Drova – Forsaken Kin

Clé fournie par le développeur que je remercie. Testé avec la mise à jour 1.01.

Note de l'auteur
09 /10
Note RPG
08/10

Lorsque j’ai entendu parler de Drova – Forsaken Kin, un RPG développé par Just2D et publié par Deck 13, c’était en 2020, et s’il m’a attiré, c’est tout simplement parce que ses créateurs indiquaient s’inspirer de la licence Gothic. Alors forcément, si vous connaissez mes goûts, vous savez que je ne pouvais passer à côté de ce jeu en pixel art. Créé avec Unity, il a subi différentes phases de tests, dont une bêta, Drova : Arena, qui a permis de maximiser le système de combats. Enfin, il est sorti le 15 octobre dernier, et je me suis lancé dans l’aventure un peu après, même si j’avais reçu la clé quelques jours avant. Du coup, je reviens vers vous aujourd’hui, pour vous parler de ce jeu, voulant capturer l’essence de Gothic. Pari réussi ?

On commence par créer son personnage en personnalisant son apparence, le niveau de difficulté, le nom, et accessoirement, un souvenir : objet qui donnera un petit avantage à votre héros. Enfin, vous aurez le choix entre une sauvegarde manuelle ou une sauvegarde automatique sans que vous ayez votre mot à dire.

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Une carte du monde que vous n’aurez que si vous la récupérez. Et l’encre, c’est pour mettre vos annotations. Faut-il l’acheter.
Drova 1004 | RPG Jeuxvidéo
Dormir et manger.

En tant qu’exilé de votre tribu, vous serez « téléporté » sur Drova avec un cristal en poche et vous devrez essayer de survivre et de comprendre ce que vous faites là, mais aussi de trouver votre place et votre destinée. Pour cela, il vous faudra vous familiariser avec ce monde tout droit sorti d’un univers médiéval fantastique porté sur la nature et le folklore celtique. Autant vous dire que, si j’avais une appréhension vis à vis du pixel art, j’ai été bluffé par la qualité proposée et la minutie des détails, même si la palette des couleurs est un peu terne.

Mais ce qui va surtout vous porter, c’est l’écriture parfaitement maîtrisée et la très bonne narration mature de l’histoire principale ou des quêtes secondaires. Vous aurez l’obligation de rejoindre l’une des deux factions, les gens des décombres ou ceux de Nemeton, avec leurs propres règles et buts poursuivis. On retrouve d’ailleurs un air des factions de Gothic 3 qui n’est pas pour déplaire. La rejouabilité sera de mise, en sachant que le choix de l’une, bloque l’accès à l’autre. Quant aux PNJ, vous allez créer des liens avec, même s’il n’y a pas de romance, car ils sont bien développés et crédibles, ce qui ajoute de la profondeur à la cohérence de cet univers. On apprécie que vos choix auront un impact direct sur le monde, et des changements visibles, tout comme certaines quêtes que les PNJ pourront vous rappeler, par la suite, si vous les avez réussies. Quêtes, qui pourront être réalisées, pour certaines, de différentes manières. L’écriture nous porte, comme on pouvait le trouver dans The Witcher 3, ce qui est quand même un gage de qualité, non ?

On regrettera juste de ne pouvoir tuer les PNJ, si ce n’est pas prévu, et encore moins l’absence d’enfants ; je n’en ai croisé que deux. Ah ! Le jeu vidéo et sa censure…

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L’artisanat possible avec un atelier et des ingrédients. Si vous avez les recettes.
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Des compétences qu’il faudra récupérer auprès de formateurs. Un petit air de Gothic, non ?

Il était une fois… Drova

Drova est un monde ouvert qui ne paraît pas très grand au premier regard. Entouré par des brumes mortelles, vous en ferez le tour en moins de cinq minutes à pied, mais il compte pas mal de souterrains et de lieux secrets. Et comme on le dit souvent, il vaut mieux un monde petit et riche, que grand et vide, et Drova répond exactement à cette réflexion. Les environnements sont variés, avec des forêts, des marécages, des grottes, et des villes plutôt grandes, avec une atmosphère différente pour chaque. Ce qui vous retiendra le plus souvent d’aller de l’avant, c’est sa faune, car le moindre animal pourra vous mettre une volée. On retrouve donc bien cet esprit, cher à Gothic, avec l’obligation de progresser pour revenir dans des endroits inaccessibles en début de partie.

Et soyons clair, Drova est un jeu avec un esprit oldschool. Tout y est pensé pour que le joueur s’y perde et se prenne en mains pour avancer. Il y a bien un petit tutoriel en début de partie pour réaliser certaines actions, qui est très correct, mais cela ne fait pas tout. Prenons quelques exemples : vous devrez acheter des cartes des différents lieux, voire même de l’encre pour mettre vos propres annotations dessus, sinon, il faudra utiliser votre mémoire. Les quêtes ne sont pas marquées par un gros point lumineux comme la plupart des RPG d’aujourd’hui, il faudra chercher. L’évolution de votre héros se fera auprès de PNJ enseignants. Le vol est puni si vous êtes vu ou encore votre carquois ne contient qu’un certain nombre de flèches selon sa qualité, ce qui vous oblige à recharger souvent.

Un monde ouvert s’offre à vous et vous donne l’envie de vous y promener car au détour d’un dénivelé vous trouverez peut être l’entrée d’une grotte, avec son trésor ou un filon à extraire dans un mini jeu efficace, ou tout simplement une couche pour dormir un moment et récupérer. Rien ne vous empêche de pêcher, ou encore de vous balader pour ramasser des produits de la faune locale pour plus tard, grâce à un feu, un atelier ou un fourneau, fabriquer des choses, si vous avez les recettes et les compétences correspondantes. On sent bien les gènes de Gothic derrière ces possibilités.

Seuls, la brume mortelle ou le feu obscur que vous croiserez dans certaines régions seront les limites à votre liberté, car si vous entrez dedans en ce début d’aventure, ce sera la mort directe.

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Un PNJ formateur qui débloque des compétences ou qui augmente les caractéristiques.
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Des dialogues matures, bien maîtrisés, parfois comiques.

Une histoire et des combats

De prime abord, on ne peut pas dire que jouer à Drova est simple, car il demande un certain temps d’adaptation que cela soit à la manette ou au clavier. En effet, il y a pas mal de touches/boutons et donc d’actions possibles : sortir votre arme, intervertir votre équipement entre deux possibles, frapper, recharger son carquois, utiliser une compétence ou un sort, choisir une compétence ou un sort, se mettre en mode observation, bloquer, esquiver, ou encore accéder au menu général ou au menu de votre partie. Il y a aussi quatre raccourcis pour des objets ou consommables de votre inventaire. Cela en fait des choses, mais au bout d’une petite heure, c’est dans la boîte, et on peut passer à l’autre gros sujet du titre : son système de combat.

Il existe différents types d’armes de mêlée (haches, épées, lances, couteaux), et à distance (couteaux, fronde, arc), dans lesquelles vous pourrez vous spécialiser avec l’acquisition de compétences. Vous avez aussi accès à différents pièges à poser au sol. Chaque arme pourra avoir un niveau de qualité, et il y a de quoi faire. Même si, dans chaque catégorie, elles ne sont pas si nombreuses que cela en fin de compte.

Vous pouvez avec le même bouton/touche faire une attaque légère ou une lourde plus longue à se mettre en marche, mais vous devrez tenir compte de votre endurance pour ne pas vous épuisez. De même, il est possible d’utiliser votre bouclier pour faire une parade, ce qui vous fera encaisser quand même des dégâts ou réaliser jusqu’à deux ou trois esquives – recul en arrière – pour éviter une ou des attaques, ce qui vous épuisera une ou deux secondes. A mon goût, Je préfère la seconde option qui rend les combats bien plus dynamiques. Enfin, il y a aussi votre compétence/sort que vous aurez acquis au préalable et qui demandera un niveau de concentration spécifique plus ou moins élevé pour pouvoir être activé. Il peut s’agir de compétences d’armes spécifiques apprises auprès des PNJ, de compétences runiques acquises grâce à des pierres magiques ou de sorts inscrits sur des parchemins qui seront consommés après utilisation.

Drova 1012
Des activités avec des minijeux.
Drova 1004
On pioche pour déblayer, mais ne vous inquiétez pas, il y aura des filons de minerai

Cette concentration augmente lorsque vous frappez vos ennemis, et dès que vous avez utilisé ladite compétence, elle diminue. De plus, si vous êtes touché ou si vous ne faites rien pendant quelques secondes, elle revient à son niveau de base. Autant vous le dire, il s’agira de réfléchir, surtout face à des adversaires qui peuvent vous occire en un coup en ce début de partie. Ils sont vifs et teigneux et possèdent souvent des rafales de coups mortels pour la plupart. Il faudra donc les observer pour trouver les points faibles de chacun et les vaincre.

En ce début de partie, vous trouverez des arbustes piquants, qui s’ils vous font saigner, ont le même effet sur vos ennemis. Libre à vous d’attirer ces derniers pour qu’ils les traversent ou encore de les amener vers les gardes d’une ville pour profiter des combats sans vous soucier des risques. Il n’est pas rare d’ailleurs de croiser deux types d’ennemis différents qui s’affrontent. Seul bémol dans un cas, comme dans l’autre, s’ils meurent sans votre « aide », vous ne gagnerez pas de point d’expérience. Quant au cas où un ennemi serait trop fort pour vous, rien ne vous empêche de fuir, car il ne vous poursuivra qu’un moment avant de retourner à son point initial et de récupérer tous ses points de vie.

Le système de combat est donc plutôt réussi, même si parfois, l’activation d’une compétence peut être caduque car votre personnage est mal orienté, ruinant alors toute votre stratégie. Et parfois, on pourra s’y perdre, lors d’affrontement avec plusieurs ennemis en même temps.

Si Drova est juste, mais dur quand on débute, les combats sont extrêmement permissifs, car il y a une ribambelle d’options à configurer dans les menus, allant même jusqu’à vous proposer d’annuler les dégâts que vous recevez. Ainsi, vous pouvez très bien profiter de l’histoire sans vous soucier des combats. Et ça, c’est une super idée que tous les jeux devraient proposer.

On a parlé armes, mais n’oublions pas le reste de l’équipement : les amures sont rares et peu nombreuses et elles sont souvent fournies par votre faction en échange des services effectués. Mais vous pourrez aussi porter jusqu’à quatre bijoux, anneaux ou amulettes, et un objet pour la tête qui sera purement décoratif, voire même des bouchons d’oreille – une quête en impose ! Dans tous les cas, tout cela se verra sur votre avatar et cela reste très lisible.

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Un bestiaire sympathique. Vous le voyez ce saurien qui vous guette d’un oeil ?
Drova 1011 | RPG Jeuxvidéo
Et les grosses mouches, cela vous rappelle quelque chose ?

Drova rend gaga

Oui, gaga de bonheur ! J’ai traversé l’aventure presque d’un seul trait en trente heures et je n’ai eu que du bonheur. Il y a bien des petites choses qui fâchent comme le fonctionnement de l’évolution du personnage assez confus. A chaque niveau pris, ou sur des stèles disséminées dans le monde de Drova, vous récupérez des points de destin. Ces derniers sont à utiliser chez les PNJ formateurs, soit pour augmenter vos caractéristiques (force, dextérité et esprit), soit pour vous en servir pour apprendre des compétences de combat ou d’artisanat (extraire plus de minerais, récupérer plus de choses sur les cadavres – clins d’œil à Gothic bien sûr …). Malheureusement, il faut savoir que chaque arme a un niveau de maitrise qui dépend de la totalité des points injectés dans vos caractéristiques. Donc si vous n’avez pas mis assez de points, vous ne pourrez pas utiliser l’arme de niveau supérieure à la vôtre.

On pourrait aussi parler de la nourriture que vous pourrez préparer au coin du feu à condition que vous ayez la recette comme pour le reste. Manger, vous permettra de remonter vos points de vie au maximum, voire si c’est déjà le cas, augmenter votre vitesse de déplacement. Mais ne vous inquiétez pas, on aura des consommables pour remonter vos points de vie plus vite. Mais attention, la consommation prend au moins deux secondes, donc durant un combat, cela peut poser problèmes.

J’ai dévoré le jeu en quasi une seule séance, c’est dire, si pour moi, c’est une création de qualité. Même s’il est vrai que quelques explorations avec suites de combats n’étaient pas nécessaires, car cela alourdissait l’aventure pour rien. Mais il faut savoir que je n’ai découvert qu’à la fin de ma partie que je pouvais casser les caisses vétustes et les vases avec mon arme pour y trouver du loot. Cela vous semble logique et à moi aussi ! Mais comme on ne le fait pas en début d’aventure, on n’imagine pas le cas possible. Tout comme le mode observateur qui permet de fouiner autour de soi, ou encore d’examiner un paquet de documents ou les cadavres que l’on croise.

Parfois même, je me suis retrouvé coincé parce que j’avais repris mes vieux réflexes de joueur de Gothic. Ainsi, au lieu d’utiliser l’option « observer » pour examiner un monticule de terre, je cherchais une pelle dans un monde qui n’en comprend pas. Oui, moquez-vous !

Drova 1010
Un inventaire avec une partie de la feuille de personnage.
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Du commerce à la sauce Fallout.

Bon, on ne pourra pas lui reprocher le manque de moyen sur certains petits points qui auraient pu renforcer l’immersion, comme l’absence de doublage ou encore des animations répétitives lors des dialogues (crachat et rires gras seront votre lot quotidien). Mais pour le reste, tout a été fait avec amour dans ce jeu et cela se sent : la finesse du pixel art avec le reflet de votre personnage dans l’eau, les animations de l’environnement, les bruitages, le HUD parfaitement lisible ou la musique envoûtante. Tout est réussi. Je n’ai trouvé que quelques bugs sans incidences et quelques fautes sur une traduction française de très bonne qualité. Alors, même si la dernière mission met un point final à l’aventure, rien ne vous empêchera d’y retourner une nouvelle fois en changeant votre choix de faction et vos spécialisations d’arme. Comptez donc 30 à 35 heures pour une première partie, ce qui en fin de compte est plutôt pas mal.

Si Drova est considéré comme un action-RPG, pour moi, c’est un véritable RPG bien conçu, avec une narration parfaitement maitrisée conséquences visibles à l’appui et un système de combat jouissif. Tout de pixels vêtus, c’est un véritable bijou qui s’inspire de Gothic, tout en offrant un gameplay moderne et efficace. De plus, avec ses options de jouabilité configurables, il peut convenir à n’importe quel joueur, à condition de se prendre en mains, avec à la clé une trentaine d’heures de pur bonheur. Drova apporte un vent de fraîcheur dans un univers ludique plutôt généralisé. Donc oui, le pari est réussi haut la main, et on espère que cette équipe indépendante saura nous faire vibrer avec une prochaine suite.

+ Pixel art agréable
+ Une inspiration Gothic tellement bien maîtrisée
+ Une narration
+ Un monde riche
+ Un système de combat réussi
+ Difficulté à définir
+ Version française

Note RPG 4 sur 5
Note testeur 09 sur 10

– Quelques passages de combats longuets pas nécessaires
– Manque de clarté sur quelques points
importants

NOTE RPG : GRILLE DE NOTATION16 / 20
Personnaliser physiquement son avatar 1 pt
Avoir des compétences 1 pt
Avoir des caractéristiques 1 pt
Avoir des points d’expérience 0.5 pt
Avoir un ou des familier/ compagnons 0 pt
Système d’alignement évolutif 0 pt
Système géré par les caractéristiques et les compétences 0.5 pt
Equipement pour le héros 1 pt
Inventaire limité par le poids 1 pt
Héros affecté par les choses -maladie, état –0.5pt
Faim, soif, sommeil et autres 0.5 pt
Plusieurs solutions pour résoudre les quêtes 1 pt
Des quêtes secondaires 1 pt
Romance avec les PNJ ou compagnons 0 pt
Usure de l’équipement et artisanat du matériel 1 pt
Commerce (vente et achat) 1 pt
Activités ou jeux annexes 1 pt
Monde vivant qui évolue sans vous 0.5 pt
Passage secret ou autres 0.5 pt
Monde interactif (contenants de loot)1 pt
Cohérence du monde (météo, jour / nuit) 1 pt
Background avec incidence 0.5 pt
Dialogues avec plusieurs réponses 0.5 pt

L'archiviste
L'archiviste
Administrateur de RPG jeux vidéo. Très vieux Joueur du siècle dernier. Testeur et rédacteur amateur depuis 1999 de RPG, même les pires. Relecteur bénévole de traductions de nombreux jeux vidéos RPG. Ancien membre de RPGFrance et de Dagon's Lair.

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Furvent

Très bon test ! Tu m’as donné envie d’y jouer, bravo !

Demoniakor

Idem que Furvent. Ce descendant des Gothic m’avait fait de l’oeil.Ton test en remet une couche. Ce sera direct dans la biblio !

Beket

Franchement du trés bon avec une vraie saveur Gothic et une belle qualité d’écriture. Comme quoi, pas besoin d’AAA pour trouver son bonheur.

Une vraie belle surprise et merci pour le test !!

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