Titan Quest Gold édition

Ce test a été écrit par Caldanath et publié à l’origine le 28 février 2014  sur le site RPGFrance.

Note de l'auteur
08/10
Note RPG
04/10

Si il y a bien une chose que les jeux vidéos nous ont appris, c’est qu’il ne faut jamais chercher des noises à un Grec. Surtout s’il se balade en petite jupette. Tandis que l’on s’effraie de nos croyances locales, le Grec va leur exploser la tête. Et en matière de génocide mythologique, Titan Quest et son extension Immortal Throne nous offrent un met de choix. Ce hack’n slash fut développé par le studio Iron Lore, fondé par Brian Sullivan, co-créateur de la série Age of Empire. Malheureusement fermé aujourd’hui suite à des difficultés financières, les anciens membres se sont néanmoins réunis pour former le studio Crate Entertainment, en plein travail actuellement sur Grim Dawn, héritier spirituel de notre testé du jour.

Le plat ton de l’aristo fan des piqûres en dit au gêne que le héros dote aux mères

Notre histoire commence à Hélos, où une personne inconnue accoste sa barque au modeste quai de cette sympathique bourgade campagnarde. Et cette personne, c’est vous, enfin votre avatar. Et Hélos se trouve en Grèce, celle sur la carte, pas celle dans le frigo. Plus précisément c’est en Grèce antique que notre histoire débute pour le jeune héros en devenir, qui peut être aussi bien une femme qu’un homme. Dans tout les cas vous commencerez, en jupette, sandales et armé d’un couteau à bout rond, à prendre la route menant au centre du village, pour vous faire interpeller par un paysan du coin. En effet, des satyres, bêtes mythologiques mi-hommes mi-chèvres mi-pas très futées, sont en train de s’attaquer à son cheval, et plus généralement, au village lui-même. C’est ainsi que débute votre histoire vers la gloire et la fortune.


Donc Titan Quest reprend entièrement l’univers de l’Antiquité, mais pas seulement grec, car vous serez amenés à visiter ensuite l’Égypte, Babylone et la Chine, grands pays en ce temps et affublés d’une mythologie très fouillée et proprement gargantuesque. On combattra donc des minotaures, des scarabées géants ou encore des yétis et des dragons à 6 pattes. L’extension Immortal Throne, elle, fait office de suite directe au jeu de base, et se trouve liée à la campagne de ce dernier. Je ne vous conseillerais donc que trop bien de commencer votre personnage directement sur l’extension, pour profiter des ajouts bienvenus de celle-ci. Sinon il existe un système d’importation du personnage. Mais pour revenir à l’histoire elle-même, Immortal Throne vous entraîne dans les tréfonds de l’enfer, gouverné par le dieu Hadès, dont la géographie ne doit pas vous être inconnue si vous connaissez un tant soit peu la mythologie grecque. Dans le cas contraire, vous serez peut être étonné de traverser les Champs Élysées et le Tartare. Les ennemis une fois encore ne manqueront pas, allant du petit esprit à la horde démoniaque, les armées du dieu de la mort sont inépuisables.

Vous l’aurez donc compris, être un fan de mythologie n’est pas obligatoire, mais vous permettra peut être de mieux apprécier les lieux que l’on traverse, les créatures à combattre et les références disséminées ça et là tout au long du jeu. Un codex aurait été d’ailleurs fort appréciable et aurait permis de découvrir plus en profondeur l’incroyable richesse des religions antiques. Car il faut bien le dire, le scénario n’est pas le point le plus passionnant du jeu, mais reste un bon prétexte pour parcourir le monde et exploser du monstre. On trouve tout de même ça et là des conteurs et des philosophes qui nous racontent des histoires oubliées et des épopées. Et il est à noter que tous les dialogues sont doublés en français, en plus des textes, donc vous n’avez aucune excuse.

La victoire, c’est quand on les a bien νίκη

Vous savez jouer à Diablo 2 ? Parfait vous pouvez sauter le début du prochain paragraphe. Mais retenez néanmoins que j’inclurai directement les nouveautés de l’extension dans la suite du texte.

Car oui, Titan Quest est un Diablo-like. Il reprend la grosse majorité de ses mécaniques de gameplay. Pour ceux qui ne connaissent pas ces dernières, je parle bien sûr du gameplay de base d’un hack’n slash, à savoir: clic clic clic clic.
Donc, tuer plein de trucs, beaucoup de loot (objets récoltés sur les ennemis ou les conteneurs), une montée en puissance et une optimisation des compétences et des bonus d’équipement pour obtenir le meilleur build et tuer encore plus de trucs. Et sur ces points, le jeu s’en sort très bien. Les ennemis sont variés (merci à la mythologie encore une fois), le loot est conséquent et vous pourrez passer du temps à choisir entre cette masse qui offre un meilleur bonus de dégâts ou cette épée qui donne +10 de dégâts électriques, le tout ayant le classement habituel fait de couleurs. On trouvera ainsi des marchands qui nous permettront de revendre notre boxon, car il faut bien le dire, le meilleur loot ne s’achète pas il se trouve.

Et en cas de trop-plein, un caravanier pourra garder vos objets précccieux dans un coffre, l’un étant perso et l’autre accessible à tout vos autres personnages. Mais ces messieurs nous vendent aussi des teintures pour nos tuniques (pimp my greek), divers objets magiques et surtout des potions. Notez que ces dernières ne remplissent pas les barres de vie/mana immédiatement, elles augmentent juste beaucoup le taux de régénération de celles-ci. C’est un coup à prendre pour ne pas se faire surprendre et se faire expédier ad patres. D’ailleurs parlons en de la mort, car elle est ici peu punitive. En effet, votre décès se soldera par un retour à la fontaine de résurrection la plus proche, avec une perte d’expérience, mais une tombe apparaîtra à l’emplacement de votre cadavre, avec un regain d’une grosse partie de l’xp perdue à la clé si vous la touchez. Et en bon Diablo-like, on bénéficiera aussi d’un système de portails aux endroits clés de la carte, mais avec une facilité cependant, notre personnage pouvant en effet placer un petit portail à n’importe quel endroit et ce de façon illimitée.


Parlons maintenant de ses quelques originalités mineures, à savoir un système de parchemins pouvant lancer de puissants sorts sans avoir besoin d’être un grand magicien, un système de reliques (que j’appelle souvent « runes » par erreur) qui ne seront complètes et fixables avec leurs bonus sur l’équipement qu’une fois leur 3 ou 5 parties assemblées, et enfin un système d’artefact qui fonctionne comme la cuisine : vous trouvez des recettes, vous rassemblez les ingrédients (qui comprennent des reliques complètes), et vous mixez chez un enchanteur pour obtenir un artefact qui, une fois équipé dans l’emplacement correspondant, vous conférera ses puissants bonus. Notez que les reliques peuvent être retirées d’un équipement, mais au prix de la perte soit de l’équipement en question, soit de la relique.

Mais l’atout majeur de Titan Quest, en plus de la mythologie, se situe dans son système de maîtrises. En effet, lors de la montée de niveau, vous choisissez normalement vos points de caractéristiques (santé, force, etc), mais à partir du niveau 2 on vous donnera la possibilité de choisir une maîtrise parmi 9 différentes, celles-ci allant du mage de feu à l’empoisonneur, en passant par le berzerk et le soigneur. Vous pourrez donc acquérir diverses compétences, les plus puissantes ne se débloquant qu’en remplissant la barre dite « de maîtrise », qui va avec son lot de bonus de caractéristiques. Jusqu’ici rien de nouveau me direz vous. Mais l’ingéniosité de la chose vient du fait que l’on puisse choisir une autre maîtrise à partir du niveau 8, la jonction des deux formant la classe à proprement parler. On obtient donc 36 combinaisons possibles, permettant une bonne rejouabilité. Mais je vous laisse découvrir par vous-même ces arbres de compétences, l’erreur étant rattrapable par le biais d’un mystique qui peut retirer des points de compétences déjà placés, contre une bonne rémunération qui augmentera à chaque fois que vous ferez appel à ce monsieur.

Pour finir je parlerai des combats, épicentre du jeu, qui pourront rebuter pas mal de joueurs, car ceux-ci paraissent souvent trop mou au début du jeu. Mais une fois monté en niveau, ils gagnent beaucoup en dynamisme et on s’étonnera de chercher au plus vite le prochain groupe d’ennemis pour lui éclater la rate.

Puis la sandale droite. Et puis j’enfile ma petite jupette, toujours.

Parlons peu, parlons bien, Titan Quest est magnifique. Difficile de rester de marbre devant la qualité des décors, du rendu de la profondeur, sans parler de l’eau et de la gestion de l’herbe. J’affirmerais sans crainte qu’il a très bien vieilli depuis 2006 et n’a pas à rougir de la comparaison avec d’autres titres plus récents. Les animations sont un peu raides mais le moteur physique est très bien rendu (malgré quelques bugs bizarres), et cela pourrait vous arriver de courir après une potion de soin qui dévale un escalier.

Ces graphismes sont supportés par une bande-son épique et parfaitement dans son thème. Que ce soit les flûtes de Pan en Grèce, les sons orientaux au sein des pyramides, les douces musiques des jardins chinois ou encore les compositions dans un style film d’horreur pour les enfers, Scott B. Morton et Michael Verrette signent ici une superbe bande originale.

L’interface fait son boulot, l’inventaire étant clair et les comparaisons objet porté/objet visé ainsi que les stats permettant l’optimisation de chaque pourcentage sont bienvenus. Point noir cependant, l’interface pour le multijoueur est assez brouillonne et peu claire, mais je vous conseille tout de même de tenter l’aventure en coop, du Joueur contre Joueur étant disponible pour les plus belliqueux. Avec une durée de vie de plus de 30 heures pour finir le mode normal (avant de passer au mode épique et légendaire), vous aurez de quoi vous occuper. Et si vous voulez continuer l’aventure, je ne peux que vous conseiller les mods de la communauté dont l’excellent Lilith.


« Prends-ça espèce de taureau aux hormones ! Et donne moi une meilleure jambière pour mon perso ! », c’est aussi ça Titan Quest. Et je ne peux que le conseiller à tout amateur de hack’n slash ou de mythologie antique. C’est un bon jeu que nous sert là Iron Lore, un délicieux met à la grecque en attendant son successeur spirituel, Grim Dawn, qui j’espère se montrera à la hauteur de son grand frère. En tout cas moi j’ai surtout retenu qu’on peut porter la jupette et rester super viril.

+ La richesse des mythologies
+ Le système des maitrises
+ Du loot à foison
+ Les graphismes et la bande-son, superbes
+ L’herbe elle bouge sous les pas du personnage !

Note RPG 2 sur 5
Note testeur 08 sur 10

– Une optimisation pas folichonne
– Le menu multijoueur pas très agréable
– Les combats un peu mous au début
– Y aura pas de suite

La vision d’Andariel :
Titan Quest à ses débuts, ce n’était clairement pas folichon. Le bougre souffrait de sérieux soucis d’optimisation, de bugs récalcitrants, d’un fâcheux équilibrage du loot et autres. Force est de constater qu’avec les apports d’Immortal Throne et des mods genre Lilith, cette quête titanesque a su reprendre du poil de la bête. On peut désormais dire que malgré certains défauts qu’il se trimbale, le bébé d’Iron Lore est un Diablo-like tout à fait respectable. Au delà de sa présentation chatoyante, son univers attrayant et ses petites subtilités avec lesquelles il se démarque dans son genre, Titan Quest s’impose principalement par la profondeur de ses builds et les possibilités qui en découlent. Si vous êtes comme moi, du genre à s’extasier en min-maxant la feuille de personnage et l’arbre de compétences, alors ce truc c’est carrément l’Olympe pour vous !
Maintenant, il est indéniable que Titan Quest laisse à désirer sur pas mal de niveaux en tant que Hack ‘n Slash. Je pense surtout à la linéarité de son level design et à l’absence de génération aléatoire de son contenu, qui pourraient même se révéler pas mal rédhibitoires pour les amateurs du genre. Aussi, je rejoins mes braves confrères concernant le feeling des combats un peu gnangnan au corps à corps (du coup, faire des persos orientés distance est plus conseillé). Mais franchement, entre un Diablo 3 fun dans son feeling mais affreusement barbant dans ses mécaniques Hack ‘n Slash et un passionnant Titan Quest, j’ai vite fait mon choix. Hein quoi ? This is madness ? Non. THIS IS SPARTA !
07/10

La vision de Killpower :
Pour ma part, Titan Quest a été un fiasco total à sa sortie. Il ramait, bugguait à mort et il a fallu attendre les patchs salvateurs avant de pouvoir le faire tourner sur ma bécane. Titan Quest est d’une platitude sans nom. Linéaire à souhait, tout y est cloisonné à tel point que l’on s’ennuie dans cet univers greco-romain pourtant charismatiquement habité. Le loot est tout bonnement défini (les créatures lâchent ce qu’elles portent), tout comme les niveaux non élatoires. On se retrouve donc avec un hack’n slash sans surprise, dont la progression du loot monte par cloison. Jamais vous ne trouverez de loot décoiffant, ils sont définis d’avance. Il n’y a aucun souffle épique face aux boss (cela manque de pêche) et le leveling forcé avec des combinaisons de compétences obligatoires dans un même thème pour pouvoir passer certains actes dont le boss final, sinon vous pouvez toujours courir et recommencer à zéro. Au new game +, vous poursuivez la même partie avec un loot amélioré, mais à l’identique. Alors, tout n’est pas à jeter à la mer (doubles compétences, beauté des paysages, bonnes idées neuves à l’époque, mods inestimables!), mais devant cette orientation rigide du monde et de l’évolution de son personnage, devant cette mollesse d’action, on n’aime ou pas. Et perso, je fais partie de la seconde catégorie et Titan Quest manque de folie et je m’ennuie à mourir face à un Torchlight bien plus cartoon, mais bien plus fun et nerveux.
05/10

RPGfrance
RPGfrance
Site ayant vécu de 2009 à 2022 et traitant de l'actualité des jeux vidéo RPG. Le site ayant disparu, l'équipe de RPGjeuxvidéo, sous l'action de Killpower, ancien président de RPGFrance, a essayé de rendre hommage aux nombreux rédacteurs qui ont participé au site, en reproposant leurs articles qui, sinon, auraient été perdus à jamais. Si vous êtes l'auteur de cet article, contactez-nous et inscrivez-vous, nous mettrons le texte à jour.
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments

Articles récents

TESTS ALEATOIRES

Deus Ex : The Fall

La tradition veut que les jeux soient rangés par genre dans des grosses cases bêtes et méchantes. Et Warren Spector n'aimait pas ces cases qui lui...

Fates of Ort – Avis

Excellent jeu, Fates of Ort mêle divers genre en une aventure d'exploration et de magie unique, où les sorts ont un prix, et où...

Ghost of Yotei – PS5

La montagne Yōtei raconte l’histoire d’Atsu, une jeune onryō forgée par la perte et le feu. Ghost of Yotei est une expérience narrative rare, où la vengeance devient poésie et la nature se fait témoin.
Si il y a bien une chose que les jeux vidéos nous ont appris, c'est qu'il ne faut jamais chercher des noises à un Grec. Surtout s'il se balade en petite jupette. Tandis que l'on s'effraie de nos croyances locales, le Grec va leur...Titan Quest Gold édition
0
Envie de laisser un commentaire ? x