Black Geyser : Couriers of Darkness

Note de l'auteur
7
Note RPG
8

Black Geyser : Couriers of Darkness, dont l’acronyme BG prête à confusion, est un cRPG, c’est-à-dire un jeu de rôle avec vue isométrique en temps réel avec pause active, dans lequel vous gérez un groupe, similaire à Baldur’s Gate 1 & 2, Pillars of Eternity et Pathfinder Kingmaker.

Pour se différencier de ses aïeuls, Black Geyser propose la notion d’avidité, qui a des conséquences sur la « cupidité du monde » selon les décisions prises par le joueur. En gros, plus vous êtes hostile et cupide dans le jeu, plus les personnages non joueurs deviennent hostiles et avides. Plutôt sympathique, non ? Malheureusement, il y a des problèmes …

Black Geyser apporte une agréable sensation de nostalgie lors de la création de personnages, qui fera battre le cœur des amateurs de Donjons et Dragons grâce aux tables, aux classes, aux races, aux capacités et aux sorts qui se dévoilent devant eux. La création de personnages est remplie de feuilles de calcul et de restrictions, ainsi que de petites descriptions détaillées du monde et des cultures, mais il y a peu d’infobulles ou de conseils pour les joueurs. Bien que Black Geyser ne soit pas aussi riche que, par exemple, Pathfinder : Wrath of the Righteous, il s’en sort plutôt bien.

La liste propose une sélection classique des jeux de rôle traditionnels, avec seulement occasionnellement des changements de nom pour les éléments. Par exemple, le Highlander est en fait un Barbare, le Spellweaver est un sorcier, le Templar est un paladin, le Shaman est un Clerc et le Clerc est un Prêtre. La seule classe nouvelle et intéressante peut être celle de Wintermage, un sorcier ayant une affinité avec la magie de glace

Le jeu présente des modèles de personnages en 3D qui manquent de détails et sont peu attrayants. Il y a peu d’éléments animés dans les environnements, comme (un peu) de végétation et des drapeaux flottants, mais l’expérience graphique est toutefois satisfaisante avec des effets visuels époustouflants tels que les lumières, les ombres, les reflets et les sorts. Cependant, la ressemblance entre les cartes peut rendre l’expérience monotone.

En dépit de ces défauts, les graphismes et la conception en général sont acceptables et devraient plaire aux fans du genre. Les développeurs prévoient de corriger certaines lacunes, telles que les quêtes et les interactions des compagnons, les forteresses joueur et un système de multiclassage revu, dans de futures mises à jour.
Alors oui, avec suffisamment de contenu et une rejouabilité solide, il n’est pas nécessaire d’attendre pour jouer à ce jeu, même si de nouveautés seront apportées plus tard. Mais alors pourquoi avoir sorti le jeu inachevé ?

Picsou entre en jeu

Le point fort du jeu est sa combinaison de réactivité, de choix et de conséquences, ce qui en fait un jeu très rejouable. La cupidité jouant un rôle clé, le joueur peut avoir un impact direct sur l’état du monde. Il existe deux approches extrêmes pour jouer au jeu, celui du généreux et celui de l’avide, mais il y a aussi une option plus neutre entre les deux.

Il est important de faire attention aux récompenses, car elles peuvent souvent offrir plusieurs options pour agir sur le monde du jeu, avec des impacts sur les choix futurs inattendus. Les quêtes secondaires peuvent également avoir un impact significatif. De plus, le joueur peut se ranger du côté de différentes factions à différents moments du jeu. En raison de ces nombreux facteurs, chaque partie est unique et Black Geyser offre une grande rejouabilité.

En pratique, la mécanique de la cupidité n’est pas aussi complexe qu’elle en a l’air. Pour la plupart des quêtes, vous pouvez simplement refuser une partie de votre récompense pour surveiller le niveau de cupidité de votre groupe et du monde tout au long de votre progression. Il aurait été préférable d’avoir des prix plus élevés pour les biens si le monde est trop cupide, mais les prix sont fixes (et l’argent est facilement disponible), ce qui rend la mécanique de la cupidité peu significative à long terme.

En famille, soyons plus fous ?

Black Geyser plonge les joueurs dans le monde de Yerengal où ils incarneront un serviteur du grand seigneur. Après l’attaque de leur domaine par des voyous, le joueur doit découvrir ses origines tout en explorant et en aidant à guérir un monde endommagé par la guerre et la cupidité. L’intrigue les mène d’un statut d’inconnu à celui de figure décisive pour le sort du royaume, avec une focalisation sur les affaires humaines pour la majorité du jeu, même si certains moments de fantaisie sont présents.

L’exploration dans Black Geyser se déroule de la même façon que dans les premiers jeux de Baldur’s Gate. Vous entrez dans une zone, dissipez le brouillard de guerre pour révéler la carte, puis, une fois visitée, vous pouvez la sélectionner à partir du menu du monde. Cependant, vous devez d’abord trouver un point d’entrée spécifique pour accéder à certaines zones.

Chaque carte comporte des PNJ, des quêtes, des points d’intérêt, des rencontres occasionnelles et plus encore. Vous pouvez explorer librement ou vous concentrer sur l’intrigue principale. Certaines zones ne sont accessibles que lorsque vous avancez dans l’histoire principale. J’ai apprécié les différents éléments d’exploration et j’ai été heureux de découvrir un bouton « marche rapide » pour ceux qui veulent accélérer leur progression. Cependant, il peut y avoir des temps de chargement long en passant d’un endroit à un autre. J’y reviendrai un peu plus loin.

Bien que l’histoire principale soit prévisible et peu innovante, elle se déroule de manière fluide à travers les conversations. Elle offre également des tournants narratifs et des décisions cruciales qui ont un impact significatif sur la progression de votre groupe. Cependant, c’est l’équipe qui constitue le point faible du scénario.

Bien que le jeu propose de nombreux compagnons potentiels qui apparaissent au fil de votre progression, ils manquent de profondeur et n’ont qu’une petite quête personnelle et une interaction limitée avec la quête principale. Les auteurs n’ont pas réussi à atteindre les niveaux de personnages légendaires tels que Minsc, Jaheira ou Morte, et les motivations pour lesquelles certains se joignent à votre voyage sont souvent simplistes, telles que « Hé, je peux me joindre à vous ! ».

Des combats en veux tu, en voilà !

En général, le système de combat est agréable, mais nécessite une certaine période d’adaptation. J’ai joué en difficulté normale, la deuxième sur les quatre niveaux disponibles, et ça allait bien, mais j’ai dû recommencer après la mort d’un compagnon dû à une mauvaise stratégie. Cependant, le jeu devient meilleur plus tard dans l’aventure. Si le combat est important pour vous, je vous conseille de ne pas hésiter à augmenter la difficulté, mais sachez que la dernière partie du jeu sera assez difficile.

Par contre, l’IA et le pathfinding sont à revoir. Une fois qu’un ennemi commence à attaquer votre personnage, il faut un temps terriblement long pour changer de cible.

Le système de loot est très bien conçu, avec un bon rythme et une répartition équitable, offrant rarement une absence d’intérêt pour les nouvelles découvertes. Bien que certains équipements soient moins intéressants que d’autres. Les sorts sont variés, mais manquent de descriptions plus détaillées, même si la plupart sont assez explicites.

Une finition … à finir

Les bugs sont à peine perceptibles dans ce jeu, principalement de petits problèmes. Cependant, ils peuvent facilement être résolus en rechargeant ou en changeant de zone.

Bien que j’ai passé un bon moment en jouant, les temps de chargement fréquents ont sérieusement gâché mon expérience. Chaque déplacement, que ce soit d’un quartier à un autre, d’un bâtiment à un autre, ou même d’un étage à un autre, est accompagné d’un temps de chargement considérable. Cela peut s’expliquer par la quantité d’objets transportés par les personnages et les commerçants, ce qui ralentit le temps de chargement de la carte. Même si le jeu a réussi à me transporter dans le passé, cela a été ruiné par ces interminables temps de chargement.

Le jeu développé par GrapeOcean visait à être un hommage aux jeux CRPG isométriques d’autrefois, et cet aspect est certainement présent en termes de design et de simplicité d’utilisation. Cependant, en le comparant aux jeux CRPG actuels, il présente des lacunes telles que l’interface utilisateur lourde et le fonctionnement de base des menus, qui proviennent directement de jeux tels que Baldur’s Gate de 1998. Bien que ce soit un excellent jeu, des améliorations ont été apportées depuis dans le genre.

Par rapport à des jeux plus récents tels que Pathfinder ou Divinity : Original Sin, Black Geyser manque de certaines améliorations modernes. Par exemple, l’absence d’association de touches de raccourci pour la barre d’actions peut rendre les combats fastidieux, en particulier pour les classes avec de la magie. L’inventaire, le commerce et l’artisanat robuste sont horribles à utiliser, ce que j’ai complètement ignoré parce que faire une seule potion est un processus fastidieux

Ajoutez à tout cela la musique répétitive, le manque de contenu et les succès que les développeurs n’ont pas encore ajoutés au jeu, et il est difficile de comprendre l’abandon de l’accès anticipé cette année. Black Geyser ne donne pas l’impression d’être un produit fini, et il reste encore beaucoup de boulot pour que le jeu atteigne sa maturité. Enfin, on appréciera que les développeurs aient embauché un traducteur pro, Vincent pour ceux qui le connaissent ici, pour que l’on est un jeu sous-titré en français.

Black Geyser : Couriers of Darkness incarne le retour aux jeux de rôle isométriques de l’âge d’or, témoignant de la passion et de la nostalgie de ses développeurs. Cependant, il ne peut pas être considéré comme un produit achevé en raison de ses problèmes techniques, de son manque de contenu et de ses systèmes inachevés. Les joueurs aguerris pourront les ignorer, car ils seront familiers avec ce style, mais les autres trouveront les mécaniques obsolètes. Malgré cela, il offre environ 40 heures de jeu.

+ Joue sur la fibre nostalgique
+ Cadre original
+ Ambitieux
+ Rejouabilité
+ En français

Note RPG 4 sur 5
Note testeur 07 sur 10

– Un jeu du siècle dernier
– Des temps de chargement qui s’accroient au fil de votre partie
– Tout est un peu inachevé
– Besoin de plus d’info-bulles

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code34

Je regardais un peu ce jeu comme ça par curiosité. Peut être qu’un jour quand il sera en promo, je me lancerais en espérant qu’ils aient corrigés les différents problèmes. Je dois avouer que pour ce type de jeu en 2023, on est endroit d’attendre quelque chose de bien maitrisé.

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