Joueurs du dimanche et noctambules, ce n’est certes pas pour m’envoyer des fleurs, mais j’estime être un stratège de bon niveau. Ayant roulé ma bosse sur des séries de jeu telles que celles des Dawn of War, Total War et Warcraft, j’ai toujours éprouvé un grand plaisir à voir se colleter mes unités bichonnées avec celles du sagouin d’en face à grand renfort de fracas d’épée contre une armure ou de cris d’agonie. Mon côté poétique, sans doute. Pourquoi tant de digression, vous demandez-vous ? Tout simplement parce que le titre qui nous intéresse aujourd’hui semble, après avoir cherché à se renouveler, subir une crise d’identité puisqu’il oscille constamment entre RPG et jeu de stratégie : je veux parler de Blackguards 2, sorti des bois de Daedalic Entertainment ce 20 Janvier 2015 sur PC, et ce en de nombreuses langues dont le français. Si vous vous en souvenez, le premier opus était paru le 22 Janvier 2014, et avait reçu un accueil plus que mitigé avec son univers flattant les fans de jeu de rôle papier, mais qui avait été caractérisé de poussif sur certains points. Dans quel sens le studio a-t-il tenté de s’amender, et pourquoi le résultat me laisse-t-il aussi perplexe ?
Suivez-moi pour le savoir… mais ne faites pas attention aux larmes séchées sous mes yeux.
Toucher le fond
Artworks animés à l’appui, Blackguards 2 nous renvoie tout de suite dans l’univers de l’Oeil Noir, cher à nos voisins d’outre-Rhin – ainsi qu’à votre humble serviteur – et fait commencer notre sinistre aventure par un meurtre sanglant. De chaton. Pas le temps cependant d’en appeler à la S.P.A. car sa maîtresse, une jeune femme à l’allure très aristocratique, est jetée séant dans les catacombes sous l’arène de Mengbilla. Pour ceux qui n’auraient pas encore touché au premier opus, il s’agit d’une cité esclavagiste se situant au Sud du continent principal de l’Aventurie et dont l’ambiance fleure bon les Mille et une Nuits. La pauvresse, qui est en réalité le personnage principal de l’intrigue, se prénomme Cassia Thenos et nous apprendrons plus tard qu’elle est la femme du kyrios – gouverneur – de la cité qui l’a lui-même condamné à l’emprisonnement, ainsi qu’à l’oubli.
Se révélant plus résiliente qu’un cafard en plein hiver nucléaire, la jeune femme va refuser de se résigner à son sort et va tenter pendant plus de trois longues années de trouver la sortie de sa geôle, et ce en dépit des habitantes des lieux, les corapias… lesquelles ne sont autres que d’énormes araignées dont le poison va lentement ronger son esprit en même temps que la chair de son visage. De fait, la seule chose qui la sauvera du désespoir suscité par son exil solitaire est un livre traitant de l’art de régner trouvé par hasard lors de ses pérégrinations. Plus que la vengeance à proprement parler, c’est la nécessité viscérale de gouverner, même si ce n’est que durant une journée, qui va la pousser à survivre coûte que coûte et à finalement retrouver la lumière du soleil.


Mais comment conquérir un trône lorsqu’on a même pas un sou vaillant en poche ? Tout d’abord en recrutant les trois gladiateurs ayant mené le combat le plus épique qu’ait connu l’arène de Mengbilla, à savoir les protagonistes ayant sauvé le monde sans que personne ne le sache dans le précédent opus. On retrouve ainsi Takate l’homme des bois blasé se prenant pour un dieu vivant, Zurbaran le mage qui n’est à présent plus qu’une loque humaine ainsi que Naurim le nain gras comme un loukoum et juché sur un tas d’or tel un dragon jaloux. Rajoutez à cela les sicaires de la fanatique Légion Silencieuse, enfermés à double tour en prison, vous aurez un embryon d’armée qui n’aura de cesse sous l’égide de celle qui s’est rebaptisée Cassia Corapia de défier Marwan, lequel est devenu l’équivalent d’un empereur dont la capitale est Mengbilla. Bref, nous allons encore une fois mener une sacrée équipe de déviants jusqu’au-delà des Enfers.
Dance in the vampire bund
Au contraire du premier opus où nous incarnions quatre pauvre hères tentant de sauver leur peau, nous sommes donc amenés dès le départ à montrer les crocs et à arracher progressivement des bouchées à l’empire de Marwan. Très logiquement, le jeu peut être divisé en deux parties. Pour commencer, vous avez votre QG de campagne dissimulé au cœur des marais : c’est là que vous pouvez discuter avec les protagonistes – y compris faire monologuer Cassia -, acheter de l’équipement, décider du sort de vos prisonniers, tester de nouvelles stratégies dans des combats d’entraînement, ou investir l’équivalent de vos Points d’Expérience dans des sorts ainsi que des compétences actives ou passives. Vous pourrez également garder l’œil sur la façon dont les unités qui constituent le gros de votre troupe évoluent, sans toutefois pouvoir en influencer l’orientation. Non, je ne me contredis pas.


Le système d’évolution de vos personnages principaux, hérités de Blackguards 1, permet une certaine flexibilité puisque la façon dont vous dépensez vos Points d’Aventure précédemment cités ne regarde que vous. Faire une assassin en armure de plaques ? C’est possible. Faire une maîtresse de l’arc, des pièges et de la lance ? C’est possible aussi, tant que vous prenez les traits adéquats pour optimiser votre build, comme celui qui vous permet de régénérer votre Energie Astrale tout en portant une armure métallique. Tous les personnages ont les même horizons d’évolution – aucun n’a de technique ou de trait spécifique, et seulement la moitié des personnages n’ont pas accès à la magie – et les choix proposés sont variés même si le système a été considérablement épuré et clarifié depuis le premier jeu. Or les six types d’unités de mercenaires qui composent vos troupes d’assaut n’ont pas cette opportunité puisqu’elles évoluent automatiquement en fonction des bonus apportés par les territoires que vous allez conquérir.
La route des conquêtes
Une fois vos préparatifs terminés, vous pouvez accéder à un semblant de carte papier où sont pointés tous les endroits que vous allez devoir, ou pouvoir, soumettre avant de confronter votre némésis. Chaque territoire est lié par un ou plusieurs chemins à d’autres, ce qui est d’une importance capitale car pas plus vous que votre ennemi ne pourrez sortir des sentiers battus pendant la guerre. Qu’il s’agisse de cités, de bases de ravitaillement ou de lieux à saccager gratuitement, chacun apportera un bonus notable en sus du butin à votre Légion ou à votre marchand personnel… tant que vous le conservez, car tous les trois mouvements que vous ferez, Marwan tentera de reprendre son bien ! Un par un, certes, mais l’effort est notable.
Il vous sera également loisible de visiter les villes que vous avez conquis pour faire affaire avec d’autres marchands ou engager de nouvelles discussions avec les autres protagonistes. Vous pourrez également tailler une bavette avec Raz, le maître des mendiants qui, contre une mal-honnête compensation, vous vendra des informations pouvant vous apporter des avantages notables sur de futurs champs de bataille ou les moyens de pression nécessaires pour convaincre vos prisonniers de se montrer conciliants et d’apporter leur écot à votre cause – les libérer ou les pendre à titre d’exemple ensuite ne regarde que vous. Je vous expliquerai d’ailleurs plus tard pourquoi ce système me fait davantage hausser le sourcil qu’un Christopher Judge en pleine crise de foi. Bref, ajoutez à cela une feuille de personnage complète et accessible en permanence, ainsi qu’un compendium permettant de garder trace de vos quêtes et des différentes informations récoltées sur les protagonistes, vous comprendrez alors que vous avez là les prémices d’un jeu particulièrement riche.


Comme un goût de déjà vu
Pour ceux qui ont déjà touché au premier Blackguards, les combats vous paraîtront plus que familiers : sur de vastes niveaux découpés en damiers hexagonaux, vous devrez faire se mouvoir les personnages en tour par tour en fonction de leur initiative. On retrouve le concept de ligne de vue pour les tirs et les sorts, les éléments interactifs plus nombreux que jamais et qu’il faudra impérativement utiliser de façon efficiente, les pièges à débusquer et à poser, le menu d’action radial, les munitions limitées, le principe d’accès à l’inventaire réduit à quatre emplacements maximum en fonction de la qualité de la ceinture équipée, les conditions de victoire variées, les sorts à quatre niveaux d’évolution, les lances qui touchent à deux cases d’écart, la possibilité de se mettre à couvert derrière un élément du décors, le fait qu’un personnage principal vaincu puisse être relevé si avant trois tours son total de Point de Vie repasse en positif. Bref, autant d’outils prometteurs d’affrontements épiques.


Au menu des nouveautés, on notera la nécessité de sélectionner avant chaque combat un nombre variable de mercenaires – à choisir parmi les épéistes, lanciers et archers de la Légion Silencieuse en sus de trois unités que vous débloquerez durant votre campagne – à déployer en même temps et à gérer en même temps que vos ladres principaux. Ne vous y trompez cependant pas, car ils sont aussi dispensables que des figurants dans un film d’action américain et que seule la survie de vos « vrais » héros importe : vous retrouverez vos pions ou leur jumeaux frais comme des loutres pour la prochaine bataille. Comme nous l’avons déjà évoqué, ce second opus introduit également le principe de défense de territoire où seules vos troupes d’appoint seront amenées à défendre vos nouvelles acquisitions avec le soutien de toute une batterie de pièges à placer au préalable : pieux, fosses dissimulées, tonneaux de naphte ou de poison, échafaudage instable chargé de moellons, empilement de tonneaux dont l’effondrement peut former une barricade, le choix ne manque pas. Intéressant sur le papier, mais en réalité très anecdotique tant ces affrontements se font à la fois plus aisés et laborieux à remporter au fur et à mesure que l’histoire avance. Je m’explique.
La faute en incombe d’une part à la volonté des développeurs de donner un caractère plus épique à leur jeu par rapport au précédent, tout en conservant les mêmes mécaniques de combat : alors que le premier vous mettait aux commandes de quatre personnages épaulés parfois par des PNJ, dans celui-ci non seulement vous aurez vos pseudo-héros mais de surcroît toujours au moins deux mercenaires, le plus souvent rejoints dans le feu de l’action par leurs clones. Rajoutez à cela un nombre souvent considérable d’ennemis agissant chacun son tour et vous comprendrez à quel point chaque tour de jeu peut paraître d’autant plus long que des unités d’attaque à distance sans ligne de vue ou trop éloignées sont tout bonnement réduites à l’inaction. D’autres part, il y a le fait que si vous prenez la peine de conquérir systématiquement tous les endroits sur lesquels se posera votre regard d’aigle, vos unités auxiliaires acquerront tellement de bonus d’équipement ou de compétences que celles qui sont sensées être leurs équivalents impériaux ne leur arriveront même plus à la cheville, d’où une perte progressive d’intérêt pour ces affrontements réguliers.
Enfin, détail négligeable s’il en est : l’I.A. qui doit sûrement pouvoir se faire battre aux échecs par un concombre trop cuit tellement nombre de ses actions vous sembleront aberrantes : des unités qui font demi-tour alors qu’elles vous chargeaient pour marcher exprès sur un piège, d’autres qui se roulent en boule derrière un tonneau et attendent la mort sans bouger, des archers qui s’acharnent à vous tirer dessus depuis une distance où même vous n’avez que 10% de chance d’égratigner quelqu’un… et au cas où vous vous poseriez la question, cela n’a rien à voir avec le niveau de difficulté puisque hausser celle-ci ne fait qu’augmenter les PV et dégâts des ennemis. Mais vous allez dire que je chipote, alors passons.


Requiem for a dream
Que cela soit bien clair entre nous : d’un point de vue strictement esthétique, Blackguards 2 est presque irréprochable quant à ses graphismes et ses musiques. Certes, on peut toujours arguer que les uns comme les autres ont été principalement repompés sur le jeu précédent, mais les solos de cithare s’accordent toujours parfaitement à l’ambiance délibérément orientale de cet opus. Pour autant, on trouve également des équipements et des détails architecturaux clairement grecs ou allemands du meilleur effet, et un effort remarquable a été fait pour mettre au point des scènes de combats plus étendues ou travaillées. On regrettera simplement le fait qu’il soit toujours aussi impossible de voir davantage des villes qu’une simple place du marché, mais au moins donnent-elles une impression de vie grâce au brouhaha et à vos personnages qui ont l’air de vaquer à leurs propres occupations.
Non, si quelque chose me reste en travers de la gorge, c’est plutôt l’importance qui a été donnée à l’histoire par rapport à toutes les modifications plus ou moins réussies ayant rapport aux batailles. Comme nous l’avons vu plus haut, les batailles sont longues et rendues parfois confuse par une caméra placée en hauteur, pataude mais dont on peut régler l’élévation… sauf que quand je dis « longue », je veux dire « au minimum une heure chacune », avec impossibilité de sauvegarder en plein milieu ce qui implique de les faire d’une traite. Il en résulte que l’intrigue, déjà desservie par des personnages principaux trop peu remarquables – si l’on excepte Cassia qui danse en permanence sur le fil tendu de la folie – est de plus fractionnée par ces trop nombreux affrontements. Les dialogues ont beau être d’une qualité remarquable, ce qu’on apprend sur les protagonistes ou même le background ne suffit pas à caler une dent creuse, surtout si on a fait l’impasse sur le premier jeu. Pourquoi ? Pourquoi cette carence inexplicable alors que toute une facette du jeu tourne autour des informations que vous récoltez pour manipuler non seulement vos prisonniers mais également vos alliés, où on nous rabâche sans cesse qu’on incarne un personnage à moitié timbré surtout capable du pire ?


Un simple exemple : vous savez combien de fois on voit Marwan, qui est quand même sensé être l’ennemi principal ? Trois fois. Trois fois en trente heures, et on ne nous explique même pas en quoi il peut être un enfant de salaud, à part le fait qu’il ait tenté de se débarrasser de Cassia sans la tuer pour des raisons inconnues. Certes nous n’affrontons pas que lui, mais il n’a même pas l’air de prendre en compte le fait que son royaume vole en éclat, même quand son ex-femme lui envoie l’une après l’autre les têtes réduites de ses gouverneurs, sacrebleu ! Comment voulez-vous comprendre et surtout vous identifier à un personnage qu’on vous impose là où auparavant on vous laissait l’opportunité d’en créer un de toutes pièces ! Bref, tout cela donne l’impression d’un immonde pot-pourri où surnagent vaille que vaille quelques concepts pertinents, comme l’introduction d’une caste d’alchimistes créant des abominations pour le compte de notre ennemi que l’on pourra récupérer à notre compte sous certaines conditions.
Au final, s’agit-il d’un bon ou d’un mauvais jeu ? Plus que d’un mauvais jeu, il s’agit de mon point de vue d’un gâchis. Si on peut considérer que Blackguards 2 demeure un titre de stratégie tour par tour proposant un certain challenge, très agréable à prendre en main et proposant une grande rejouabilité quant à ses possibilités de spécialisation de héros, le côté scénaristique est beaucoup trop effacé pour qu’il puisse mériter le nom plein et entier de RPG. Il ne se suffit pas à lui-même, mais est très dissemblable dans son nouveau concept principal pour pouvoir être réellement comparé à son prédécesseur. En fait, quitte à être désobligeant, je dirais que ce que j’ai pu tester ressemblait davantage à un gros DLC qu’à un véritable jeu, ce qui collerait avec sa durée de vie fort courte.
Puissiez-vous y trouver votre Carthage.
+ Cassia Corapia
+ Le challenge des combats
+ Les dialogues
+ Les cartes plus grandes
+ Belle rejouabilité
– Le scénario mis de côté
– L’I.A. aux choux
– Les combats trop longs
– Manque d’explicitation du background
– Durée de vie ridicule
La vision de Dagon (avec son aimable autorisation) :
Cassia de Tessos est une femme dangereuse. Ce qui lui vaudra sur ordre de son ex-époux un séjour prolongé dans les geôles de Mengbillah. Avec, pour seule compagnie, des araignées cannibales au venin mortel, et un vieux livre. Mais Cassia finira par s’évader, et mener une croisade absurde et sanguinaire épaulée dans sa fuite en avant par un nain radin et antipathique et un esclave mage beau parleur.
Telle Don Quichote, elle partira renverser les moulins de sa propre folie : son espion est un mendiant, ses tuteurs trois débris séniles, son armée une bande de psychopathes fanatiques. Autant dire que l’angle « jouez des méchants » limite survendu dans Blackguards 1 a été sévèrement revu à la hausse. Je déconseille d’ailleurs le soft aux plus jeunes car il est relativement explicite graphiquement (écran gore de chargement) et moralement.
Ici, vous pourrez vous laisser aller au quotidien du dictateur fou : torturer et exécuter des prisonniers pour le fun, laisser vos soudards se livrer à des exactions sur des civils et envoyer les têtes des généraux à vos ennemis. C’est que Cassia est légèrement dérangée, et qu’elle entraine une milice de déséquilibrés dans sa quête. Un changement d’échelle qui justifiera intelligemment les modifications du gameplay.
Exit donc donc les limitations de poids d’équipements, le rationnement de bandages qui vous faisait démarrer des combats blessés ou encore la fuite devant un ennemis plus puissant. Si cette montée en échelle a du bon mais elle s’accompagne d’une plus grande casualisation du titre. Encore une fois, la sempiternelle stratégie de fédérer à droite et à gauche ressemble à une balle tirée dans le pied. Blackguards est un STRPG tour par tour, qui ferait mieux de se rappeler d’où il vient, pour savoir où il va.
Et qui dis casualisation, dit jeux plus facile pour racoler le débutant et « simplification » de l’amélioration des compétences. Il n’est donc plus possible d’augmenter les caractéristiques (qui n’existent d’ailleurs plus), les compétences se déclinent en 4 paliers comme les sorts, et les très –trop ?- généreuses attributions d’expériences vous dispensent de trop réfléchir à l’évolution du personnage. Si vos personnages sont tous attribués, votre héro Cassia sera personnalisable à volonté lors de son long séjour en prison.
Les nostalgiques de la difficulté plus retorses de Blackguards 1 devraient démarrer le jeu en mode difficile, sous peine de se balader. On retrouvera le mécanisme bien rodé du tour par tour quasiment identique, avec ses leviers, pièges. Du solide, du stable, du sympa. A noter : certaines compétences d’armes sont presque inutiles car le jeu ne vous livre que très peu d’armes de ce type. De vous à moi, ne prenez pas hache à une main, par exemple. Ce n’est pas si ennuyeux, car l’expérience vous permettra d’être versatile.
Lors de vos pérégrinations, vous aurez l’occasion de faire évoluer votre armée dans ses équipements et compétences, et d’acquérir de nouveaux mercenaires spécialisés (ogres, assassins, magicienne) en attaquant des places forces de l’ennemi disséminées sur la carte du monde.
Si la casualisation a légèrement dénaturé l’aspect baston et leveling de BG2, il faut cependant saluer le réel travail d’écriture (je souhaite préciser que je joue en anglais et que je n’ai pas eu l’occasion de tester la localisation). L’histoire est simple, centrée sur cette femme défigurée qui s’enfonce lentement dans sa folie. Et qui assiste à sa propre déchéance lors de moments de lucidité de plus en plus espacés. Cassia de Tessos est poussée dans une odyssée tragique et sanguinaire avec d’autres fous comme elles. On hésite sans cesse entre la pitié et la haine pour ce personnage.
Au total, le soft vous proposera des bons moments pendant une vingtaine d’heure dans une ambiance malsaine mais sympathique autours de sujets matures, et finalement assez profonds. C’est peu, mais c’est aussi signe que l’on a apprécié le jeu malgré sa difficulté faible et son léger moins-disant rôlesque. Finalement, Blackguards 2 garde les fondamentaux : une narration et un gameplay ultradirigiste, des combats assez stratégiques et une réalisation soignée. Bref si comme moi vous avez aimé le premier foncez. Si vous êtes attaché à un monde ouvert, du roleplay poussé et à des combats en temps réel par contre……
Graphismes & sons : 4/5
Des ambiances sombres, des cartes jolies et des villes figées mais belles
Interface de combat : 5/5
Très classique mais solide
Scénario : 3,5/5
Toujours trop linéaire et l’histoire est basique. C’est la façon dont elle est racontée et le personnage principal méchant mais attachant qui font la saveur du jeu. A noter : c’est assez violent.
Jouabilité (fun) : 3/5
Trop facile par rapport au premier opus, on apprécie cependant de gérer en tandem la milice et les héros.
07/10



