jeudi, juillet 29, 2021

L’histoire des jeux de rôle sur ordinateur # 3 – Partie 23 : Platine et Age Moderne (1994-2004)

Relire la partie 22.

Groupe et combats : Icewind Dale

La plupart des meilleurs jeux de l’âge du platine permettent aux joueurs de ne créer qu’un seul personnage. Même si des jeux comme Baldur’s Gate et Fallout permettent aux joueurs d’ajouter des personnages à son groupe plus tard, il s’agissait de personnages pré-générés, souvent avec leur propre personnalité et leur propre agenda. Bien que ce système ait permis de mieux contrôler les possibilités de narration et de récit, certains fans de vieux classiques comme Pool of Radiance et Eye of the Beholder se sont sentis escroqués.

Ils voulaient créer leur propre groupe d’aventuriers à partir de rien et les contrôler directement. Black Isle a entendu leurs prières et a sorti en 2000 Icewind Dale, un autre jeu basé sur le moteur Infinity de BioWare et se déroulant dans une région arctique de Forgotten Realms de TSR. Ce jeu se caractérise par des graphismes et un son exceptionnels, ainsi que par une partition de Jeremy Soule qui est l’une des meilleures partitions musicales jamais composées pour un jeu vidéo. Tout cela semblait être un rêve devenu réalité pour les fans de la vieille école comme votre serviteur.

Icewind Dale permet aux joueurs de créer et de contrôler six personnages, et comme le jeu est tellement axé sur le combat, il est primordial de construire un groupe bien équilibré. De plus, le combat peut être une aventure très difficile, nécessitant une coordination minutieuse et un travail d’équipe. Par exemple, une des stratégies favorites est de faire avancer un voleur furtif, d’attirer quelques ennemis et de les prendre dans une embuscade. Comme d’habitude, les utilisateurs de magie fonctionnent comme de l’artillerie ; ce sont eux qui infligent le plus de dégâts, mais ils sont pratiquement impuissants en cas de combat au corps à corps et doivent être protégés.

Les grandes batailles peuvent devenir assez complexes et intenses, avec un nombre presque infini de variables, surtout pendant la phase de préparation (Quelles potions donner à qui ? Le mage doit-il apprendre des sorts d’amélioration ou d’attaque ?). Le seul problème sérieux de l’interface est de maintenir les six personnages alignés en une formation cohérente ; il est facile de se tromper et d’avoir un mage qui avance en position vulnérable, ou de laisser inconsciemment un personnage piégé derrière un obstacle plusieurs pièces en arrière.

Malheureusement, Icewind Dale n’est pas un chef-d’œuvre. L’accent mis sur les combats et la dynamique de groupe s’est fait au détriment d’un scénario intrigant ou d’une interaction significative avec des personnages non joueurs. Il s’agit d’un jeu linéaire de type “hack and slash” qui se déroule dans un monde enneigé et glacé quelque peu morne. En effet, le jeu qu’il m’a le plus rappelé est Secret of the Silver Blades de SSI, totalement négligeable.

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Plus de personnages signifie une gestion plus dynamique du groupe ; trouver le bon équilibre.

L’avis général parmi les critiques était bon, mais pas génial, et cela n’a certainement pas aidé d’être en concurrence avec des méga-hits comme Diablo II et Baldur’s Gate II, qui sont sortis la même année. L’année suivante, Black Isle Studios a développé un pack d’extension appelé Icewind Dale: Heart of Winter, qui ajoute cinq nouvelles zones et de nombreux nouveaux objets, compétences et sorts. Il propose également une meilleure résolution et une meilleure intelligence artificielle. C’est une extension de qualité pour les fans du premier jeu.

NOTE de RPG Jeux Vidéo : Suite à des critiques sur cette extension, Black Isle Studios a sorti un patch Trials of the Luremaster gratuitement pour augmenter la durée de jeu, avec de nouveaux personnages, quelques améliorations de gameplay, et des quêtes supplémentaires.

En 2002, Interplay a publié Icewind Dale II, qui diffère de l’original à plusieurs égards. La différence la plus notable est peut-être le passage aux règles de la 3e édition d’AD&D, qui affectent grandement la façon dont les personnages sont créés et développés. Les anciens lancers de dés aléatoires pour les statistiques ont disparu ; les joueurs reçoivent à la place un certain nombre de points à distribuer comme bon leur semble. Cependant, le hic, c’est que pour obtenir une statistique supérieure à la “moyenne”, il faut une plus grande quantité de points ; c’est un système exponentiel qui fonctionne assez bien.

Il existe également un nouveau système de ” prouesses “, une innovation formidable qui semble tout droit sortie de Fallout. Néanmoins, le système des ” prouesses ” rend le processus de mise à niveau beaucoup plus intéressant et personnalisable, et ajoute beaucoup à ce genre de remarque : “encore un niveau, puis je m’arrête pour la nuit ” qui vous fait jouer jusqu’à ce que votre réveil sonne.

Il existe également un système de compétences qui permet de personnaliser davantage et de faire des compromis ; un voleur qui met trop de points dans l'”ouverture de verrou” peut être mauvais pour désactiver les pièges ou se déplacer furtivement. Enfin, les joueurs peuvent “multiclasser” leurs personnages comme ils le souhaitent, au point de donner à chaque personnage un niveau en combat ou en vol juste pour le plaisir. Cependant, là encore, il y a un compromis à faire : les capacités vraiment cool ne sont accessibles qu’aux membres de très haut niveau d’une certaine classe. Trop d’hybridation aboutit à un personnage de type “moyen partout, et maître nul part” qui est la plupart du temps sans importance.

“VOTRE MAGICIEN A-T-IL L’AIR UN PEU MALADE, AVEC CETTE PEAU BLAFARDE QUI PROVIENT DU MANQUE D’EXERCICE PHYSIQUE ? DONNEZ-LUI UN OU DEUX NIVEAUX DE COMBATTANT, PEAUFINEZ SES PROUESSES D’ARMES ET REGARDEZ CETTE BEDAINE S’ÉVANOUIR ! VOTRE FORME DE LOUP D’HIVER DE VOTRE DRUIDE EST-ELLE COUPABLE DE MUE DISGRACIEUSE AU COMBAT ? DONNEZ-LUI UN NIVEAU D’ENTRAÎNEMENT DE BARBARE, ET REGARDEZ-LE DÉCHIRER CHACUN DE CES YÉTIS APRÈS AVOIR INVOQUÉ SA RAGE !” — BARRY BRENESAL SUR IGN, 5 SEPTEMBRE 2002.

Icewind Dale II offre également d’autres améliorations, notamment une interaction plus significative avec les personnages non joueurs et une meilleure diversité des décors. Le doublage est également de premier ordre, un aspect important qui a tendance à être négligé par de nombreux critiques (à moins qu’il ne soit mauvais, auquel cas il devient le point central de ces critiques).

Bien que l’histoire soit un peu plus nuancée que l’original, il s’agit encore principalement d’un jeu type “hack and slash” plus axé sur les tactiques de combat que sur la tension dramatique. Il est révélateur que la plupart des critiques contemporains passent beaucoup plus de temps à parler des exploits combattifs et du système de compétences que des arcs de l’histoire.

Icewind Dale 2 |  RPG Jeuxvidéo
Le nouveau système de “prouesses” a rendu l’évolution beaucoup plus intéressante que l’ancien système de règles.

Bien sûr, l’autre grand jeu de 2002 était Neverwinter Nights de BioWare, un jeu entièrement en 3D qui menaçait de rendre Icewind Dale II démodé avant même d’avoir atteint les disques durs des joueurs. J’en dirai plus sur Neverwinter Nights plus loin dans cet article, mais il suffit de dire qu’Icewind Dale II est le dernier des grands jeux Infinity Engine qui ont apporté tant de joie aux fans du CRPG.

Lire la partie 24.

RPG jeux video killpower |  RPG Jeuxvidéo
Killpower
Joueur depuis très longtemps. Testeur et rédacteur depuis 1999 de RPG, même les pires. Relecteur de nombreux RPG traduits bénévolement.

1 COMMENTAIRE

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didi.reveil41

Que de souvenir sur le début du RP dans les jeux. Dommage que cela se soit perdues au fil des années
Maintenant c’est du farming, avec un chronomètre, une alarme et boum boum comme sur : https://www.reveil-en-ligne.com

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