants lui seront quasiment inaccessibles. L’inverse fonctionne aussi : prenons le lanceur de sorts, que l’on peut également orienter vers un build de corps-à-corps en investissant les points d’attributs nécessaires pour le renforcer, quelques sorts comme le bouclier de mana lui permettront de mieux encaisser les coups.

Une direction résolument old-school

Après avoir sélectionné un protagoniste et ses armes de départ, nous sommes directement jetés dans la tour. Aucune explication ne nous est donnée, si ce n’est : « Aucun retour en arrière n’est possible ». On n’aura d’autre choix que de gravir la dizaine d’étages pour arriver au sommet.

Les décors seront sombres, mais présenteront tout de même une certaine variété.

Chaque escalier emprunté est accompagné d’une transition indiquant le nom de la nouvelle zone.

Comme dans le jeu de 1997, tout est généré de manière procédurale : l’agencement des lieux, mais aussi les éventuels PNJ rencontrés et leurs quêtes secondaires.

Pas de ville, pas de répit : gérez vos ressources

Cette ascension ne sera pas de tout repos. Dans cet univers, vous n’aurez pas de portails ni d’endroits pour souffler, comme le village de Tristram, qui nous sert de hub pour aller défier Diablo. Comme dans tout hack and slash qui se respecte, en tuant des ennemis, on obtient du butin. La différence est qu’ici, les rares marchands ne nous achètent rien. L’or n’a pas sa place dans la tour : de très rares crânes servent de monnaie. Chacun d’eux est précieux.

Ils servent à être échangés contre de l’équipement puissant, mais ils sont aussi demandés si l’on souhaite renouveler le stock du commerçant, dans l’espoir d’obtenir l’arme qui pourra faire la différence… Parfois, ce n’est pas un crâne qui est exigé : cela peut carrément être des points de mana ou de vie qui seront retirés de manière définitive !

Comme montré dans le screen, vous ne pourrez pas acheter de potions. Celles-ci doivent être trouvées en cassant des barils, en ouvrant des coffres ou en étant lâchées par des adversaires éliminés. Elles sont encore plus vitales que les crânes ! Sans elles, impossible de récupérer de la vie ou du mana. En passant chaque zone au peigne fin, on peut tomber sur divers objets qui, bien utilisés, seront d’un grand secours.

Il y a quelques différences avec le titre de Blizzard. On peut notamment souligner l’absence de durabilité des armes : pas besoin de les faire réparer. Tous les équipements trouvés sont déjà « identifiés ». Dans Diablo, il fallait soit utiliser un parchemin d’identification, soit aller voir Deckard Cain pour qu’il puisse dévoiler les propriétés du butin récupéré.

Comme dans son prédécesseur, chaque étage abrite des ennemis spécifiques. Il s’agit souvent de simples reskins ou de variantes disposant de compétences différentes. En en tuant suffisamment, on finit par révéler leur barre de vie.

Trouvez votre style de combat

Contrairement à beaucoup de jeux du genre, dans Tower of Kalemonvo, vous n’avez pas de classe prédéfinie. À chaque montée de niveau, vous gagnez uniquement des points d’attributs à distribuer. Les capacités dépendent de l’arme équipée, tandis que les prérequis et les sorts doivent être appris dans des livres. Chaque compétence liée aux armes possède son propre raccourci clavier, que l’on peut réattribuer à sa convenance.

Il est ainsi possible de passer rapidement de l’une à l’autre pendant les combats, ce qui les rend plus nerveux tout en évitant de retourner constamment dans les menus. Mieux encore, le placement est très important, car on peut esquiver les projectiles et les sorts en se déplaçant !

La difficulté est assez élevée. Les fioles étant limitées, mieux vaut disposer d’une arme ou de sorts permettant d’attaquer à distance et ainsi économiser nos breuvages.

Pour être honnête, j’ai été assez sceptique au début. Je me disais que toutes ces « restrictions », notamment cette difficulté, allaient finir par me frustrer, mais au final, non. Si l’on gère bien ses ressources et qu’on avance prudemment, le mode normal est tout à fait abordable. On est face à un diablo-like honnête, avec un réel sentiment de montée en puissance lorsque l’on commence à bien se défendre et à éliminer des monstres en un seul coup.

Côté durée de vie, une première partie prend une dizaine d’heures si l’on prend le temps d’explorer chaque recoin. Pour ceux en quête de défi, un succès récompense le speedrun de l’aventure en moins de quatre heures. Le mode New Game Plus ajoute de nouveaux adversaires ainsi que des objets permettant d’augmenter la puissance de l’avatar.

On peut voir Tower of Kalemonvo comme une véritable lettre d’amour à Diablo. Une fois le jeu terminé, d’autres modes se débloquent et proposent du contenu inédit. La durée de vie est tout à fait correcte et offre de nombreuses heures de jeu, surtout dans les niveaux de difficulté les plus élevés ! C’est un titre que je recommande volontiers, en particulier cette année :

Le 31 décembre 2026, cela fera 30 ans que le premier Diablo est sorti aux États-Unis ! Il aura fallu attendre début 1997 pour qu’il débarque en France !

P.S. : Si vous souhaitez en savoir plus sur les changelogs et le développement, Osur a mis en ligne cette page récapitulative.

Où se le procurer ?

Disponible sur gog.com et sur Steam.

Thunker
Thunker
Contributeur bénévole de RPG Jeuxvidéo, auteur de tests et découvertes sur des RPG variés, des productions indépendantes aux grandes licences.
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