« Queues de fer et moustaches d’hiver » en bon français ? Pourquoi pas… ça pourrait presque faire une contrepèterie.
Comme celle-ci par exemple : « Ta queue douille ». Ok, je sors…
“Quand on voit les souris s’amuser sur la peau du chat, on mesure le défi que la mort peut nous infliger.”
Ahmadou Kourouma


Du défi ? Vous allez en avoir. Ce jeu ne plaisante pas. Si, comme moi, vous êtes une quiche à la manette et que les Souls-like vous donnent des sueurs froides, un conseil : jouez en facile… ou passez votre chemin. Ce jeu est vraiment difficile. À tel point que je ne l’ai pas terminé. Trop dur. Mais je tenais quand même à vous livrer un avis, car ce Tails of Iron 2 mérite qu’on s’y attarde.
Déjà parce que ce jeu est prenant. Et beau à crever. Ça tombe bien, vous allez vous aussi crever dans ce Tails of Iron 2. Comme dans le premier, d’ailleurs, que je n’ai pas fini non plus…
“Winter is coming.”
Le Trône de fer


Trois ans après un premier opus acclamé, Old Bug Studio revient avec Tails of Iron 2 : Whiskers of Winter, suite directe du premier jeu, qui reprend l’essence du précédent : des combats techniques où chaque coup compte. Les affrontements sont intenses, brutaux, nécessitant observation, réflexes et patience. On esquive, on pare, on contre. Le timing est roi.
Vous incarnez un rat, Arlo, fils du roi des rats, dans un monde qui souffle le froid… et jamais le chaud. On quitte les marécages du premier pour des terres enneigées, infestées de taupes guerrières qui attendent le retour de leur roi. Un peu comme dans Le seigneur des anneaux, mais version mammifères rongeurs.
« Une direction artistique somptueuse »
Moi


Le style graphique est sublime : du dessin à la main, un peu crade, un peu brut, mais bourré de charme. Ça respire la recherche et le talent humain, et c’est franchement une réussite. Les décors peignent un monde à la fois cruel et poétique. La neige crisse, les structures délabrées gémissent sous le vent, et chaque village semble porter les stigmates d’une lutte permanente.
Les dialogues sont limités à des bulles, mais un narrateur en voix off raconte une mise en scène dynamique, engageante. On sent une vraie volonté de raconter une belle histoire façon barde, à travers les environnements, qui sont, je le redis, d’une beauté rarement atteinte dans un jeu vidéo.
Respect.


La musique, discrète, mais lancinante, accompagne avec finesse cette ambiance pesante. Le jeu ne cherche pas à en faire trop : il préfère l’intensité émotionnelle à la grandiloquence. Et ça fonctionne.
Le gameplay n’a pas bougé d’un iota depuis le premier opus : combats exigeants, timing millimétré, esquives, parades, et beaucoup — beaucoup — de morts. Le tout saupoudré de boss qui… sont une torture, et vous expédient en deux attaques. Trois, si vous avez le temps de vous soigner. En bref, si vous aimez les jeux qui vous punissent pour chaque erreur, foncez. Moi, j’ai pris cher dès le premier quart d’heure. Et même en mode facile, le jeu ne plaisante pas.
Je parlais plus haut de timing. Le temps est ici une clé (ou pas) de la réussite. Mais — et c’est un reproche personnel — il y a une vraie lourdeur dans les déplacements, un délai dans chaque action qui peut agacer. C’est une sensation de « latence » qui peut rendre certains combats frustrants.
“Il vaut mieux échouer avec originalité que réussir en imitant.”
Herman Melville


L’aspect RPG, bien que léger, est présent : système d’artisanat, gestion de l’inventaire, choix d’équipement… À noter aussi la présence d’un arbre de compétences, assez touffu. Je n’ai pas poussé l’exploration à fond, mais ça semble riche. Un point très positif concerne l’inventaire et l’arsenal : c’est du tout bon. Le choix des armes et de l’équipement est varié, allant de la grosse épée à deux mains à la lance, en passant par la hache avec bouclier. Le tout peut être amélioré par des bonus élémentaires, comme le feu ou le poison.
Un petit détail qui me plaît, mais qui ne fera pas l’unanimité (et que je n’ai pas trouvé modifiable dans les options) est que chaque pièce d’équipement nouvellement acquise, si elle est supérieure à celle déjà équipée, est automatiquement attribuée à notre rat. Pour ceux qui ne veulent pas passer quatre cents heures à jongler avec les statistiques, pourquoi pas !
Tails of Iron 2 ne fait aucune concession. Il est dur, exigeant — trop pour moi. Mais il ne cherche pas à plaire à tout le monde, et c’est aussi ce qui le rend intéressant. J’aurais aimé le finir. J’aurais aimé ne pas me sentir comme une larve. J’aurais aimé pouvoir vous dire : « Le gameplay évolue », « Le scénario surprend » … Mais non. Je me suis fait ratatiner avant. Et pourtant, j’y suis retourné. Encore et encore. Parce que ce jeu a quelque chose. Un charme rugueux. Une direction artistique qui m’a émerveillé. Une ambiance unique. Et cette sale impression qu’un jour, peut-être, je le battrai.
Alors OK, pas aujourd’hui. Je vais me détendre sur Doom: The Dark Ages. Mais un jour, je compléterai cet avis avec un retour.
Promis. En attendant, si vous êtes maso, courageux, ou juste très bon : foncez ! Pour les autres, il reste YouTube. Ou le mode facile. Ou les jeux Lego. Ou l’excellent Tinykin. Un avis rédigé sans avoir fini le jeu.
+ Univers et direction artistique : Style dessiné à la main, très soigné. Ambiance sonore discrète, mais marquante, surtout lors des combats de boss avec des musiques métal efficaces.
+ Sous-titrage FR de qualité, même si les voix sont en anglais.
+ Gameplay solide et exigeant : système de combat inspiré des Souls-like, misant sur la prudence, l’esquive et la parade. Les affrontements sont punitifs, chaque erreur peut coûter cher.
– Maniabilité parfois lourde : Un certain retard dans les commandes, des actions qui mettent du temps à se déclencher.
– Difficulté et frustration : Même en mode facile, le jeu reste extrêmement exigeant. Peut rebuter les joueurs moins persévérants.




Merci Dafalgan pour ce test.
Avec ton style d’écriture pinçant, je me suis éclaté à lire ce test. 🙂 Quelque part, c’est rassurant de savoir qu’on peut galérer à mort sans être seul ou nul. Le jeu a l’air exigeant, mais il a l’air aussi d’avoir ce petit truc qui nous fait revenir. Comme je te connais, je suis sûr que tu le finiras un jour. 😉