« On ne tire pas sur une ambulance. »
Françoise GIROUD
Et pourtant c’est bien là, le point de départ de l’accès anticipé, en anglais uniquement pour l’instant. Notre personnage que l’on va incarner, créer et customiser est gravement souffrant, à tel point que l’histoire commence quand nous incarnons un patient dans une ambulance qui déboule à vitesse folle le long d’un périphérique pour aller s’empaler sur un tas de voitures en débris.
Oui, cela fait très Walking Dead en début de saison 1. Rappelez-vous, quand Glenn roule à fond dans sa Dodge Challenger… L’intro d’Urban Strife, c’est pareil, avec figurez-vous, des zombies aussi.


« Nghrrrrrrrrrrr »
Un zombie
Kaylee, une jeune demoiselle que l’on jouera en mode tour par tour, mode cher à mon cœur de fan d’Xcom depuis Enemy Unknown la première version de Microprose, c’est dire, viendra nous sauver. Habitante d’un hameau proche, elle va nous permettre de jouer dans
une sorte de prologue. Ce dernier qui nous expliquera le système de points d’action, de points de mouvement…
Classique dans son approche, le jeu va rapidement titiller mon palpitant. Dès que Kaylee nous aura sauvé de cet accident, arrive la phase de création de notre joueur, phase pour l’instant sommaire de chez sommaire. Quelques visages extrêmement génériques, un choix homme / femme, quelques points de statistiques et c’est tout. Ok, c’est une version en accès anticipé mais au fil des patchs, je n’ai pas vu venir de grands changements de ce côté-là, ce qui n’est pas pour me rassurer.
Peu importe. Armé d’un pistolet de base, vous voilà rapidement à devoir vous enfuir, puis à devoir abattre un premier groupe de zombies. Enfin, le jeu va nous permettre de fouiller quelques véhicules pour pouvoir fabriquer nos premiers cocktails molotov. Viendra le temps de la fuite où nous sombrerons dans d’atroces souffrances dans une sorte de coma pour nous réveiller dans une pièce avec plein de PNJ autour. C’est parti. Et durant les deux fois six heures que j’ai passé sur cet accès anticipé, mon palpitant hélas c’est vite calmé.


« De nos jours, les gens sont tout aussi dangereux que les morts ».
Gabriel Stokes – Walking Dead
Il y a quelques années j’ai littéralement dévoré les comics Walking Dead, que j’ai cent fois préféré à la série même si j’ai visionné l’intégralité malgré tout, car je suis un inconditionnel du film cliché de survie surtout en mode « chaos – fin du monde – zombies ». Shaun of the dead reste à ce jour un de mes dix films préférés toutes catégories confondues. Ce que j’ai le plus aimé dans les aventures de Rick, Carl… c’est le côté monde dévasté où une simple bouteille d’eau, une simple boite d’aspirine valent tout l’or du monde. De vastes étendues de buildings éventrés donnent lieu à de véritables chasses aux trésors et si l’on rajoute le stress du bruit, la tension de n’avoir que trois cartouches dans son glock … Ah !!! Que j’aime ce côté grand guignolesque tellement addictif.
Voilà la raison ultime qui m’a fait acheter ce jeu et qui me pousse malgré la somme de critiques négatives à jouer à cet Urban Strife. Car ce jeu, c’est l’ambiance Walking Dead garantie, souris en main, le côté encore vraiment mal dégrossi en plus. Car à l’heure actuelle, cet accès anticipé est encore loin d’être au point. C’est un peu le but d’un accès anticipé mais force est de reconnaître que beaucoup de points sont encore loin de pouvoir charmer tout le monde. Beaucoup de mécaniques sont archaïques, et pire certains volets du jeu me laissent vraiment un coup de « je ne suis pas sûr du final de la chose… ».
Un exemple parlant, je n’ai pas vu de points d’expérience ni de montées de niveau. Juste des points de compétences en fonction des actions faites. Cela se fait dans pas mal de jeu mais là, c’est ou pas expliqué du tout encore, ou cela ne sera pas dans le jeu final et je pense que ça va en rebuter plus d’un. Moi le premier.
Par exemple, à force de taper au pied de biche dans les portes blindées, on monte sa compétence « bourrinage », en français dans le texte. Idem lors de nos pérégrinations, il n’est pas rare de se voir attribuer un +1 en endurance. Pourquoi pas. Mais je n’ai toujours pas saisi s’il y avait une barre de progression des capacités.


« Entre deux mondes, on évolue tous entre deux mondes ».
Factor X
Le jeu se divise classiquement entre deux modes de jeu. Un côté hameau, sorte de « hub » ou quartier général qui sera le lieu où l’on fera avancer le scénario ou la quête principale, mais également où l’on ira glaner d’autres quêtes. Plusieurs PNJ nous demanderont aussi des services comme les aider à améliorer leurs quotidiens ou celui du hameau. Et oui, comme dans Walking Dead, à l’instar d’Alexandria par exemple, il va falloir mettre la main à la pâte pour renforcer le lieu, approvisionner l’arsenal en munitions, chercher des recettes de cuisine et de médecine …
Il y a de quoi faire et c’est assez bien fait même si TOUS les menus ne sont vraiment pas pratiques pour un sou. C’est souvent illisible, fouilli, bref, à l’instar du menu ou des options du jeu, c’est vraiment d’un ancien temps tout ça. Une fois nos courses faites, nos objectifs attribués et nos quêtes comprises, il est temps d’aller voir la carte pour sélectionner nos endroits à visiter. Sans savoir pourquoi, à part Kaylee qui nous suit depuis le début, le jeu nous attribue deux, voire trois PNJ. Puis vient le trajet avec quelques fois des événements aléatoires. J’en ai eu trois, et là aussi c’est d’une utilité …discutable. Une fois j’ai dû combattre un chef d’une faction rivale, beaucoup trop
fort, et les deux autres fois, rien. Le jeu nous amène sur un périphérique avec deux phrases de dialogues pour ensuite repartir. Pourquoi pas, mais bon.
Le scénario se suit simplement, mais de façon honnête. On doit d’abord essayer de comprendre ce qui se passe et l’on doit surtout se préparer à l’arrivée d’une horde effroyable. D’où les expéditions, avec en plus quelques enquêtes sur des PNJ morts ou disparus, comme un sheriff aimé de la communauté qui ne donne plus signe de vie.


J’en arrive maintenant aux points qui fâchent :
Le jeu n’est clairement pas encore fun. Quand je disais que « je ne suis pas sûr du final de la chose… », c’est parce que j’ai peur que plein d’oublis de gameplay ou plein de mécanismes ne puissent pas indéfiniment être arrangés au fil des patchs avant la sortie en 1.0. Un exemple ? Pour sélectionner nos trois ou quatre compagnons, il faut laisser appuyer et faire glisser la souris pour créer un cadre qui sélectionne les personnages. Désuet mais fonctionnel. Ok. Sauf qu’à CHAQUE action entreprise comme « fouiller le coffre d’une voiture », nous sommes obliger de re-sélectionner ce petit monde. Quand on est dans la zone « centre commercial » par exemple avec quarante voitures, plein de magasins en ruine, et donc des dizaines d’endroits à fouiller, c’est à nous rendre fou.
D’autant que l’on se force à chercher partout pour pouvoir ramener tout un tas de fournitures au camp de base. La touche CTRL qui met en surbrillance ce qui peut être récupéré fonctionne quand elle veut. Des fois, une voiture demande à ce que l’on casse TOUTES les vitres sans rien trouver.
Depuis Baldur’s Gate III, ou encore Jagged alliance 3, en appuyant sur la molette de la souris ou le bouton droit, on fait pivoter le décor. Là, on est encore obligé d’utiliser A ou E. Oui, c’est archaïque.
Dernier point qui ne me plait pas ce sont les combats qui sont, à l’heure actuelle d’un mou atroce. Il faut 15 coups de fusil pour tuer un brigand dont on ne sait pas du tout ce qu’il fait là au passage. Qui a déjà joué à Xcom surtout le 2 récent, a forcément déjà hurlé devant les pourcentages de toucher qui ne veulent absolument rien dire. Avoir une chance de toucher avec un fusil à plasma dans un couloir à 99% et faire un raté … He bien là, c’est pareil … Sauf que Xcom 2, c’était en 2016 … Y’en a eu un paquet de jeux depuis, sur qui prendre exemple
A noter également qu’il n’y a quasi aucune ambiance sonore, aucun doublage… Seuls les bruitages de tir sont convaincants. Et quelques musiques anecdotiques. Comme tout est mou dans ce jeu, y compris les déplacements, on a vite fait de ne pas dépasser des sessions de jeu de plus de deux heures au risque de décrocher. Ou de s’endormir. Ou les deux.


« Le futur sera meilleur demain».
Dan Quayle
Et pourtant, malgré toutes ces critiques négatives, j’ai envie d’y croire à cet Urban Strife. Il y a un truc qui m’attire, qui me donne envie de ne pas le lâcher. Aujourd’hui, par exemple, un patch est sorti où les développeurs conseillent fortement de recommencer une partie tant les changements sont nombreux.
Alors je me dis pourquoi pas. Pas ce soir cependant. Après encore un patch quand l’avancée sera plus grande, parce que je sais qu’il faudra encore des retours de la communauté et encore des patchs. Mais ne dit-on pas que Rome ne s’est pas faite en un jour ? Comme en plus Rome est une super ville et que l’on y mange d’incroyables plats de pâtes, je me dis qu’Urban Strife a toutes ses chances.


Merci Dafalgan pour cet aperçu. J’aime ce jeu de style Jagged Alliance dans un environnement zombiland. Vivement la version 1.0.
A voir si les développeurs vont réussir à affiner la jouabilité et expliquer les systèmes de progression. Le cadre et l’ambiance semblent prometteurs mais, pour vraiment convaincre, il faut que le gameplay soit à la hauteur.