Edge of Eternity

Note de l'auteur
6/10
Note RPG
4/10

Cinquante Nuances de Riz

C’est très stéréotypé, limite raciste, mais j’ai pas trouvé mieux (et je voulais pas !), Edge of Eternity est un sacré pot pourris. On peut y voir du Final Fantasy, du Xenoblade Chronicles, ou encore du Vagrant Story. En fait, tout le spectre du jeux d’aventure / action / tactical Japonais des années 90 à 2000 y passe. Tant et si bien qu’au bout de toutes ces influences, Edge of Eternity ressemble artistiquement à une digestion plus ou moins habile de tous ces softs que ça soit sur le plan visuel, sonore, ou atmosphérique. Bien sûr, quelques influences survivent et surnagent un peu mieux au dessus de la soupe : notre héros a la gueule de Noctis, le monde évoque dans son level design un croisement entre Final Fantasy XV et Xenoblade Chronicles, et les systèmes de jeux évoquent les Final Fantasy de l’époque PS1 avec des notions pas inintéressantes extraites des tacticals. Globalement, je dois admettre que cet ensemble, bien qu’évidemment dérivatif et inspiré, s’avère tour à tour un peu amateur, et parfois, pas loin du sublime (attendez de vous retrouver dans la vraie première zone ouverte pour vous prendre une belle gifle des familles après des environnements dignes de moddeurs un peu talentueux !). Là, je parle du visuel, mais je pourrais surtout parler des combats qui, eux, bien loin d’être amateurs, sont dignes de la mention “bien”.
 
Le système de progression, à base de niveaux d’expérience traditionnels et de gemmes à enchâsser dans les armes (pensez aux matérias de Final Fantasy VII et vous serez proche de la vérité), qui modifient les attributs et octroient quelques compétences actives en combat, fonctionne plutôt bien. On n’a pas trop de temps à passer dans les menus, et Edge of Eternity ne rompt pas trop son flot par la même occasion. Tant mieux, parce que des interruptions via dialogues et cinématiques, il y en a, et parfois pas fameux.
 
En effet, les cinématiques sont un peu plates, et les échanges vont du très convenables, en passant par le bien écrit, et les bizarreries lunaires pas aidées par une traduction française (on parle d’un studio français bordel !) parfois très maladroite. D’ailleurs, les points d’interrogations ont disparu. Si si, j’en ai pas vu un seul dans le jeu.

Les musiques ? Boarf, elles sonnent Japonaises, ça sonne un peu comme Xenoblade Chronicles ou Final Fantasy, mais c’est moins inspiré, ça emporte moins. C’est joli et sympathique, mais ça manque un peu de relief, d’identité propre. Je ne crache pas sur quelques belles envolées à l’occasion, et il y en a.

Studio Français recherche scénariste correct

Par combien de reboot est passé cette histoire ? Par combien de fois le studio Midgar a dû réécrire son prologue et retaper son récit ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est qu’au bout, cette histoire de pays en guerre avec une maladie qui décime la population et décide notre héros soldat traumatisé à déserter avec l’aide de sa soeur la prêtresse, pour trouver un remède, la maladie touchant également leur mère, m’inspire autant d’originalité que l’histoire d’Avatar : un bon gros nothing burger. J’aime bien les échanges entre nos protagonistes, j’aime bien quelques répliques, mais tout sent un peu le resucé, le déjà dit, déjà fait, un peu comme si Edge of Eternity était un pastiche de tous les jeux dont il s’inspire … Ah bah merde alors.
 
En effet, le jeu de Midgar EST un pastiche. C’est assumé de partout, ça dégouline par tous ses pores : il ADORE les jeux d’aventure Japonais des années 90 – 2000. Il les aime, et il les aime même tant, qu’il se refuse de trop s’écarter du sillon. Alors, il a des différences comme le système de combat, l’écriture générale, quelques nuances de direction artistique, mais il veut être ce grand mélange, ce grand hommage à Final Fantasy et Xenoblade Chronicles. Il l’est tant et si bien qu’il dégage une formidable candeur, un désir ardent d’inscrire sa trace dans l’histoire d’une longue tradition. Bien sûr, pour le faire, encore faut-il en être digne.

Et pour le décréter, il faut probablement un peu d’autorité, difficile d’adouber quand on est soi-même pas forcément fanatique de cette historique. Mais en tant que joueur occasionnel des Final Fantasy et amateur tout à fait assumé de Xenoblade Chronicles (oui, même du X !) je dois dire que je trouve ce Edge of Eternity… très honnête. Et ça n’a rien de particulièrement méprisant. C’est un jeu honnête dans sa démarche, droit dans ses bottes, ambitieux malgré la petite équipe derrière lui et l’usage du moteur Unity pour le développer. Je le trouve courageux, voire même bravache. Il a beaucoup de candeur, beaucoup de lumière, beaucoup d’envie. Il a subit mille et une critiques au cours de son développement. Des moqueurs et détracteurs par centaines qui se sont foutus de la gueule d’un projet trop gros pour ses réalisateurs, trop ambitieux pour exister dans une forme satisfaisante pour les rêves de ses créateurs. Et finalement… Eh bien il ne s’en tire pas si mal.
 
D’accord : c’est mal optimisé, y a des textures dégueulasses, l’image paraît souvent dégradée, l’IA n’est pas géniale, l’histoire est oubliable, la traduction n’est pas bonne. Tout dégage une impression de pas tout à fait finalisé mais, mais, mais… c’est super impressionnant. Edge of Eternity intègre un système de météo complexe (neige, pluie battante, bruine, brouillard), ou encore un cycle jour-nuit complet, qui influe sur le comportement des animaux qui se baladent dans le monde. Les zones sont vastes, il y a de nombreux puzzles, pas mal de quêtes relativement travaillées par rapport à la norme du genre et les combats sont bons. C’est vraiment un jeu copieux en plus, trente heures pour la ligne droite, le double pour le tout, et il coûte moitié moins qu’un jeu à gros budget alors que sur quelques aspects, il se défend vraiment bien.

Note testeur 06 sur 10
Note RPG 2 sur 5
Marcheur
Marcheur
Ancien rédacteur des sites disparus "Loutrage" et "RPG France", refuse le chômage technique, écrivain impulsif, il écrit ce qui lui passe par la tête -et plus encore- ce qui lui permet d'avoir la productivité d'un hyperactif sous coke. Avertissement de l'OMS : sa prose logorrhéique provoque AVC et convulsions.

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Zemymy

Merci Marcheur pour ce test mitigé. Je retiendrai les quarantes centimètres…. 😉

Demoniakor

J’ai tenu 2h sur ce jeu….. J’ai trouvé ça insipide. Le terme est méchant, et je ne crache pas sur le studio, mais bordel, je ne lui trouve aucune personnalité. Ceci étant dit, si le studio se sent pousser des ailes pour un retour fracassant dans le milieu du RPG, je serais présent.

L'archiviste

J’ai exactement la même sensation que toi Marcheur. Un jeu qui part dans tous les sens et qui ne trouve pas sa propre identité. Je pense même que les développeurs ne savaient pas dans quelle direction, ils allaient car le jeu a tellement changé depuis ses débuts.

Merci pour ce test.

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