Après des mois de fêtes et de ripailles pour honorer la chute de l’Archidémon, le héros de Ferelden désormais commandeur de l’ordre, n’en tenait plus. Tout bon sauveur n’existe que par ses actions et l’inactivité ne peut que le conduire à l’oubli et l’ennui. Il lui faut un ennemi. Heureusement Bioware y a pensé et nous livre Dragon Age : Awakening pour satisfaire notre désir insatiable de poursuivre l’aventure du jeu de rôle de l’année 2009. La question qui se pose est : y sont-ils arrivés ?

L’enclin sur le déclin ?

L’histoire prend place après la fin de l’enclin et la mort de l’archidémon. Les engeances se dispersent et les gardes des ombres tentent de se reconstruire avec l’aide d’Orlaïs.
C’est ainsi que notre commandeur se rend à Fort Bastel, dans le comté d’Amaranthine, avec pour seule compagnie une guide. L’action démarre rapidement puisque le fort est attaqué par une horde d’engeances. Décidément il n’est point de repos pour les gardes des ombres. On découvre bien vite que quelque chose se trame chez nos ennemis et que les engeances sont quelque peu étranges. Il nous faudra donc sauver la contrée et prendre les commandes du fort pour défendre le peuple. L’administration du fort n’est pas sans rappeler un certain NWN2, mais il faut bien avouer que cette partie là est par trop anecdotique bien que rafraîchissante.


Avec des engeances douées de paroles, un architecte quelque peu perturbant, on prend plaisir à avancer dans cette nouvelle aventure. Je ne voudrais pas tout dévoiler de cette histoire afin de ne pas gâcher votre plaisir, le but est ici d’évaluer l’intérêt d’un tel achat (de 25 à 30 €). En effet nous parlons d’un disque additionnel pour le JDR de l’année 2009. Si la jouabilité reste identique, ainsi que les graphismes, nous avons ici une suite à l’histoire et non un nouveau jeu, ni une amélioration.


Si l’on commence cette aventure avec un nouveau personnage il y aura quelques différences : en effet nous démarons au niveau 18 et nous incarnons un commandeur fraîchement dépêché d’Orlaïs. Il n’est donc nul besoin d’avoir terminé le jeu original.En revanche, si vous démarrez en utilisant la sauvegarde d’une aventure terminée, vous aurez le plaisir de retrouver votre personnage avec son équipement glané dans Dragon Age Origins, ainsi que de recroiser d’anciens compagnons. Attention toutefois, car certains objets des DLC disparaissent durant la transition.

Quoi de neuf en Ferelden ?

Nous nous trouvons donc au nord de Ferelden sur la côte près d’Amaranthine. Nouveaux lieux, nouvelle carte à explorer, comme le dérangeant Noir marais, de nouveaux adversaires, et pas moins de 56 nouveaux sortilèges et compétences vous sont accessibles. Des assortiments d’armures et armes font leur apparition, et surtout de nouveaux compagnons, mais j’y reviendrai plus tard pour ces derniers.

Avec ces nouvelles capacités, nous pourrons désormais fabriquer nos propres runes (que ce soit pour les armes et maintenant pour les armures), de nouvelles potions et apporter plus de spectacle lors des combats.
La fabrication de runes s’avère bien laborieuse pour les plus puissantes et coûteuse, mais permettra aux plus consciencieux  de parfaire leur équipement vers des sommets de puissance, sans compter les équipements spéciaux que notre bon vieux Wade, à présent votre armurier personnel, se propose de fabriquer (encore faut-il trouver tout les ingrédients, ce qui équivaut parfois à chercher une aiguille dans un enclin ! ).

Quand aux nouvelles créatures, certaines s’avèrent dignes de notre fureur au combat mais beaucoup ne sont que des améliorations de créatures existantes : l’ogre en armure en est le parfait exemple.
Et que dire d’un dragon sire propulsé au beau milieu d’une mêlée sans vraiment d’explication et encore moins de justification si ce n’est de relever l’opposition face à un joueur de plus en plus puissant.

Comment ça, pas de romance ?

Les compagnons sont travaillés, leur interaction toujours aussi importante et quel plaisir de retrouver les « traits d’esprit » de ce bon vieux Ogrhen ! On prend plaisir à découvrir ces nouveaux personnages et leurs histoires, à créer un nouveau groupe pour nous entourer. Mais le fait est là : il n’y a pas de romance, les quêtes annexes sont nombreuses mais limitées, les nombreuses nouveautés sont difficiles à exploiter tant la durée de vie est courte.

La gestion de Fort Bastel, pourtant prometteuse, est presque dérisoire et dans certains cas ses conséquences scénaristiques à peine perceptibles. Il plane donc un sentiment d’inachevé et d’artificiel dans ce supplément payé au prix fort. Le plaisir procuré par le jeu d’origine est toujours là mais le challenge est souvent limité car le joueur est rapidement atteint de “grobillite” aiguë. A noter qu’un livre est à présent en vente et vous permet de réinitialiser vos compétences. Toujours sympa de pouvoir tester une nouvelle approche avec son personnage préféré.


Le scénario principal à relancer l’intérêt après la fin de l’enclin et de l’aventure principale. J’avoue que cette histoire aurait pu tout à fait constituer une suite complète au jeu d’origine et nous permettre de jouer des dizaines d’heures mais ce n’est après tout qu’un supplément et il ne faudra compter qu’un peu plus de 10 heures pour le terminer (moins si vous précipitez les choses).
Le rapport prix / durée de vie semble bien bas. Si un défaut est à retenir concernant Awakening, c’est sa durée de vie rachitique. Le jeu ne corrige pas certaines faiblesse de son ainé, toutefois les éléments qui ont fait le succès d’Origins sont toujours présents. Certes le travail scénaristique, la localisation et la création de nouveaux monstres et lieux à dû nécessiter du temps et de l’argent mais, à mon avis, Bioware semble plus chercher la rentabilité d’un produit à succès qu’à réellement enrichir son œuvre.

+ Les nouveautés (équipement, bestiaire, environnements)
+ Graphismes soignés

Note testeur 06 sur 10


– Durée de vie basse pour un add-on complet
– Trop d’action
– Toujours les mêmes défauts qu’Origins

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