Rogue Waters

Note de l'auteur
09/10
Note RPG
06/10

Rogue Waters, RW pour les intimes ! Tout comme l’immense artiste RW aka Roger Waters du groupe Pink Floyd, ce Rogue Waters est-il un incroyable jeu vidéo qui restera pour toujours dans les annales comme un modèle ?

Plongeons dans les eaux troubles de ce Xcom-Like, version pirate, et voyons si, à l’instar de notre célèbre Soldat Louis qui en son temps nous a harangués à base de femmes, de rhum et de bière, nous aussi à bord d’un sinistre navire, sommes capables d’aller chercher aventure, plaisirs charnels et beuverie aux quatre coins de l’océan… ou dans chaque port. D’Amsterdam ou d’ailleurs. Car avant de penser à se rincer la panse et compter ses lingots, il va falloir mourir… et préparer sa vengeance !

Bienvenue à bord Moussaillon !

L’histoire prend place en pleine mer, où le capitaine Blackbone, Wilkes et nous qui incarnons un certain Cutter dans un prologue rapidement expédié, sommes immédiatement pris à partie par quelques PNJ borgnes et manchots, avant de voguer vers le large. Sans entrer dans les détails, en gros, nous incarnons d’abord le second de BlackBone qui, suite à une infame trahison, va gagner le grade de Capitaine avant de se voir doté d’un œil de « crystal » plus ou moins maléfique, laisser pour mort pour ensuite « ressusciter » quelques années plus tard.

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Il sera temps ensuite de voguer vers d’autres contrées pour se constituer au fil des combats et des rencontres, un équipage solide, gagner de l’or et dompter des créatures marines de légendes comme le Kraken par exemple. Et si l’aventure n’est pas longue, ma première partie m’a pris 15 heures, une fois finie, je n’ai eu qu’une envie : relancer le jeu. C’est dire si je suis vraiment conquis !

Une des raisons qui me pousse à être à ce point subjectif, c’est que de prime abord le jeu est sublime. L’équipe derrière ce jeu c’est Ice Code Game, et ce dernier n’est ni plus, ni moins, que le studio derrière un de mes dix meilleurs jeux vidéos toutes catégories confondues : Hard West I et surtout le second opus. Et bon sang de bonsoir, que ça se ressent ! C’est d’une beauté incroyable, dans la finition, dans les mouvements des personnages. Ce jeu transpire l’âme du jeu vidéo … d’un bon jeu vidéo !

Une autre raison à mon plaisir non dissimulé, c’est que c’est un jeu avec des phases. Et ce type de jeu me parle. En effet, pour moi, en tant que grand amateur de jeu de rôle dans son ensemble, un bon maître de cérémonie c’est quelqu’un qui sait comment ménager sa table à base de combats sanglants et de mauvais jets de dés, pour après, laisser respirer des comparses avec une belle description d’une crypte elfique oubliée de toutes et de tous.

Une bonne table de jeu de rôle c’est une table où, ensemble, autour de nos verres de bière et de nos dés, on sait que les heures peuvent passer encore et encore, et que l’on ne s’ennuiera jamais. Et Rogue Waters c’est exactement cela. Tel un grand Maître de Jeu, dés le prologue passé, nous voila devant un écran textuel avec de superbes illustrations et une histoire qui s’offre à nous avec des choix à effectuer.

On reviendra dessus plus tard, mais ces choix ne seront jamais au nombre de 150. Mais, toujours bien écrits, bourrés d’humour et bien entendu, savoureux comme un bon verre de Rhum Damoiseau 15 ans d’âge… ou un excellent XO !

Le dernier point positif est l’univers. On n’est pas si loin des films de Gore Verbinski tout en étant suffisamment éloigné pour y prendre du plaisir. Comprenne qu’y peut ou veut. Et que le grand cric me croque si je n’ai pas pris 100 fois plus de plaisir à accompagner cette clique de marins d’eau douce dans cette croisade, qu’à subir le mauvais jeu d’Orlando Bloom ou de monsieur Johny Depp

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« Et tu ne t’inquiètes pas pour ton âme ? » Grand Theft Auto IV

Avant d’entrer plus dans les détails, il est important de comprendre que la victoire nous permettra d’aller de l’avant, alors que la défaite, et, perdre arrivera souvent, ne nous pénalisera pas. Le run se terminant, nous nous retrouvons dans notre grotte et préparons le raid suivant, en essayant de tenir compte de nos erreurs précédentes. Voila le principe de ce jeu : Grottes, expéditions, combats ou aventures textuelles, troc ou repos avant de combattre des boss. D’ailleurs, ces derniers seront des forteresses de fin de niveau.

Et dans ces forteresses, il y aura un combat plus difficile qui permettra soit d’avancer dans l’histoire principale, soit de débloquer certaines étapes importantes, comme le domptage d’une des trois créatures mythiques du monde de la piraterie, le Kraken en premier. Nous aurons également à apprivoiser cet étrange Crystal qui nous ronge l’œil et qui s’avérera être un hôte pour le moins étonnant. Pour le meilleur et pour le pire.

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« Qu’il est bon d’être mauvais » Dungeon Keeper 2

Le jeu se déroule donc en phases. Il y a les phases que j’appelle « EN MER », les phases qui se déroulent dans une sorte de grotte énorme qui nous sert de Hub central d’où nous pouvons préparer nos prochaines expéditions ou « RAID », et les phases « BASTONS » !
Dans la phase dites « HUB », nous aurons à faire plusieurs « choses ». Il faudra recruter et développer notre équipage de pirates qui vont des simples matelots à des compagnons d’armes qui évolueront avec un système de montée de niveau. L’augmentation de niveau d’ailleurs s’acquerra avec les expéditions et les victoires.

Il y a la taverne, l’atelier, les quartiers et le chantier naval. Chaque lieu est l’occasion, soit d’améliorer son bateau ou ses quartiers, soit de soigner son équipage blessé dans un raid précédent, soit de recruter des nouveaux membres d’équipage. Le bateau dispose de son propre arsenal et ses propres bonus, vitaux pour les phases de combats navals. Notre équipage a également ses propres compétences en fonction des archétypes de nos membres. Nous aurons à disposition des lanciers, des bouchers ou autres scélérats. A noter un nouveau type de personnage qui a fait son apparition sur un patch récent et gratuit, l’apothicaire. Je ne l’ai pas encore joué, ce qui me donne l’occasion d’envisager avec sourire une troisième partie !

Encore un bon point pour ce jeu, non !? Nous pouvons aussi améliorer notre personnage avec notre propre arbre de compétences. Ainsi, nous pouvons être plus résistant ou au contraire plus performant. Chaque compagnon pourra être de même. Seul hic, il n’y a pas de vrai équipement ou collectable pour notre équipage. De temps en temps, nous trouverons ici ou là un item pour renforcer telle ou telle aptitude, pour nous forcer à réfléchir à la composition de notre prochain équipage pour le prochain raid.

Dans les phases dîtes « EN MER », nous dirigeons notre navire sur l’océan dans un mode de « scrolling » vertical avec à chaque fois, à chaque étape, deux ou trois choix. Soit une escale, dans une ile ou dans un port : Dans les îles et les temples, il ne sera question que d’aventures textuelles. Et d’une floppée de choix. Petit point négatif, les diverses aventures ne sont hélas pas assez variées et nombreuses, ce qui fait que lorsque l’on a pour la quatrième fois la même, on zappe, ni plus ni moins. Ce qui impacte la durée de vie du jeu, bien entendu.

Dans les ports, on pourra se reposer, se soigner, réparer son bateau ou encore tenter de voler le butin du « syndicat » en place, au risque de passer en mode combat… combat souvent synonyme de raclée phénoménale.

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Enfin, viennent les phases de combats. Qui a déjà joué à n’importe quel X-com-like, RPG tactique en tour par tour ou plus récemment des jeux tel que l’excellent Tactical Breach Wizard se trouvera en terrain conquis. Sauf que … nous avons deux phases de combat. Car notre bateau qui se paye une séance de jouvence à chaque phase de HUB, rentre en jeu. Avant de passer aux abordages, chaque bateau se fera face dans un duel, leurs canons et leurs équipages seront visibles. On se tire dessus à tour de rôle. Il y a des canons pour la coque, d’autres pour essayer de détruire les cabines et d’autres pour tenter de réduire le nombre d’adversaires que l’on aura à combattre dans la phase de combats à bord.

Ce côté est assez plaisant et tactique. Préférerons-nous détruire les canons, qui à leur tour essayerons de tirer sur notre boucher bien énervé ? Ou tenterons-nous d’aller tirer sur les « snipers », les carabiniers pénibles lors de la phase de combats au risque de se prendre des dommages sur notre coque, qui pénalisera notre prochaine phase en mer ? Compliqué de choisir parfois…

Enfin, nous arrivons tant bien que mal à la phase de combats au sol, sur les ponts ou dans les forteresses. Comme dit précédemment, il y a plusieurs types d’ennemis avec plusieurs capacités d’attaques. Nous aurons à occire des sortes de boucliers vivants, des sorcières pyromanes, des femmes ninjas qui font extrêmement mal, des lanceurs de grenades poisons… Il y en a qui bougent beaucoup, des soldats avec de l’amure … A nous de tenter de préparer un équipage, au nombre de 4, plus 4 matelots, qui sera le plus efficace en fonction de l’aléatoire. Car oui, chaque rencontre est aléatoire, que ce soit en termes de nombre initial de bandits, de types d’ennemis…

Nous aussi, nous aurons nos cartes à jouer. Nous aurons à positionner avant combat notre avatar plus 3 personnages, soit 3 compagnons, soit 3 matelots, soit un mélange variable. Le combat se termine lorsqu’il n’y a plus d’ennemis ou que nous sommes tous morts. A noter que si par exemple, je perds mon boucher, sorte de sac à points de vie, il sera remplacé par un autre membre de ma clique parmi ceux restants. Il réapparaitra lors du prochain combat si je gagne, blessé, avec un malus. A nous d’être aussi stratégique lors du premier choix, à savoir qui placer en premier parmi les 4 personnages …

Les combats sont terriblement addictifs. On peut se déplacer, attaquer, prendre une corde qui nous enverra gratuitement à l’autre bout de la carte … Sur le terrain de jeu, nous pourrons grappiller des bonus, comme une flasque de points de vie ou des fioles de feu grégeois. A noter que les adversaires ne s’en servent pas, ce qui est bien dommage d’un point de vue difficulté/réalisme… Nous pourrons également nous servir du décor pour amplifier les dégâts : Par exemple, si un soldat est en bord de bastingage, un coup de sabre l’enverra par dessus bord, le tuant instantanément par la même occasion.

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Jouissif, n’est-il pas ? Par souci de découvertes, je ne parlerais pas de l’usage que nous pourrons faire des « monstres » marins. Mais sachez que c’est un pan du jeu vraiment bien foutu, un peu trop poussif à mon sens, mais qui arrache quand même de sacrés « AH ! » de victoire.

Hard West, du moins le 2, était déjà trop court…Tellement jouissif aussi mais cruellement trop court. Et Rogue Waters est malheureusement exactement pareil. Tout m’a plu dans ce jeu. L’ambiance sonore est discrète, mais colle parfaitement au thème de la piraterie. Le français est de très bonne qualité. Visuellement, c’est superbe.

J’aurais aimé plus de tout, mais c’est parce que mon cœur saigne de ne pas avoir des bijoux de cet acabit plus souvent. Dans ces cas-là, je pardonne trop de choses mais franchement, même si on est loin d’un Xcom, surtout le 2, par sa complexité et sa longévité, même si on n’est pas sur la finesse d’un Crown Wars, ce n’est pas grave.

Je vais me jeter un ti’ punch pour la peine. Foi de morue !

+ Le système de combat, jouissif au possible.
+ Plusieurs systèmes d’évolution.
+ Rejouabilité.
+ Difficulté bien dosée.
+ En français !
+ Qualité de l’écriture globale.
+ L’humour et les phases textuelles.
+Des graphismes à tomber !

Note RPG 3 sur 5
Note testeur 09 sur 10

– Trop court hélas !
– Le bestiaire et les évènements « aléatoires » pas assez variés.
– Système de montée de niveau trop rapidement atteint.
– Les monstres légendaires, au nombre de 3 c’est si peu …
– Un final un peu trop rapidement amené.
– Pas d’équipement et pas de notion de feuille de personnages, dommage.
– L’IA des adversaires, bien que retors en combats, n’utilise pas les bonus en place, dommage.
– Les monstres, trop forts et qui déséquilibrent un peu trop les combats
.

Dafalgan
Dafalgan
Un seul mot d'ordre : se faire plaisir, même si cela fait en réalité 5 mots. Qu'importe, entre deux bières et un jet de dé foireux, je me console en castant tout un tas de sorts pourris sur fond de Naheulband en attendant de me plonger dans un bon Gemmel :)

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L'archiviste

Merci Dafalgan pour ce retour. Un jeu à mettre dans ma liste de souhaits, alors.

Zemymy

Merci Dafalgan pour ce nouveau test.

Keewy

Intéressant, ce mélange des genre, dans ce jeu. Ca m’a donné envie de l’essayer. 🙂

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