Cela fait maintenant 21 années que le studio allemand Piranha Bytes nous abreuve de licences de RPG : Gothic, Risen, et maintenant Elex. Des jeux fait dans le même moule avec des mécaniques proches, mais avec des époques et des univers différents. Un monde immersif, des dialogues poussés avec des factions qui vont modifier le cours du jeu, des combats difficiles qui demandent une adaptation et une évolution grâce à des formateurs qui permettent de débloquer de nouveaux gameplay pour votre héros.
C’est cela la vision du RPG allemand décriée depuis longtemps par la presse américaine, traitant souvent leurs jeux d’Eurojank. Et pourtant, le public européen a souvent acclamé leur génie !
Mais revenons à nos moutons : Elex II est donc la suite du RPG en monde ouvert de 2017 qui se déroule dans un monde post-apocalyptique où la magie et la technologie se côtoient. Dans le premier titre, vous découvriez Magalan, dans lequel de banni pourchassé, vous deveniez le sauveur du monde. Quelques années après, vous revoici de nouveau prêt à faire fi des nouvelles menaces. Une suite qui permet de retrouver Ajax, et cette fois-ci, vous n’êtes plus seul : vous avez un enfant et une femme ! Chouette non !?

La première question a se poser est tout simplement : dois-je avoir jouer au premier pour attaquer ce second ? Hé bien j’aurais tendance à dire oui. Car vous aurez de nombreux rappels via des cutscenes pour comprendre les relations des factions, mais aussi les relations d’Ajax avec de nombreux personnages qui sont de retour. Vous pouvez vous en passer, mais en début de partie, cela risque de compliquer votre compréhension de Magalan. Sur ce, passons maintenant à ce début de partie dans laquelle on vous laisse choisir le niveau de difficulté, mais pas la personnalisation de votre avatar. Ce sera Jax, quelques années plustard.

Bon… soyons clair : ce début de partie est (très) laborieux. Parti s’isoler quelques années, Ajax se retrouve pris dans une attaque extraterrestre, enfin des espèces de boules lumineuses qui “s’écrasent” sur le sol et laisse s’échapper des créatures hostiles qui envahissent Magalan. Dans cette vidéo d’introduction, Ajax se voit infecté, mais arrive à s’échapper. Il est alors secouru par un certain Adam qui lui dit qu’il doit sauver le monde contre cette force extra-terrestre qui commence à phagocyter, et l’environnement, et la faune, avec son elex noir. En fuite, vous retrouvez votre femme ! Oh mon dieu, votre avatar s’est marié et a eu un mouflet !

On choisit ses amis, pas sa famille…

C’était une des nouveautés que les développeurs ont mis en avant. Eh bien, je ne sais pas si les développeurs ont des enfants, mais franchement, cette partie du jeu est pi-to-ya-ble. D’abord, le retour vers sa femme passe par des dialogues qui ne transmet aucune émotion, aussi raides que les amortisseurs d’une allemande. Et avec Dex, son enfant, c’est pire. Imaginez la scène : un pré-adolescent retrouve son père après plusieurs années et la première chose qui lui vient à l’esprit c’est de parler des envahisseurs ?

De plus, ce gosse est moche et sale, un vrai petit ramoneur, et n’attire ni la sympathie, ni l’empathie, tout comme sa mère qui a une tête sortant d’un musée de cire ou botoxée. Nombreux sont les PNJ qui ont des têtes inadaptées dans le jeu. Il y a un vrai décalage avec les vêtements ou encore avec cet univers en déperdition, sale et en ruine. Vraiment, un passage plein de maladresses et complètement raté. Les développeurs n’ayant pas su retranscrire une situation sereine pleine d’émotions. Il en est de même avec les doublages en anglais. Pas une once d’émotion ! Dans la suite de l’aventure, les phases sentimentales s’améliorent entre Ajax et Dex, mais la fin est catastrophique. Non franchement, on s’en serait passé de cette famille !

Alors ce gosse, qui vous est confié et dont vous ne semblait rien avoir à foutre – oui parlons argot parce que voici un jeu qui propose des dialogues adultes avec un langage familier – doit être conduit au bastion, une forteresse en ruine qui sera votre base durant toute la partie.

Une épopée et des quêtes secondaires

Arrivé sur place, Adam va vous confier votre mission en même temps que vous déposerez ce sale petit morpion insupportable qui cause tout le temps et dont la seule chose que vous voulez lui dire c’est de la fermer.

Vous avez été infecté par des créatures dont les maîtres souhaitent envahir votre monde. Vous devez donc aller voir les cinq factions, vous trouver des compagnons d’armes, et renforcer le bastion pour faire face à cette invasion. Ce sera la sixième puissance. De plus, Adam doit s’occuper de cette infection qui vous a fait perdre la mémoire (qui vous revient quand ça arrange les scénaristes).

Evitons d’en dire plus sur cette aventure, mais elle vous fera traverser un nouveau monde ouvert qui aura une taille à eu près identique à l’opus précédent. Comme vous le constaterez, une partie du monde est à cheval entre les deux jeux. Mais ne croyez pas que vous serez en milieu connu, car l’univers à beaucoup évolué. Le désert à laisser place à la végétation.

On apprécie toujours les dialogues et les embranchements scénaristiques possibles tout comme les quêtes secondaires toujours aussi bien enrobées, le tout promettant des modifications des relations entre tous.

Allez-vous dénoncer une personnage ou plutôt la protéger et c’est tout un pan du scénario qui disparaît, ou qui est accessible. Selon votre choix de faction – revoir le test d’Elex 1 et rajoutez-y la faction Morkons qui proposent des idées anarchiques et vivent dans leur grotte, vous aurez des quêtes bien différentes même si certaines se rejoignent, voire s’entremêlent car les factions sont en lutte constante les unes contre les autres.


De plus, de nombreuses quêtes secondaires peuvent être résolues de différentes manières ce qui changent des RPG traditionnels. Parfois les dialogues entièrement doublés en anglais peuvent paraître très longs et on peut passer du temps à résoudre des missions rien qu’en parlant, sachant que votre niveau dans certaines compétences débloque aussi des réponses différentes.

Découpé en 4 chapitres, il m’a fallu environ 50 heures pour le finir. Alors honnêtement, les développeurs auraient pu supprimer les chapitres 2 et 3 qui s’orientent vers des quêtes fedex de bourrins. Des missions de compagnons souvent limitées à détruire des ennemis de faction ou encore des extra-terrestres. Cela paraissait évident qu’une invasion allait passer par des phases de bataille d’invasion, mais là aussi, mal retranscrit : nous ne sommes pas dans des batailles à la Total War, mais plutôt avec des groupes d’unités qui attendent et vous devez les éliminer.

Vous allez être envoyé partout et pendant plus de 20 heures, vous canarderez. Je suis déçu de voir cette orientation d’action qui n’apporte rien au jeu. On comprend bien que l’on est dans un conflit militaire, mais le studio aurait pu aller à l’essentiel. Là, on tourne autour du pot avec ce bastion et la réunion de ces PNJ qui doivent vous accompagner pour la bataille finale, mais avant, vous devez résoudre leurs petits soucis et souvent par des phases de combat. L’histoire m’a beaucoup fait penser à Mass Effect 2, sans les romances, et avec des compagnons extrêmement charismatiques.

Enfin, on trouve pas mal de modèles féminins différents et quelques gosses. Alors ces derniers.. vraiment … ce n’est pas une réussite ! Déjà ils sont moches, mais en plus proposent des quêtes matures et se comportent tels que. Et on peut même pas les caner (oui c’est le nouveau terme utiliser dans le jeu pour parler de mourir). M’enfin… passons.

Une joie pour beaucoup, une frustration pour les autres

Nous voici libre de tout devoir paternel et nous allons enfin goûter à la joie de l’exploration de l’univers de Magalan. Et quel monde ! Après ce faux pas de trente minutes, on (re)plonge dans ce monde regorgeant de verticalité, de choses à récupérer, de lieu à explorer et de factions à aborder. Se promener, tuer des créatures, faire la cueillette, ramasser des objets ou crocheter des coffres, dormir dans les sacs de couchage, miner, visiter des ruines, voler avec le jetpack, escalader, trouver une carte au trésor en plusieurs fragments et surtout combattre.

Mais voilà : je me rappelle d’un test français qui comparait le premier à Dark Souls (le second le sera avec Elden Ring). Mon dieu que j’ai ri en lisant cette hérésie. Le rédacteur expliquait qu’il était important dans un jeu qu’il fallait que les développeurs sachent gérer la courbe de progression afin que le joueur évite la sensation de frustration ou se heurte à un mur de difficulté bien trop haut. Et les jeux de Piranha Bytes sont exactement dans cet optique. Ils ne vous guident pas, vous frustrent car vous ne défoncerez pas la première bestiole que vous croiserez et demandent un investissement important pour les prendre en main, pour réellement goûter à la joie de la réussite.

Elex II n’est pas un jeu casual (et encore moins un Dark Souls) qui vous conduit d’un point A à un point B – d’ailleurs les lieux des quêtes ne sont pas indiqués – même si une option vous permet de les afficher, et peut rapidement vous perdre. Vous rencontrerez donc des créatures que vous abattrez de deux ou trois coups de barre de fer, et d’autres qu’il ne faudra pas chatouiller sinon c’est vous qui serez abattu, et vous devrez recharger la partie. Et il faut faire très attention à cette faune car elle est teigneuse et vive, d’où l’utilisation de la furtivité par moment.

Ces dernières sont d’ailleurs parfaitement réussies et transpirent le doom, plus mutantes et plus moches. De plus, l’ajout de créatures volantes donne un intérêt réel à la 3D contrairement à tous les autres RPG que j’ai pu croiser. Imaginez avec votre jetpack, face à des harpies dont la chaire est tout aussi nécrosée que votre derrière en cas de forte diarrhée. Fini les bêtes qui restent au sol et vous envoient des projectiles de loin !


Ce n’est pas un action-RPG – excepté les chapitres 2, 3 et 4 – et vous progresserez lentement grâce aux points d’expérience que vous gagnerez en éliminant des créatures, mais aussi en réussissant les quêtes. Chaque passage de niveau vous rapportera des points des compétences et des points de caractéristiques. Les seconds peuvent être distribués comme vous le souhaitez entre Force, Constitution, Intelligence, Ruse, Dextérité. De plus, plus vos caractéristiques sont élevées, plus cela coutera de points pour les augmenter.

Quant aux points de compétences, ils ne pourront être dépensés qu’auprès de formateurs spécialisés, avec une somme d’argent et des caractéristiques précises. Une progression à laquelle il faudra réfléchir à deux fois avant de dépenser vos points car des compétences, il y en a beaucoup qui sont accessibles selon vos caractéristiques. Entre celles de survie, de combats, et celles de factions, dîtes-vous bien qu’en une partie vous n’en ferez jamais le tour ! De toute manière le choix d’une faction vous cantonnera à un type de compétences.

Alors forcément, au début, vous serez un pauvre humain courant à travers la nature, tuant quelques créatures dont vous pourrez prendre les dents. Mais avec l’expérience, il sera possible de dépecer la bête et récupérer plus de loots dessus (dents, griffes, peaux ..), et donc récupérer plus d’argent auprès des commerçants, surtout si vous avez amélioré vos compétences de troc. Tout se combine, et plus vous progressez, plus les possibilités se débloquent.

Tout comme votre jetpack qui est upgradable sur un établi spécifique. D’ailleurs, on trouve des ateliers pour upgrader les armes, faire des munitions, de la cuisine, de la chimie…. à condition d’avoir les compétences correspondantes. On a aussi une partie crochetage et piratage si on a débloqué les bonnes compétences.

Du coup, de part ses embranchements scénaristiques, la richesse de son contenu et l’évolution de son personnage, Elex II a une TRES grosse rejouabilité. Mais on reprochera au jeu de nous obliger à recommencer à faire évoluer Ajax avec une amnésie toute relative.

Vous trouverez partout des téléporteurs à découvrir pour vous déplacer plus rapidement. Il n’y a pas de véhicule terrestre, aérien ou de montures à part votre jetpack. Vous pourrez vous faire seconder par un compagnon selon votre choix d’orientation, cela pourra être nécessaire pour vous aider. Pour certains vous devrez réaliser des quêtes pour qu’ils vous suivent, mais vous n’aurez pas accès à leur inventaire et s’ils succombent, ils se relèveront tout juste après le combat. Ils discutent beaucoup et cela renforce vos relations avec eux.

Bang, Bang t’es mort !

Du coup, parlons des combats que bon nombre de joueurs maudissent. On rappelle que votre héros est humain et qu’il a un temps de latence pour agir et faire son action. Pour tirer une flèche, tirer au laser, donner un coup de hache ou encore balancer une boule de feu, il faut du temps. C’est pour cela que les ennemis sont rapides et vous chargent pour vous mettre des combos de coups. Vous pourrez alors utiliser votre bouclier pour parer et amenuir les dégâts faits, ou encore esquiver en sautant dans une des quatre directions au choix (au clavier vous appuyez deux fois sur la touche directionnelle). Cela fera hurler bon nombre de joueurs qui trouveront la vitesse du joueur trop lente, mais dîtes-vous bien que le troll qui vous fait face, immortel au début de partie, mourra en trois coups de hache quand vous aurez boosté votre personnage.

Oui, parfois les créatures enchaînent des coups qui vous tuent sans que vous ne puissiez rien faire. C’est à vous d’observer leurs actions pour savoir quand frapper avec une attaque normale ou puissance ou esquiver, tout en économisant votre endurance. Quant aux nouvelles créatures, dont les volantes, après une bonne séance d’observation, on sait comment les “aborder”.

Les créatures volantes amènent un problème avec la vue à la troisième personne, car elle est limitée selon l’axe vertical. Cela est surtout gênant, lorsque vous souhaitez viser des créatures qui sont au dessus ou en dessous de vous car c’est impossible. Mais n’oublions pas non plus, que l’on peut se battre lorsqu’on est dans les airs avec son jetpack qui a gagné en maniabilité.

Avec les 5 niveaux de difficultés vous trouverez chaussure à votre pied. En mode normal, on peut dire que le jeu est bien dosé. En cas de manque de fioles de soin ou de nourriture, vous pourrez toujours vous coucher dans les duvets éparpillés un peu partout dans le monde. C’est aussi l’occasion de quelques missions de nuit. On ne parlera pas la météo inexistante, mais la végétation s’agite beaucoup. Il faut croire qu’il y a du vent dans Magalan.

On appréciera aussi que les humanoïdes tués lootent, outre de la monnaie et des babioles, leurs armes, ce qui n’était pas le cas dans le premier.


En parlant des armes, vous en trouverez des uniques et vous aurez la possibilité de les équiper de gemmes pour les améliorer. Quant aux armes normales, vous pourrez les upgrader si vous avez les bons objets et les compétences adéquat. Piranha Bytes s’est lâché de ce côté là et franchement, cela fait plaisir cette richesse.

On mettra quand même un carton rouge à l’IA vraiment à côté de la plaque et il faudra un certain nombre de patchs pour améliorer le tout. Il est vrai que les monstres suivent un chemin prédéfini quand ils sont tranquilles. Mais dès qu’ils vous voient, se jettent sur vous. Malheureusement s’ils ne peuvent vous atteindre, ils ont souvent des comportements loufoques : tournent en rond, se figent, disparaissent, slident, font de la marche arrière, font du sur place, bougent en mode Matrix, se bloquent, dansent la macarena … ha non, pas ça !

Mais ce que j’aime dans les jeux Piranha Bytes, c’est que vous n’êtes pas le centre du monde pour les ennemis. Ainsi, il n’est pas rare de croiser des créatures se battant entre elles sans s’occuper de vous, ou encore mettant des stratégies en place pour amener des soldats ennemis face à une créature hostile à toute sorte de vie. De même, si vous êtes avec un compagnon, les ennemis ne se concentrent pas forcément sur vous. Ils attaquent le plus proche et surtout le plus agressif.

Le menu, s’il vous plaît ! Dans ta face !

J’avais grogné pour le premier à cause de ces menus orientés consoles. Pour ce second opus, c’est mieux avec des objets représentés par une image. Malheureusement, avec un inventaire sans fond, on a aussi un problème de gestion, car forcément, vu la quantité de choses récupérables, il est lourd à utiliser.

On s’en rend compte surtout avec les commerçants pour lesquels on va (encore) se plaindre car leurs munitions à la vente sont limitées quotidiennement.


Si le jeu n’est pas forcément exceptionnel visuellement, il est suffisamment beau pour un jeu AA. On retrouve l’Engine Genome, moteur maison du studio qui est utilisé depuis Gothic 3, qui permet le développement de RPG en monde ouvert. Mis à jour dans tous les domaines, il tourne pas mal, même si parfois, durant les combats ou lorsqu’il y a pas mal de choses à afficher, il y a des baisses de framerate. On souligne qu’il n’y a aucun temps de chargement durant votre partie.

J’adore réellement les détails qu’il peut nous proposer et si beaucoup grogneront sur la qualité graphique discutable de ce titre de 2022, les effets de lumière, les rendus de l’eau, les effets de buée (magnifiques) sur les vitres sont agréables, tout comme l’environnement vivant autour de vous.

A l’écran, l’affichage est épuré et on nous donne le minimum d’informations ce qui est très agréable. Votre vie, tout comme votre endurance n’apparaissent que lorsque vous sortez vos armes, et les raccourcis équipements sont choisis à partir de votre inventaire.

Le jeu propose énormément d’informations pour vous faciliter la vie, avec par exemple un indicateur des formateurs selon ceux que vous avez découverts, ou encore le nombre d’objets que vous avez si vous souhaitez en acheter d’autres, les touches raccourcies… Mais il n’y a aucune explication ou mode d’emploi, à part un bon gros glossaire, donc vous devrez tout découvrir par vous-même.

On note aussi la présence d’une espèce d’alignement défini par le terme “Destruction”. Plus vous êtes “diplomate”, moins vous serez envahi par votre infection, plus vous êtes “violent” plus vous serez touché par votre infection. Du coup, les morkons seront heureux de vous accueillir dans ce cas.

Au niveau des environnements, on est en terrain connu avec quelques nouveautés, mais le biome “désert” a complètement disparu. On découvre quelques buildings qui avaient été absents dans le premier opus alors qu’ils étaient visibles dans la vidéo d’introduction. Hélas, ils ne sont pas visitables. Le travail sur le level design est énorme, mais on a quand même des décors redondants. On ne trouvera toujours pas de vaisseau volant que l’on entend et que l’on a pu voir dans le 1.

Que fait le bonhomme dans ce titre ? Et les doublages, les bruitages et la musique dynamique n’ont pas à rougir de leur qualité. Enfin, vous aurez le plaisir de découvrir un concert de Billy Idol in game. N’est-ce pas le bonheur ?!

Un hic ?

J’avais tiqué face aux bestiaires et à cet univers melting-pot dans le premier opus, mais je trouve l’univers beaucoup plus dark dans ce second épisode, donc plus cohérent. La faune est vraiment réussie et propose énormément de créatures abjectes dans un monde désespéré et en ruines.

Dans les choses qui fâchent, je parlais des bugs de créatures, mais on a aussi des disparitions de textures, du clipping (très peu), et vous allumez votre lampe-torche, sachant qu’il n’y a aucune source lumineuse portée par votre personnage.

Enfin, après le boss final, vous pourrez poursuivre les quêtes, mais il y a des incohérences scénaristiques à partir de là. Rien de bien grave toutefois.

En fait, ce qui m’a le plus gêné dans cet opus, c’est cette amnésie à tiroir et le manque de ressenti des émotions dans une famille qui n’a aucun intérêt. Tout le monde n’est pas Telltale. Enfin, pourquoi ne pas le sortir en extension, car il n’y a pas significativement une révolution entre les 2 opus, alors que ce second a mis 5 ans à sortir.

Elex II souffle le chaud et le froid : on retrouve ses marques avec un jeu plus abouti dans les fignolages que le premier, fourmillant de détails, mais aussi sur son lore et les informations que l’on nous fournit. La magie d’un jeu Piranha Bytes opère encore (et toujours) et on se retrouve immerger dans un monde vivant, riche, qui demandera un effort au joueur pour prendre en main ce personnage qui répond à des règles d’évolution contraignantes, mais toujours aussi réussies.
Par contre, déçu par son début maladroit avec une femme et un fils sans intérêt qui ne provoquent ni empathie, ni sympathie. Ma partie m’a pris 50 heures, mais la durée de vie est gonflée artificiellement par des combats incessants qui finissent par ennuyer. Ce n’était vraiment pas nécessaire, surtout quand on sait que la rejouabilité est énorme selon vos choix de builds et de factions. On note aussi des problèmes techniques, même s’il n’y a rien de rédhibitoire. Allez, vivement Elex 3 maintenant.

+ Plus abouti avec des ajouts mineurs un peu partout.
+ Beaucoup de dialogues entièrement doublés et surtout matures !
+ Un monde ouvert toujours aussi immersif et plus apocalyptique.
+ Une verticalité encore plus appréciée grâce au jetpack amélioré et des créatures terrestres et aériennes.
+ Rejouabilité.

Note RPG 4 sur 5
Note testeur 07 sur 10

– Une famille sans intérêt, et des sentiments à l’ouest.
– Mémoire effacée encore ? Quand ça arrange les développeurs.
– Les têtes sont moches, tout comme les gosses.
– Une IA pas folichonne avec beaucoup de bugs.
– Trop de combats qui rallongent artificiellement la partie.
– Certaines têtes trop brillantes.

Administrateur de RPG jeux vidéo. Très vieux Joueur depuis le siècle dernier. Testeur et rédacteur depuis 1999 de RPG, même les pires. Relecteur de traductions de nombreux RPG vidéo. Ancien président de RPGFrance, et ancien rédacteur de Dagon's Lair.
S’abonner
Notifier de
guest
9 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
Wolfburner

Rien de tel qu’un nouveau jeu Pyranha Bytes pour découvrir un nouveau site.
J’était parti pour me rendre sur feu RPGFrance et de fil en aiguille je vous ai trouvé.
Bravo Killpower et toute l’équipe ce site m’a l’air fort sympathique et il a atterri directement dans mes favoris.

Sinon concernant Elex 2, je n’en suis qu’a 40 heures et je pense toucher la fin du premier chapitre… Comme d’habitude avec le jeux du studio je passe mon temps a retourner tous les cailloux.

Je ne sais pas trop quoi penser du jeu pour le moment. Les mécaniques globales sont quand même mieux foutues et plus équilibrées qu’Elex premier du nom (je pense par exemple aux armes a distance). Mais j’avoue ne pas être trop fan de la carte du jeu. Même si les séparations des biomes du premier Elex faisaient un peu patchwork, j’arrivais plus facilement à m’y retrouver. Et chaque zone avait vraiment sa propre identité… Je suis vraiment déçu qu’il n’y ait plus de désert… j’aimais bien ce coté grand espace avec dunes et canyons. (un peu comme dans Gothic 3 d’ailleurs)

Mais en tout cas je suis bien content de retrouver un nouveau jeu Pyranha… 5 ans ca fait long quand même 🙂

Zemymy

Merci beaucoup Wolfburner pour tes compliments que nous prenons pour des encouragements à continuer! Et merci pour ton commentaire.

Demoniakor

Merci pour le test. Le jeu etant toujours sous cellophane ici, ça va me motiver à le lancer. J’ai aimé le premier, mais il n’a pas comblé ma frustration Risen.

Le premier est un bijou à mes yeux (tout comme G3), mais ses suites m’ont rebuté très fort.

Et très loin.

Je donnerai cher pour avoir un nouveau Risen identique au premier (ambiance, graphisme, gameplay…).

Bref, ça sert à rien de ruminer, ça n’arrivera jamais. Allons voir ce que Elex 2 a dans le bidon !

Demoniakor

Je te prends au mot ! 🙂

Demoniakor

J’étais sur le point de le lancer, mais on m’a fait comprendre qu’il fallait persévérer sur Pillars 2. Du coup je l’ai relancé avec un nouveau perso, histoire de voir si la sauce prends cette fois ci. Mais pépère est le suivant !